Abouighazj, p
ce titre impérial qu'il convoitait, maintenant il pouvait le prendre. Il eut Textraordinaire prudence de patienter, de ne rien risquer avant de tenir, dans sa main, un peuple vrai-> ment homogène, une nation compacte. Dans cette masse rapidement réunie, il sentait encore trop de big^arrures, il voyait trop de trous; d'abord il combla les lacunes. Cette même année 1203, il prit franchement le protectorat des Ongout, planta sa bannière au sud du Kobi, en face de la Grande Muraille. Celait un acte d*audace; TEmpereur de TEnceinte d'Or laissa faire. A Test du pays desNaïmane, plus un chef turc ne douta; le maître, c'était ce Mongol qui bravait l'empereur de Chine, et qui promettait de maintenir envers et contre tous « Thérilage des ancêtres et leur droit coutumior ». En tout pays où émigraient les Turcs, et ils émigraient un peu partout, Témoudjine eut des partisans au grand jour, et dans l'ombre, des agents, des espions d'autant plus redoutables qu'ils servaient volontairement, par dévouement, gens dé cœur et d'honneur. D'ailleurs si Témoudjine se donnait l'apparence de braver les Kin, en réalité, il savait les ménager et les enguirlander; en 1205, lorsque les Song rompirent avec eux, et que le patriotique pays de Ho-Nan, révolté, peut-être à l'instigation du Bordjiguène, recommença la guerre nationale contre les Mandchous, il fit valoir son litre de « commandant contre les rebelles », et offrit ses services à l'Empereur d'Or; dans l'armée que les Kin envoyèrent en 1206, contre les Chinois du Sud, il y avait 5000 reilres de Témoudjine : « Poushan-Koueî en personne envahit le pays de Pisheou avec 10 000 hommes.... VAn-Fou-Tze Ouanymi'Keng, celui de Lin-Kan, à la lêle de 10 000 cavaliers chinois et mongols *. » Ces mercenaires, triés avec soin, avaient d'excellents yeux et une très bonne mémoire. Quand, deux
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ans après, les Mongols envahirent TEnceinte dorée, les généraux mandchous, envoyés contre eux, connaissaient si mal leur propre pays que Tun deux était obligé de « demander le chemin qui conduit à Hioan-Te )> *, mais les Mongols le connaissaient si bien (c'était Djébé qui les commandait) qu'ils marchèrent de nuit, à la barbe du général mandchou, et « vinrent le prendre par derrière ». Dès celte époque, ils avaient organisé Tétonnant service de renseignements et d'avantgardes qui fit la terreur et Tadmiralion de leurs ennemis.
Ces cinq années (1203- fin 1208) entre la défaite des Kéraït et la guerre de Chine, les moins brillantes de la vie de Témoudjine, furent les plus actives et les plus riches en résultats. De 1203 à 1206, le Bordjiguène fit sa moisson de peuples, fonda vraiment, commença d'organiser Tempire; c'est de 120G à 1208 qu'il prépara ses grandes conquêtes. En 1203, le vieux roi des Naïmane, le Tayang Baïbouka, prit sérieusement ombrage; le Ouang Khan des Kéraït était sans doute, pour les Naïmane, un voisin désagréable, batailleur, gênant, mais, en somme, inofTensif; Témoudjine, englobant les Étals kéraïles dans les siens, devenait dangereux. Les Naïmane ' tenaient les Marches au nord de la Pentapole, les montagnes saintes de rAllaï :
Du blanc Altaï sur la blanche croupe
Une fleur d'or se dresse, Du bleu Altaï sur la bleue croupe Une fleur d*argenl se dresse '.