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Ils teaaient le pays au sud avec les bonnes villes dlmil (actuellement Tchoug'outchak), d'Ili, « rilluslre », jusqu*aux villes anciennes de Bich-BaHky « les cinq bourgs », et d'Ahnaliky « la Pommeraie », près desquelles sont les villes modernes d'Ouroumtsi et de Kouldja. Ils étaient les puissants voisins des Oïgour de la Penlapole et de THexapole, alors vassaux du grand empire que les Kara-Kliitaï, dépossédés en Chine, avaient fondé jusqu'aux Marches de Tlnde, de l'Afghanistan et de la Transoxiane; par les steppes du nord, ils touchaient d*un côté aux Kirghiz, aux tribus rompues, à la confédération désespérée et exaspérée des ennemis de Témoudjine, des Mergued, des Djouïrat, et des autres; du côté de Test, ils confinaient aux Marches de Turkestan, aux lieux saints nationaux des Turcs musulmans, à la puissante nation des Kankli, dont le roi, le sultan Ala Ed-Dinc Mehemed Kharezm Chah Tékèche, « le Batailleur », régnait sur la Transoxiane, sur le Kharezm, sur la Perse et sur Tlrak, jusqu'aux confins de Géorgie, d'Arménie, de Rome et du khalifat de Bagdad, donnant fiefs et gouvernements à ses barons kankli et à ceux des Kalatch, que les Byzantins du vi° siècle tenaient pour les plus nobles entre les Turcs. Almalik même, et le pays alentour, était aux mains des Turcs Karluk, et de leur roi Ozar *; il y avait là beaucoup de chrétiens, un évèquc métropolite nestorien; au xiv® siècle, les Mongols y donnèrent même rinvestiture à un évèque missionnaire latin.
Le fils du Tayang — il s'appelait Guchlug ou Koulchouloug^ « le Fortuné » — avait d'abord accueilli Tokta Beguî et ses bandes, après la défaite des Mergued ; quand les Kéraït succombèrent à leur tour, Djamouka, d'abord réfugié chez eux, rejoignit Tokta Begui chez les Naïmane. Guchlug le reçut, comme naguère l'avait reçu Sengoun, et aussitôt « le Subtil »
1. Ozar n'était roi que d'une fraction des Karluk; une autre, plus au sud» avait pour seigneur un certain Arslan Rhan, • sire Lion «•
iiilrigua. L*un des résultats de ses iatrigues fut que le ïayang eut la naïveté d'envoyer un agent auprès A'Alnkouch Tékine^ « le prince Tueur », chef des Ongoul, pour lui proposer une alliance contre les Mongols; il ne savait pas qu'Alakouch était devenu, lui et ses gens, Thoinme de Témoudjine; « le Tueur » n*eut rien de plus pressé que de tout raconter à son protecteur et ami. Les Mongols étaient au courant du complot avant que Uuchlug, Djamouka et Tokta Begui n'eussent achevé d'ourdir leur trame. Dès cette époque, Ozar d'Almalik entrait en relations avec eux, et si en 1208, au début de la guerre de Chine, Témoudjine avait des « Mages persans », c'est-à-dîre des Turcs de Turkeslan et de Transoxiane à son service, on peut supposer qu'il ne les connaissait pas de la veille. Le Bordjiguène, dûment averti, fit le mort et rassembla ses troupes rapidement, en silence; ses généraux conseillaient de différer; on n*avait pas la remonte nécessaire; les chevaux n'étaient pas entraînés, « trop maigres » *; l'Ot djiguine de son père, son oncle Darilaï offrit les siens, livra volontairement ses haras à son neveu. Le Tayang n'avait pas encore concentré ses troupes avec celles de ses confédérés, Mergued, Oïrad et Djouïrat, que déjà Témoudjine était en roule. Djébé commandait Tavant-garde, avec Souboutaï ' en sous-ordre. Le général de l'avant-garde avait environ vingt-cinq ans, et son second, tout juste dix-sept. Ce jeune homme et ce gamin étaient le génie même de la guerre; avec son infaillible coup d'œil, Témoudjine les avait discernés de suite, et mis en avant des anciens capitaines, de Moukhouli, surnommé le Sage, de Djelmé, de Kilukène le Hardi, de son cher Bogordji, do