En ancienne ortliograplie mongole, Taîdjighod
OÙ ses nobles avaient sans doute élé convoqués pour les cérémonies funéraires. Le chef de ces Tatdjiout était le descendant, à la septième génération, de Kaïdou Khan, père de Baïsongar, père de Touméné, père de Kaboul, père de Bartam, père de Yésougueï; c'étaient des Niroun-Bordjîguène, comme leurs cousins les Kiât. Quand ils virent Télat de Yésougueï aux mains d'une femme et d'un enfant, ils jugèrent qu'il était à eux par droit d'aînesse, par droit de^ armes» et s'en allèrent tout droit pour se faire reconnaître comme maîtres chez tous les nomades, depuis la rivière Selenga jusqu'à la rivièreOnon et jusqu'aux monts Kenteï. Les trois quarts des nobles présents aux funérailles suivirent les Taïdjiout; un quart seulement tint bon, « la moitié du clan de Mangout, et des fractions de clans, par deux cents, par cent, par cinquante, par dix et mémo par cinq familles * ».
A cet extraordinaire émiettement des clans et des tribus, on reconnaît un état purement artificiel, où les considérations de Fidélité jurée dominent la voix du sang, où le chef politique et militaire a plus d'importance que le prince héréditaire, où la société patriarcale n'existe plus. Dans l'efTondrcmentde l'État, la veuve de Yésougueï fut admirable; elle fit monter à cheval la poignée de braves qui restaient autour d'elle, se mit à leur tête, portant elle-même, devant eux, l'étendard du Vaillant, et courut après les déserteurs. Le gros avait pris l'avance, s'était dispersé en tous sens, dans la hâte de rejoindre sa yourte et de se pourvoir. Elle ne rejoignit que les derniers, les moins pressés, les aventureux qui n'avaient pas de bien à mettre en sùrelé. Quand ces gens de guerre virent la grande veuve, dans ses vêtements de ueuil, sur son cheval d'armes, tenant en main le guidon de bataille autour duquel ils avaient tant chevauché, leur cœur fondit; ils tour-
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nèrent bride, et suivirent la vieille bannière. La veuve du chef les ramena prës des sources de l'Onon, à celte butte de Diloun-Bouldak * où étaient plantés « l'étendard à neuf queues blanches », symbole militaire de la nation, et « Tétendard à quatre queues noires du génie prolccteur des Bordjiguëne » % symbole religieux des Niroun. Là, sous un tertre de pierres et de terres dormait maintenant Yésouguei; là, Témoudjine devait désormais commander dans VOrdou, a le quartier général »; là coulait « Teau dans laquelle il fut lavé, à sa naissance... non loin de la prairie, aux bords de la Kéroulène »'; là, le tout pc'lit enfant, TOt djiguine, était assis entre le foyer de la famille el le tombeau des ancêtres. De cette main ferme qui lenait si hardiment le drapeau, la grande veuve prit le bâton de commandement, » dame d'honneur, de conseil, de raison el de froide résolution » \ La légende mongole raconte que Yésougueï Tavait rencontrée à la chasse, par temps de neige, s'était épris d'elle, et Tavait enlevée à un premier mari, qui était un prince tatar' appelé Djilatou le Grand. Il Tavait épousée, disant : c( Le (ils qu'elle enfantera sera un héros. » De naissance, elle était une Olkhonod, famille mongole, la première de sa maison qui eût épousé un Bordjiguène; auparavant, ils se mariaient chez les Koungrad*^ qu'Abou'Ighazi donne, à tort, pour des Mongols, et qui étaient
1. Sur la rive ilmile dp l'Onon, à 1 vcrsles en amont de Yeki-Aral (la ^rantlc Ile), à 3 versies du poste rrontiùrc russe de Kotshuef, d*apr^8 Yurinski, rite par floworth, l. I, p. il.