‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 102 sur 294 · SARCOPHAGES DÉCOUVERTS · texte numérisé non relu

SARCOPHAGES DÉCOUVERTS

a LARDiiiss en Parmi les tombeaux qui sont nommés sarcophages, c'est-à-dire faits pour loger rbadvoisis ; dans Ie corP* en entier, il s'en trouve de plusieurs espèces. Les uns, taillés pour tsï CTvreoiw ds deux cadavres, sont nommés, dans quelques inscriptions, Bitomum ou Disomum.

et de Mous n'en connaissons point de cette sorte dans la province. Les autres sont construits pour renfermer plusieurs corps. Selon une lettre écrite de Meru en Beauvoisis, le 23 de janvier 1755, à M. l'abbé Danse, chanoine de Beauvais, on avait découvert, près la fontaine de Lardières, un tombeau de pierres de cinq pieds et demi en carré. Il contenait deux grandes personnes et trois enfants , c'est-à-dire une famille entière , avec plusieurs pièces d'or , dit-on ; il est certain que le charretier qui a fait cette découverte jouissait quelques années après de 100 pistoles de rente. Les Affiches de Picardie de 1770 (1) ont

(1) Affiche* de Picardie, n.* 44. (S)

rapporté qu'où arait trouvé le 12 octobre , dans les environs de Champlieu en Valois, deux grands tombeaux de pierre : le premier avait la forme ordinaire , mais il était fait pour contenir plusieurs corps. Il était croisé sur un antre de figure ronde comme un saloir. Celui-ci pouvait loger quatre cadavres. On y a vu, en effet, une grande quantité d'ossements, avec une bouteille de verre, un pot de terre et du charbon. On avait découvert dans le même canton, l'année précédente, deux autres tombeaux de la même espèce que ceux dont nous venons de parler. On y trouva deux fers de lance de cuivre, une urne et quinze médailles. Ces monuments de l'antiquité sont conservés dans le cabinet de M. de Beauval, lieutenant de chasse à Compiègne. Nous aurions bien désiré pouvoir joindre ici la description curieuse et particulière de quelques squelettes d'hommes 'découverts en France (auprès de Soissons) en 1685 dans une ancienne tombe (1); mais nous n'avons que le titre de l'ouvrage imprimé in-4.% à Londres, chez fiistow, en 1660.

Les sarcophages, plus longs que larges et travaillés exprès pour un seul cadavre, " sont plus communs dam la Picardie. Les plus anciens sont aussi larges aux pieds qu'à la tête. On en trouva un en 1659 dans une vigne du Mont-Caperon près Beauvais. Il était de pierre dure, long de sept à huit pieds et large de trois. Il était pose sur deux pierres de trois pieds de hauteur; l'une était chargée des bas reliefs dont nous avons parlé; on voyait sur l'autre l'inscription

rats des cAPtciss

DI SIAUVAIS, ET DAHS LA BAPILItUI

D. If.

MBMOR. ATTI...

VIBIVS ATTICV»

PATEB. POSVIT.

c'est-à-dire que t'ibius père a posé ce monument à la mémoire dTAttious , qui était sans doute son fils. Quelques années auparavant on avait déterré , plus près de la Tille, dans l'avenue des Capucins, un autre tombeau de pierre long de neuf pieds et large de deux dont le couvercle était plat. II renfermait les ossements d'un homme de huit pieds et trois vases; l'un, de cristal de roche ciselé, avait la forme d'un gobelet; l'autre, ressemblant à nn pot à confiture, était de terre rouge très-belle et très-fine; le troisième était un autre pot fait de la terre rouge de Savignv, village du même canton. Il pouvait contenir cinq chopines de liqueur. On trouva à coté de la tète nne médaille d'argent de Marc-Aurèle. Au mois de septembre 1722 (2), des ouvriers tirant de la terre

(0 Al

MS. d<- M.

propre à faire des briques dans un terrain vague du coté de la Maladreric de la Madeleine dans la banlieue de Boulognc-sur-Mer , rencontrèrent un tombeau de pierres blanches; son couvercle était scelle en plomb à l'ouverture. Le corps parut en son entier , mais quelques minutes après, il tomba en poussière. On a remarqué à côté du cadavre une urne de verre fort singulière (n.*...), c'est une figure très-grossière de femme asssise dans un fauteuil tissu de joncs ou d'osiers. Elle tient une flûte de Pan à sept tuyaux; son petit habit est d'un goût aussi particulier que sa coiffure. L'orifice de l'urne, qui dépasse la tète de la femme , est accompagnée de deux anses. Hauteur, six pouces neuf lignes ; largeur, deux pouces deux lignes; ouverture de la bouche de l'urne, onxe lignes. Le dessin de ce monument a été envojé à Dom de Montfaucon par le Père Le Quien, dominicain (1). Des mémoires de M. Lateux nous apprennent que lorsqu'on travaillait aux fossés de la haute ville de Boulogne, on a découvert un grand cercueil de pierre vis-à-vis les moulins à vent , et deux autres très-bien travaillés sur l'esplanade entre la haute et la basse ville.

