CHAPITRE VIfl
FACILITÉ AVEC LAQUELLE ON PEUt "SB ^mÉSENTEK AUJOURD'HUI CE QU'ÉTAIT AU FÔND^
LA QfflSTION QUI FUT SI DEBATTUE AU MOTEN AGE ENlIfilES NOMINALISTËS ET LES RÉAlfSfÈS.
517. Tautdanalog-ie existe entre la manîêPéMont je viens d*envisagt*r le concret %%YjJ)Straii , et la ques-
tiQH débattue eotre les non&mistes et les réalistes, question qui partag^ea long'temps en deux camps des philosophes de la Grèce et des savants du ilioyen âge, que beaucoup de mes lecteurs s'étonneraien^ sans doute, si je n'appliquais pas les considérations précédentes à Texamen de la question célèbre que je rappelle : là encore la diflerence des choses tient à la distinction du concret et de V abstrait; et Texamen auquel je vais me livrer me permettra de tirer une conclusion propre à faire sentir encore ù tous Tavan-^
lîsK I.A IMIlLOSOIMIIt natlhellk.
Ifi^fî i\r. inadriinition du imA/'ai/, et l'intime relation i*éf*ll(Mnent exisUinU* eiili'e le /pm/f* roncrr/el le /en/" uhsfniit.
•H8. Les noitiinalisfes soiilenaient Topinion d'apivs la(|iu^ll(^ on admet (|u'il n'existe que des êtres parliculicM's, d(*s iniliridus, deseorps dont nous pei"eevuii> la prés(»nee par rimpn^ssion qu'ils produisent sur lt> orf;aii(»s d(^ uns sens. Quant aux idées générales, ahsirailes, (îxpriniées par les mots espèces, f^f^nrey. /'(miilhs, urdros, vinsses, ils pi'élendaieni qu*ell»*s n'exislaienf que di» NOM et pas autrement que les idres exj)rin)ées par les mots hicti, mal, heav, ju.<ti\ nnfse , infini, (|ui sont de pures eonceptions de resi)ril.
r>lî>. Lrs rrdiistf's disoiriil : ces i(l(''es j»r-nérnl<'^ cxislciil ; <ai* Dini les a\ail présenles à Te^pi'il. avaiil la crcalion du mmidc : l('s nnirrrsutjj , à savnii' (T (|ii(' nous cniMM'voiis (Ir (|iialil(''s eoinmunrs dans Ir.s ( ^|>rcrs d MU iiiriiH' p'iH'c <4 dans U's individii> d iiiir mrmr ('S|»r(r. cxislnil donc.
< )\\ \nil (MMidurn I iu«'r qn Cx pi'iinr jr mot n*oHsnti cniplnyï' anjnnrdlini dans la ('rili<|no des heauxai'ls. rsl dillVi'cnlr dn rniVisinc kV^ ranli(|nlir' rt du nioyrn àL^c
Si dans Janliiinih- Platon T'Iail miHs/c^ Ai'is-
LA PHlLOSOPlllK XATLIKELLE. 289
tote et les stoïciens étaient au contraire nomùialistes Aux premiers siècles du moyen àg*e, on admettait l'existence des universaux dans les objets mômes, et conformément à cette opinion, on disait universalia in re. Et on faisait remarquer que Platon admettait l'existence des universaux avant la chose, universalia unte rem.
320. Du onzième au quatorzième siècle, les diseussions sur le nominalisme et le réalisme furent vives, passionnées et fréquentes.
Roscelin, adoptant Topinion stoïcienne, professa le nominalisme^ et soutint la thèse, universalia post rem, parce que Thomme n'acquiert les idées universalia qu'après la création de l'objet.
Au douzième siècle, Abailard professa la même opinion.
Au quatorzième siècle, Guillaume Ockam, Robert Holkot,Grég'oire de Rimini, Jean Buridan, Marsile d'ingen,* Pierre d'Ailly qui mourut en 1419, la soutinrent également.
Saint Anselme et Guillaume de Ghampeaux aux onzième et douzième siècles admirent au contraire Topinion du réalisme, et Guillaume fut l'adversaire passionné d' Abailard.
Enfin dans les douzième, treizième et quatorzième siècles, Gilbert de la Porée, Jean de SaHsbury,
Thomas d'Aquin et Duns Scot professèrent la même opinion.
521 . On voit en y réfléchissant un peu, que le noniinalistne relativement au réalisme peut être envisagé au point de vue scientifique, d'une manière tout à fait anaIog*ue à celle dont nous avons envisagé la ^ihiniio relativement à la physique, Tanatomie zoolog*ique de Tindividu relativement à l'anatomie comparée et à Tanatomie ^nérale, etc. On peut donc ?^ représenter dans le tableau suivant les relations les plus g^énérales que ^ 'ai établies entre les connaissances que nous venons de passer en revue.