Ghoïiidar, dans les textes mongols
2. Soubeffueiai, avec rorlhoKrapbe mongole. Les Turcs, les Russes et les Hongrois, qui écrivaient d*après Toreille, entendaient et notaient : yot<6ot///if, SafMdaff Siabady.
Naïmane, qui vivaient en bonne inlelligence avec ces gens du Nord, et que la tentative de Sengoun avait mis en éveil. Lui, Témoudjine, il ch&tiait, qui? Ses sujets naturels, ses parents, des Taïdjiout, des Djouïrat, tous Ntroun, tous Mongols ; affaire de famille; personne n*avait rien à dire, et le Kéraït moins que d*autres. Témoudjine lui écrivait : « Je vous sers de faucon;... j*ai happé pour vous les grues à pattes bleues et à plumes grises, ce sont les Dourbane et les Taïdjiout,,. J*ai pris les grues à pieds bleus, ce sont les Khatakine, les Saldjighod et les Koungrad. C est la cinquième fois que je vous ai rendu service. » Sur les Koungrad, Ilké Sengoun et Djamouka savaient bien à quoi s'en tenir; depuis le mariage de Témoadjine avec la fille de leur chef, ils étaient à lui, guettaient Toccasion de se révolter contre l'Empereur d'Or. De plus en plus, les Turcs qui n'étaient pas sous la sujétion directe du roi kéraïte et du roi naïmane se rapprochaient de Témoudjine, cherchaient sa protection. En 1199, il coupa court à une tentative de rapprochement entre Naïmane et Kéraït, inspirée probablement par Djamouka, essayée par Sengoun; il entraîna le vieux Ouang Khan dans une campagne contre les Naïmane, manœuvra mal pour le laisser dans l'embarras, puis subitement le tira d'affaire, et encore une fois lui céda l'honneur et le butin de l'expédition. Du coup, Naïmane et Kéraït demeurèrent irréconciliables; leur haine mutuelle couvrait Témoudjine vers Touest; cette fois, il était assez fort pour en finir au nord, et pour prendre pied à l'est. En deux ans, tout le pays fut soumis, toutes les tribus ralliées, depuis la Selenga jusqu'à l'Amour, de l'ouest à l'est, depuis le Baïkal jusqu'au sud du Kohi, aux Marches de Chine, le long de la Grande Muraille, du sud au nord. Les débris des Mergued, des Djouïrat, des Taïdjiout, des Dourbane et autres, s'enfuirent vers le nord-ouest, entraînés par l'implacable Djamouka et par le vaillant chef mergued, Tokta Begui.
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Il va sans dire que celle émigration ne comprenail que des gens de guerre, et les quelques femmes et enfants qu'ils avaient pu emmener avec eux; le gros des tribus restait en place, à la merci et soumission de Témoudjine. Djamouka reçut asile chez les Kéraït, accueilli par Sengoun, toléré par le Ouang Khan; Tokla Begui et ses reîtres prirent service chez les Naimane; le reste courut Taventuro, se casa tant bien que mal dans les Étals de l'empereur des Khital, dans la Pentapole, ou se jeta dans les steppes vers le nord-ouest, se fit Kazak au milieu des autres tribus rompues kirghizes (1202). L'Empereur d'Or n'avait pas bougé; c'était Tchangtzong, un Mandchou complètement chinoise, ne voulant pas entendre parler de ses vieux peuples du Nord, ne s'occupant que de littérature et d'examens, en coquetterie réglée avec les Song. Il écrivait à son ambassadeur dans la Chine du Sud : « Une paix parfaite règne entre les deux empires; n'allez pas, en contestant pour des choses insignifiantes, risquer de compromettre notre puissance '. »
Pendant que ce bon prince gardait à ses sujets le bien précieux de la paix, Témoudjine s'assurait, sous main, de ses gardes-frontières turcs, les Ongout, prenait ouvertement le protectorat des Koungrad, et fomentait une insurrection des plus mortels ennemis des Kin, des Khitaï du Liao, qu'ils avaient dépossédés en Chine et réduits au vasselage dans leur propre pays.
Avec une telle fortune de Témoudjine, quand Djamouka et Sengoun vivaient ensemble, une rupture entre Kéraït et Mongols devenait inévitable. Sengoun entraîna son père, vieilli, sans volonté, presque idiot; h la curieuse lettre dans laquelle Témoudjine, se faisant humble jusqu'au bout, lui rappela ses services, lui fit voir ses torts, implora la paix,
i. Empire d'Or, p. I8l>.
véritable manifeste destiné, en réalité, à toutes les tribus turques, personne ne se trompa; le vieux Ouang Khan ne sut que répondre « qu'il n'y pouvait rien; que c'était rafTaire de son fils ' ».
