‹ Introduction à l'histoire des connaissances chimiques. Connexious des sciences du domaine de laChapitre 34 sur 115 · SQENCES DES ÊTRES VIVANTS AU POINT DE VUE ABSTRAIT · texte numérisé non relu

SQENCES DES ÊTRES VIVANTS AU POINT DE VUE ABSTRAIT

105. Si le lecteur veut bien revenir sur la manière dont j'ai disting^ué la chimie d'avec la physique (71), il apercevra à la fois et T intime relation des deux sciences, quand il s'ag'it de connaître les propriétés physiques des espèces chimiques le plus exactement possible, et la différence réelle de l'étude de chacune d'elles en ayant ég'ard à leur manière de

procéder respectivement ; la première envisagean*le sujet au point de vue du concret, et la seconde a^ point de vue de V abstrait puisqu'elle étudie une mêro^ propriété comparativement dans une suite de corp^ doués de cette propriété. Ma manière d'envisagé^ l'esprit humain dans son mode d'étudier rinconnc>» rend précises des définitions qui ne le seraient poin ^ autrement, tant est grand le nombre de leurs rap — ports mutuels, et intime le lien qui les relie ; auss£ paraissent-ils à Tesprit comme semblent aux yeux: se pénétrer mutuellement la chaîne et la trame d'un tissu par suite des entrecroisements auxquels l'art du tisserand a soumis les fils de l'étoffe. Au point de vue où je me place, la complication disparait, ou plutôt on s'en rend compte par Tétroite union des choses et par la nécessité d'étudier d'abord chacune d'elles, après que Tintelligence les a isolées au moyen de Tanalyse, pour revenir ensuite de l'étude des choses séparées à l'étude de leur ensemble. Ce compte-rendu du travail de l'esprit, où l'analyse précède la synthèse, explique Irès-bien la division des sciences en la faisant dépendre de la faiblesse de l'esprit humain, quand il obéit au désir de connaître ce qui lui est caché.

106. J'ai parlé plus haut (94 et stiîv.) des notions tiréesde l'anatomie, de la physiologie, deragriculture

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et de la médecine, quand on veut faire une étude sérieuse des individus des êtres vivants au point de vue duconcret; le concours de ces sciences n'est pas moins indispensable, si Ton veut apprécier la valeur de tous lès éléments dont Tensemble comprend les bases sur lesquelles doit reposer la classification naturelle des gfroupes divers en lesquels la botanique et la zoohgie les subordonnent. Avant de traiter de la méthode naturelle, il importe d'envisag^er Yanatomie, la physiologie, Vagriculhire et la médecine relativement aux lumières qu'elle est capable de répandre sur les classifications botaniques et zoolog^iques ; car si avec raison le but de ces classifications est de réunir les plantes et les animaux d'après les degrés de leurs rapports de ressemblance, tous les phénomènes accès- Bibles à nos observations doivent être pris en considération : or la science actuelle ne le permet pas, nos classifications étant restreintes en grande partie à l'observation des formes et de la structure desorg^anés, et à celle des fonctions relatives à la vie animale proprement dite. Si les facultés instinctives et intellectuelles ont fixé l'attention de quelques naturalistes philosophes, aucun d'eux n'a tiré de ses études des conclusions incontestables susceptibles d*être prises en considération dans la classification des espèces animales ; une classification qui justifierait la qualification de naturelle avec le sens qu'on attache à cett(*

expression, tiendrait évidemment compte de ces facultés.

107. IJanatomie, lu physiologie, X agriculture eilB, \^ médecine sont aussi utiles à \a partie abstraite de la botanique et de la zoolog*ie, qu'àla, partie concrète : et on le concevra aisément en considérant que Yanatomieel la physiologie, comme la botanique et la zoologie, se composent cliacunc d'une partie concrète et d'une partie abstraite, de sorte que chacune des quatre sciences a deux parties qui sont entre elles ce que la chimie, science du concret, esta la physique, science de V abstrait, ne concernant que des corps privés de la vie.

Je vais examiner successivement la partie abstraite de l'anatomie et de la physiolog^ie appliquée à la zoologie ; car, conformément à la remarque fcdte précédemment (103), je n'ai rien à dire de l'application î\ la bolaniquo deraiialoniie et de la physiologie.

ARTICLE PREMIER

AnatomiP zoologique au point de vue abstrait.

108. Vanatomie, au point de vue abstrait, est cowparér, parce (lu'eiic étudie un même organe dans la

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série des animaux, avec rinlention de le connaître aussi bien cjue possible, et (jue Texamen comparatif d'une suite d'objets analog^ues est un procédé de IVspritdes plus favorables au progTès de la science. Aussiaprèsavoirétudié comparativement Toi'g^nedu loucher dans la série des animaux, Fanatomie comparée étudiera Torg^ane du g*oût, Torg^ane de Todopat, Torg^nede l'ouïe, Torg^ane de la vue, etc., etc. L'anaiomie comparée deviendra ,y^/<Av//y? en étudiant toujours, au point de vue comparatif, un même organisme élétnentaire {élément anatomique)^ im mém<^ tissu, dans la série des org^anes formés de ce même organisme Mémentaire {élément anatomique) de ce même tissu, organes préalablement connus.

Le tableau suivant, ana1og*ue à celui qui représente les relations de la chimie avec la physique (71), fait saisir Tanalog-ie de ce qui se rapporte au eo/urr^/ dans Tétude anatomique d'une espèce zoolog'ique, d'avec ce qui se rapporte à Y abstrait Aan^ Tanatomie comparée d'un même org'ane étudié dans la série des animaux. Enfin le tableau représente encore les relations de l'anatomie comparée av(»c Tanatomie générale.

La forme extérieure des animaux traduit jusqu'à un certain point leur intérieur; mais la moindre r<*flexion montre combien une classification zoolog;'i<iue laisserait à désirer si le naturaliste pensait

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pouvoir renoncer aux lumières de ranatomie comparée, car, que de déceptions, s'il pensait jug^r sûrement de rintérieur par Textérieurl C'est au contraire après avoir reçu de Tanatomiste la connaissance précise des org^anes, de leurs formes, de leurs proportions respectives et de leurs connexions, que le zoologiste doit établir ses classifications, et c'est surtout la connaissance de l'intérieur qui doit servir de critérium aux considérations que la morphologie peut sug*g*érer.

Physiologie zoologique au point de vue abstrait.

^ 109. 11 existe une physiologie abstraite comparée, correspondant à l'anatomie abstraite convpB.Tée ; mai» . embrassant l'ensemble des phénomènes vitaux de tous les animaux, elle est loin d'être aussi avancée f[ue Tanûtoïnie, et dès lors elle est loin de répandre sur la g<x»ltig*ie une lumière comparable à celle que gcience t*eç(iit de l'anatomie compa-* clioses est la conséquence de ce ila résultante dénotions em* sciences pures et même au»=

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Il y a plus, si les sciences médicales doivent tous leurs éléments scientifiques aux sciences pures, l'habitude professionnelle des médecins et des chirurgiens de voir l'état iK)rmal de Thomme sans cesse troublé par la maladie, les mettent en position de donner à la physiolog'ie et à Fanatomie d'utiles renseignements concernant la patholog*ie et Tanatomie comparée.

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