‹ Introduction à l'histoire des connaissances chimiques. Connexious des sciences du domaine de laChapitre 97 sur 115 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DE Lk PELNTURE.

14. Si la sculpture représente la forme du modèle, on peut dire que la peinture n'en représente que V apparence au moyen du dessin exécuté d'après les régules de la perspective linéaire, et des couleurs employées d'après les régules du contraste, du clairobscur et de la perspective aérienne. Lorsque la peinture est parvenue à produire toute l'illusion dont elle estcapable, que le relief de l'objet peint ressort parfaitement, la disposition du spectateur à confondre la copie avec le modèle est bien plus g^nde qu'elle ne le serait s'il s'ag'issait d'une forme simplement reproduite par la sculpture- La foule doit donc en g^énéral rechercher les tableaux plus que les statues, et conséquemment le caractère abstrait

^00 OË L'MSrnUACTIQX

élanl moins prononcé dan» les premiers qi» dw» ton fiocnndeSi T œuvre du peinlrv com porte moiv ridéal t[UG Tœuvre duntuLuaire.

15, Lorjwiuo je dis que le caractère d'ahstradioi c!aI nH}in8pn)n<)n<^r* dans la [x^inture que dans laïdA^ Inaire^ je parle relatîvenienlau âpeclafetjr à Tégard dut|uel le peintre a porlt't Tillusion au plus ïiaul défère pfti' le relief fpi'il a su donner à une figun* plane, et j Vnlends que son œu\Te est plus complexe k cause dr ws attrihuts, la forme et les couleurs, que ne Test rœuvre du statuaire t>ornée à la reprpduelion de lu forme; maif^, quoi qu'il en soit^ lecaracU!'re d'iibstraetiou de la peinlui*e se montre nu pluH haut ilofçvu dans la i^epixxluclîon fidèle d'une InruK^ enlorre, <pn n'est pas le modèle concret, mais (pii, au moyen des matières colorées habilement dislril)ué(»s par l'arlisle sur une surface plane, offre à la vue la propriété inhérente au modèle d'avoir une nj»'ure déterminée que la lumière nous fait connaître.

IG. Les considéi^ations précédentes et une remarque sig'imlée ailleurs (l)'que Toeil n'aperçoit dans un tableau d'une manière distincte qu'un petit

(i) De la loi du contraste simultané des couleurs.

DE L'ABSTRACTION. m

nombre de choses à la fois, expliquent un fait qui a vivement préoccupé les artistes et les g'ens du monde, lorsqu'il s'est agi d'apprécier exactement la valeur que la reproduction absolument fidèle de rimag'e d'un modèle est susceptible de donner à une œuvre de peinture. Grâce à la photographie on se procure aujourd'hui l'imag'e la plus fidèle d'un objet, en tant qu'il s'agit de la netteté du trait, de la perspective linéaire, et d'une dég'radation suffisante des clairs et des ombres. Si la g'rande fidélité, quant aux qualités précitées des imagées reproduites par ce procédé, doit les rendre toujours précieuses, et j'ajoute plus ag*réables que des dessins médiocres et assez vrais de ressemblance, cependant jamais elles ne produiront sur le spectateur, quel que soit le perfectionnement qu'on apporte à l'invention de Nicéphore Niepce, les effets du tableau d'un grand artiste, par la raison que celui-ci ne peint pas tout ce qu'il voit ; il choisit, il change même quelque chose dans certains effets qu'il représente afin de 'faire saisir, d'agrandir î un attribut; eh bien, ce qu'il a dissimulé, omis, concourt, avec ce qu'il a choisi et modifié, à faire voir au spectateur certaines qualités, certains rapports qu'il a ainsi abstraits des autres, afin de captiver l'attention dans un sens déterminé plus fortement que ne le ferait la vue du modèle même.

17. Si l'artiste fait une abstraction t^n sacritiaul un fïflet à un autre dans Timag'G du plus petit objd. il doit on faire de nombreuses danii un tableau quelconque composé d'un g^rand nombre d'imagées, lor* in^niecjuo celles-ci se rapportent a des objets iminobilvïï, cunirnc le !4<^>nt, par ext^-niple, les fleurs d un bou({uet. .

48. Quand il s'agit de repr(''senler la vue duû paysa^^ ou une réunion de figures eoneouraol à uiia<ïte, tïoitdelavie privée, soit de la vie publique, etdanseeca» le sujet pourra être un trait hislori- ({ue, une assemblée, une bataille, le peintre, pur ùtre vrai^ ne jiouvant représenter qutot imloïii dans un paynag"*' dont les clairs et les ombres varienl continuellement, et à plus forte raison ne pouvant reproduire qu'un instant d'un événement, d'une scène d'une certaine durée, il est oblig'é de choisir cet instant parmi d'autres; dès lors cet instant doit être considéré comme une véritable abstraction de la somme des instants composant la durée de révéne-* ment de la scène qu'il a choisie pour sujet de son œuvre*

19; Si le peintre fait ainsi une absti^dction pour le lemps^ il en fait pareillement une pdiir l'espace, surtout lorsque le modèle occupe Une gprande élen-

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due, qu'il "s'açit, par exemple, d'un vaste paysag^e, d'une assemblée nombreuse, d'une bataille où des masses d'hommes sont aux prises.

Développons ce cas comme dernier exemple [des abstractions nombreuses et considérables que fait le peintre, quant au temps et à l'espace, en peignant un tableau désigné si improprement par la dénomination de bataille; car en réalité il ne représente qu' tm instant, soit d'une scène ou d'un épisode de la bataille, si les personnages sont de grandeur naturelle, soit de Faction générale des masses opposées, qui se composent dans ce cas de petites figures dont les physionomies nous échappent à cause de l'exiguité de leur taille. Dans le premier cas il y a abstraction de temps et d'espace : dans le second il n'y aura qu'abstraction de temps, si la peinture est telle qu'à l'instant choisi par l'artiste, la disposition de toutes les masses s'offre à la vue du spectateur.

20. Quoique l'œuvre du peintre se rapporte à la simultanéité, et qu'elle diffère beaucoup sous ce point de vue du chant du poète et des récits de ^historien qui se rapportent incontestablement à la mccession, néanmoins dans le travail intellectuel du grand peintre d'histoire qUi a précédé Texécution, il y a eu quelque chose d'analbgUe aU travail de l'écrivain, et dans la détermination de timtant qu'il a su choi-

AW DE L'AaSTlUCTlOJS.

sir convenablement, il a surmonté une difGculb^ que le poëte comme riiislorien ne renconti'culpasT puisque la parole retrace toujours une série dW lants; dès lors la difficulté de n'en clioisir qu ua seul, à Texclusion des autres^ n^existe pas p)iif eux.

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