‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 92 sur 212 · I. Abou'lghozi, p. K · texte numérisé non relu

I. Abou'lghozi, p. K

S. Souboutaï était des environ» d'Ourga, sur la Toula, où il mourut en 1246, à rdge de soixante ans, d'après la biographie chinoise des grands hommes de l'époque mongole (Yuan-Chao-Pi-Shi). Voir Bretschneider, p. 94.

son héroïque frère Djoudji le Tigre, les vieux, qui avaient trente et quarante ans. Les vieilles bandes mongoles de 1203 étaient commandées par des jeunes gens; les hommes avaient Texpérience» et les chefs, la confiance en eux-mêmes, la foi à la fortune du drapeau.

Dans le récit très clair où ÂbouMghazi résume les anciennes chroniques turques et persanes, on voit que les reconnaissances dirigées par Djébé firent des prisonniers, dépistèrent la marche de Tarmée confédérée, dont les chefs se flattaient de surprendre Témoudjine. Les Naïmane arrivaient par les montagnes; en descendant des hauteurs, ils trouvèrent les Mongols en bataille, appuyés à un petit cours d'eau qu'Âbou'Ighazi appelle Altaï-Sou, « la rivière d'Altaï ». Jean de Plan Carpin, qui passa de ce côté quarante-deux ans après, raconte qu'il vit « quandam vallem strictam inier duos montes » et que dans cette vallée fut livrée la bataille, « cornmissum est prœlium in quo Naimani Karakitai a Mongolie sunt devicti » '. En confrontant avec le voyageur chinois Cliang-Te^ les deux montagnes seraient à quatre jours de marche à Test des Boro Tala, « les prés verts » *, soit, comme extrêmes limites vers le nord-ouest et le sud-est, entre les villes actuelles de Tcixougoutchak et d'Ouroumtsi. La bataille dura du matin jusqu'à la nuit. Le Tayang fut mortellement blessé, son armée, rompue et défaite. Quand les Naïmane virent leur vieux roi tombé, ils l'emportèrent en haut de la montagne par où ils étaient venus, lui demandèrent ses

1. Plan Carpin, p. 648. Mais il se peut très bien que Plan Carpin parle de TalTaire où Djébé délit Guchlug en 1217, afTaire dont le terrain se trouverait sur le vrai Tala, beaucoup plus à Touest, sur un amuent du Tchou, près de Bclasaghoun (Balgassoun).

2. - boro Tala, à 300 lis (30 lieues) au nord-est d'Ui. Ce pays est entouré de montagnes et de rivières. L'eau des sources est douce, et la terre est fertile. 8a situation est des plus avantageuses. • (Description de la province d'Ili, extraite du Thdi'i'Vmm^'i'Tonq-lchi^ par Saint-Julien : Journal asiatique, iv« série, t. VIII, p. 393.) Uoro, qui signifie • gris » en mongol, signilie • vert » en dzoungar^ c'est-À-dire en turc du Pc-Lou.

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ordres : « mais il no sonnait mol. » Un instant, ces braves se consultèrent : fallait-il fuir? « De notre Sire, de notre bonne gcnt nous séparer, en terre étrangère nous en aller honnis — mieux vaut mourir. » Ils descendirent de la montagne, retournèrent au combat. « A cinq et six fois, le Tchinghiz Khan leur dit : De vos sang et biens, je vous fais gr&ce; en gentils compagnons, ce que vous deviez à votre seigneur, vous Favez acquitté; or çà, les arcs bas, et venez *. » Mais ils ne voulurent rien entendre et se firent tous tuer. Guchlug se tira d*aflaire sans une égratignure, s'en alla d*abord chez un sien oncle qui n'avait pas bougé, puis, comme les Naïmane se soumettaient, prenaient parti en masse pour Témoudjine, il lui quitta la place, s*en fut chez les Oïgour, et de là, chez leur suzerain, le grand seigneur des Kara-Khitaï, le puissant Gour Khan, qui Taccucillit, et lui donna sa fille en mariage. Guchlug était chrétien; la princesse, bouddhiste fanatique, le fit abjurer et le convertit à sa foi. Les deux indomptables, Tokta Begui et Djamouka, s'enfuirent au nord-ouest, parmi les Kirghiz; mais cette fois, Témoudjine, libre de ses mouvements, s'acharna, les suivit à la piste, les fit traquer de tous côtés, sans leur laisser le temps de prendre terre. « N'oubliez jamais que T&me d*une action est qu'elle soit menée jusqu*au bout »', disait le Tchinghiz Khan, à ses enfants, sur son lit de mort. Dès qu'il le put, il suivit celte impériale maxime. Une partie des Mergued se soumit volontairement ; il suffit de réorganiser leurs compagnies de cinquante hommes par compagnies de cent à la mongole, pour les encadrer dans l'armée. Kn moins de six mois, il ne restait plus rien de la confédération; les uns s'étaient ralliés, les autres avaient péri, les armes à la main, le reste était cosaque dans la steppe, au nord-ouesl, ou avait trouvé service et emploi chez le Gour

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