En même temps qu'il répandait ce manifeste à l'étranger, Témoudjine en adressait un autre à ses propres peuples, sous forme de lettre écrite à son oncle et à son cousin ; ce dernier faclum est trop significatif pour que je n'en donne pas l'extrait; il montre clairement que, dès i203, Témoudjine se considère comme empereur de fait. « Dès le début, je vous ai dit : pourquoi le territoire de TOnon reste-t-il sans maître? J'ai essayé de vous persuader de prendre le pouvoir; vous avez refusé... Quand vous m'avez pressé, quand vous m'avez dit : Soyez notre chef vous-même, — je me suis soumis à votre requête, j'ai promis de maintenir l'héritage et le droit coutumier de nos pères. Ai-je intrigué pour arriver au pouvoir? J'ai été élu à l'unanimité pour empêcher que le pays où régnaient nos pères entre les trois rivières ne tombe sous le joug de Tétranger... Vous servez maintenant le Ouang Khan; vous devriez savoir que c'est un fourbe. Vous voyez comme il m'a traité; il vous réserve un traitement pire*. »
Il semble, en réalité, que l'agression brusque des Kéraït ait surpris Témoudjine, car il n'avait que deux mille cinq cents hommes avec lui à la première affaire, et faillit être enlevé; deux bergers le prévinrent que l'ennemi arrivait en masse; il les fit Tarkhan, « nobles », sur-le-champ; l'anecdote est caractéristique, car elle montre que dès ce moment, contrairement au vieux droit turc et mongol, Témoudjine
i. Voir le manîTesle en entier dans Howorth, 1. 1, p. 60, et un abrogé caractéristique clans AbouMghazi, p. 85, Irad., 78-79, texte. Iloworth a pris le texte dans d*Ohsson, qui Ta lui-même traduit dans Rachid-Kd-Dine.Abou'lghazi Ta abrégé de Rachid-Ed-I)ine, cl Rachid-Ed-I)ine Ta amplifié de Djouveïni, qui est la source commune et première.
2. fVO h s son, d'après Rachid-Rd-Dine,I, 7R.Jc rectifie la traduction d'Ohsson
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s*arrogeait le pouvoir de conférer la noblesse héréditaire, tout comme un empereur de Chine.
Dans la bataille, qui fut rude, à la quatrième charge, les Mongols furent rompus. Un mouvement tournant de Ghoïlidar, c< le banneret », leur permit de se rallier; les Kéraït avaient perdu beaucoup de monde; Sengoun était hors de combat, blessé d'un coup de lance à travers le visage. Témoudjine se dégagea, fit sa retraite en bon ordre, dans la direction de Test, s*abrita derrière la Kéroulène où ses contingents vinrent le rejoindre. Celte fois, les Koungrad prirent franchement parti. Leur chef, Tougatchar, les amena en masse à son beau-frère. Témoudjine reprit vivement rofTensive. La défaite des Kcrait fut complète. Dans un pays qui s*était révolté quatre fois contre lui, après un tel désastre, le Ouang Khan ne pouvait songer à faire tète; ses sujets l'abandonnèrent, se livrèrent h Témoudjine, corps et âme. Le vieux, désespéré, s'en alla demander Thospitalilé à son ennemi, le roi des Naïmane, un vieux comme lui; il s'appelait Daibouka^ (( riche fort », et prenait le titre chinois de Ta-ouangy « grand roi », dont les Turcs ont fait Tayang. Des vassaux de Tayang Khan « craignant que, s*ils lui amenaient Ouang Khan, il ne voulût épargner sa vie », le tuèrent et portèrent sa tète à leur roi. « Il les gronda fort, disant : Quoi, vous avez fait périr ce grand roi ; vous n'avez pas même respecté son vieil fige?... Il fit enchâsser la télé dans de l'argent, et la plaça sur un trône *. »
Sengoun avait tout fait, et le savait bien; il n*osa pas revenir au pays, s'enfuit au Tibet, erra misérablement pendant quelques années, puis, lassé, tenta un coup sur Kholen, dans les Six Villes, et s'y fit tuer.
Les Kérnït s'étaient franchement donnés à Témoudjine;