‹ Introduction a l'histoire du 19. siecle G. G. GervinusChapitre 1 sur 8 · Introduction a l'histoire du 19. siecle G. G. Gervinus · texte numérisé non relu

Introduction a l'histoire du 19. siecle G. G. Gervinus

Celle Inlroduclfon à l’Iiistoire du xix® siècle esl le prélude d’un plusgrand ouvrage. Dillérenlsmolifs in’onl conduil à la publier d’avance, sous une forme séparée, sans allendre la publicalion de l’ouvrage lui-mènie. Ces raisons, les voici : d’abord , l’élendue de celle inlroduclion aurail surchargé la première partie de mon histoire ; ensuite elle aurail pu,parson contenu qui traite de quelques préliminaires historiques, rebuter bon nombre de lecteurs qui ne tiennent qu’au récit des faits. Ces raisons ne m’auraient peut-être point paru suflisantes pour expliquer une publication séparée, encore moins pour me forcer à devancer l’apparition de l’œuvre principale qui peut souffrir encore des retards; mais quelques amis qui ont pris connaissance de cette Introduction ont jugé qu’elle pourrait servir à rassurer les hommes dont la confiance dans notre avenir a été ébranlée, ou à rtnimer la foi chancelante de ceux qui commencent à douter du présent, et peut-être à préparer un refuge aux espérances de ceux qui ont souffert dans le naufrage de ces dernières années.

Mon hésitation esl donc vaincue par le jugementdeces

amis pour qui j’ai toute estime. Si cel écrit pouvait remplir, dans la plus faible mesure, la fin qu’ils en attendent, j’aurais alors à regretter chaque jour qui retarderait son apparition.

L’habitude de méditer sur l’histoire du monde a de bonne heure refoulé en moi ces rêves ardents et téméraires qui agitent d’autres hommes, et m’a épargné plus d’une déception ;mais elle ne m’a jamais refusé la consolation que d’autres aussi, je le pense, pourront retirer de cette lecture. Il est vrai qu’elle nous apprendra à ne pas nous bercer de l’espoir impatient d’atteindre rapidement un résultat politique, mais en même temps elle nous avertit d’accueillir sans colère les frivoles triomphes et les succès momentanés des partis dominants; elle nous dit d’abandonner la croyance que les allaires de ce monde sont conduites par le capiice ou réglées par la volonté arbitraire de quelques hommes. Par ce regard jeté sur le passé, nous acquérons l’habitude de reconnaître dans la plus courte durée de l’histoire la plus rapprochée de notre propre temps, les gigantesques mouvements des siècles, et nous sommes à même d’en indiquer les traits les plus saillants, gravés par la main de la Providence, non en examinant les faits dans leurs détails, mais, en nous attachant à les considérer dans leur ensemble.

A l’exception de quelques grands points de vue et de quelques divisions qui permettrontde mieux juger l’esprit de l’histoire moderne, on ne doit s’attendre à rien trouver de nouveau dans ces pages.

Dr-iZf

Si l’on peut déduire quelques lois de l’élude de l’histoire, on doit les faire découler uniquement de ce qui est connu et accepté de tous, comme indiscutable; et ce sont de tels faits seuls qui figureront ici, exposés aussi clairement et aussi méthodiquement que possible. La faible partie de considérations étrangères qui y est jointe est une ajoute volontaire, une déduction philosophique des événements historiques eux-mêmes , elle est affranchie de tout l’appareil pédantesque du système et de tout l’attirail des sophismes.

L’arbre de la Vérité, qui apparait ici sous sa forme toute naturelle, sera, je crois, trouvé plein de vigueur et de santé, et nous espérons qu’on ne remarquera nulle trace de développement trop précoce dans l’épanouissement complet des bourgeons,si pleins de promesses aujourd’hui, qui apparaissent ça et là.

Heidelberg, pendant l’aulomne-dc 1852.

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