‹ Introduction à l'histoire des connaissances chimiques. Connexious des sciences du domaine de laChapitre 9 sur 115 · AUCUNE SCIENCE EXPÉRIMENTALE N'EST EXEMPTE D'HYPOTHÈSE · texte numérisé non relu

AUCUNE SCIENCE EXPÉRIMENTALE N'EST EXEMPTE D'HYPOTHÈSE

21. Il n'existe pas de science qualifiée d'expérimentale qui se compose uniquement de propositions démontrées; toutes se trouvent dans la nécessité de recourir à des hypothèses qui ne sont que des probabilités, propres à lier entre elles les propositions dont l'exactitude est susceptible d'être démontrée conformément aux règ'les de la méthode expérimentale telle que je viens de la définir (ch. II).

C'est cette nécessité qui a conduit à imag'iner les agents qu'on a nommés fluides impondérables, à savoir, la lumière, le calorique, le fluide électrique et le fluide mag*nétique, pour représenter la cause des phénomènes de lumière, de chaleur, d'électricité et de mag*nétisme.

30 NOTIO.NS

L'hypothèse du calorique perd tous les jours de sa probabilité dans l'esprit des physiciens; et aujourd'hui il n'en est pas un qui admette l'existence d'un fluide impondérable essentiellement lumineux, comme le pensait Newton. On attribue g'énéralement les phénomènes lumineux aux mouvements vibratoires d'un éther répandu dans l'espace, de même qu'on admet que le phénomène du son résulte des mouvements vibratoires de l'air. Nous disons qu'un corps est lumineux quand ce corps met Téther qui se trouve entre lui et nos yeux en vibration, de même que nous disons qu'un corps est sonore quand il met en vibrations d'une certaine vitesse l'air compris entre lui et nos oreilles; la lumière, comme le son, envisag'éede cette manière^ est un phénoniètie dynamique.

22. Beaucoup de g'ens du monde ont donc une idée exag'érée de l'exactitude de la chimie et de la physique, lorsque, les envisageant à l'instar des sciences mathématiques pures, ils les considèrent comme uniquement formées de propositions dé^ montrées ^ et dn peut ajouter à ce qtie je viens de dire que, au début même de l'étude de ces sciencies, en parlant de la vmtière, indépendamment des nombreuses modifications qu'elle présente dans les diflei*ents corps ([ue les org»anes de nos sens nous

DE PHILOSOPHIE r,ÉlSËRALE. 31

rendent sensibles , on part d'une hypothèse , quand on la considère comme formée de parties discontinues appelées corpuscules, molécules, atomes, d'une ténuité si grande qu'elles sont individuellement invisibles, et d'un diamètre bien plus petit que la distance qui les sépare les unes des autres , quoiqu'on reconnaisse cependant que cette distance échappe par sa petitesse à nos moyens les plus précis de mesurer l'étendue ; mais il y a nécessité, pour l'enchaînement des propositions, la clarté des idées, et pour intéresser celui qui veut étudier la science, de recourir à une hypothèse, qui ne peut compromettre la vérité, lorsqu'on la donne pour ce qu'elle est et qu'on la disting'ue ainsi des propositions que l'on croit vraies parce qu'on a la conviction de les démontrer telles à l'aide de raisonnements déduits de l'observation de faits contrôlés par l'expérience (ch. II).

DEDXIÈUE LIVRE.

Page 1