On en a trouvé de semblables en 1746 dans le jardin de l'abbaye de Saint- Nieaise de Reims.

daxs le pats «es L'historien des Morins (2) nous apprend qu'on avait découvert en 1639, dans morins et dahs iss un lieu qu'il nomme Adfundenœ , aliter Norremum , peut-être Fontaine-lès- KKviioNs d'abbe- Hernums , entre la chaussée d'Arras et celle de Térouanne , un sarcophage de V,LLE" pierres blanches. L'intérieur du couvercle était arrondi sur une longueur de

plus de cinq pieds. Il renfermait une urne de plomb, ronde, plus haute que large, remplie d'os humains à demi consumés. L'urne était ornée à l'extérieur de figures carrées et posée entre deux pierres : on avait placé à côté deux vases de verre; l'un en forme d'aiguière dont le col était très-allongé et fort menu, avec un manche plat qui prenait depuis le pied jusqu'à l'orifice du vase. Sa contenance pouvait être d'une chopine; il y avait encore des restes d'une eau limpide et odoriférante. L'autre était oblong et vide; il paraissait pourtant qu'il y avait eu quelque chose de gras. Ce tombeau renfermait aussi plusieurs assiettes d'une terre blanche dans l'intérieur et noire en dehors. Les habitants des environs assuraient qu'on pourrait trouver des monuments semblables en vingt endroits du canton. Dans le temps que le Père Samson (3), carme, écrivait, on fit une découverte à peu-près pareille dans les environs d'Abbevillc, près du chemin d'Epagne. Le sarcophage antique, dit-il, contenait une urne pleine

(1) Aniiq. «pl., tupi., 1. 1, pl. tu. (5) Uitl. wd. d Abbw., p. 48.

(i) Malbrutq, de Morln., l i, ichol., p. SOT.

d'ossements» proprement entourée et couverte de deux pierres taillées. Il y avait aussi des pots de terre et des fioles aromatiques. 11 n'en dit pas d'avantage. M. Dargnies de Frêne, d'Abbcville, rient de nous mander qu'on a découvert près du chef-lieu d'un fief nommé Chàtmu-Tkoma* , en Ponthieu, deux sarcophages qui ne renfermaient que des cendres; dans l'un de quatre pieds quatre pouces de long, mesure prise dans l'intérieur, étaient une boucle avec son ardillon de potin et une plaque de même métal ornée de petits morceaux de verre ronge. L'autre sarcophage était factice, composé de gravier et de coquillages pillés.

Nous avons appris qu'on avait découvert deux tombeaux romains en Verman- mus le vïs*andois, l'un à Caulincourt, l'autre à Tieulaines, mais nous n'en savons rien de oou; »a*s lk viparticulier. Nous avons vu à Roieglise deux sarcophages qui portent le solin d'une grange; ils ont été déterrés avec quelques autres dans la place de ce village, sur le bord de ta voie romaine qui va de Noyon à Roye. On en a trouvé plusieurs dans le Vimeux. M. Houlon , d'Amiens , a envoyé à Dom de Montfaucon un vase de verre qui porte quatre pouces sept lignes de haut et deux pouces quatre lignes dans sa plus grande largeur. Il a été découvert près Saint- Valerysur-Somme dans un tombeau, à la Fcrté, peut-être, où, en 1739, M. Charpentier en a découvert un autre en faisant bâtir une grange sur le port où est situé le chantier. Celui-ci était de pierres dures , long de sept pieds trois pouces, large de deui pieds trois pouces , égal par les pieds comme par la tête. Il était recouvert d'une pierre taillée en dos d'âne , avec une vive arête dans le milieu et un carré d'un pied de hauteur. Voici comme le corps était arrange dans ce tombeau. Il avait été enseveli dans de l'osier ; on en a trouvé des restes. Cette espèce de panier était renfermé dans un coffre ou cercueil de bois dont les planches étaient attachées avec des agrafes de cuivre. Le bois était réduit en poussière. On avait placé dans l'espace vide entre le coffre de bois et le sarcophage, une urne, une petite fiole de verre et plusieurs médailles. L'urne est d'une terre noire fort grossière (n.a l) d'une forme assez belle cependant ; le col et le manche en ont été cassés. Ce qui nous en reste a cinq pieds (1) trois pouces de hauteur ; le diamètre du ventre est de cinq pouces cinq lignes. La fiole était de verre bleu, au col allongé et fort menu. M. Charpentier nous a fait présent de l'urne et des deux médailles qui lui restaient, l'une est de l'Empereur Hadrien,-avec une figure debout au revers et le Senatu* consulte; l'autre de Faustine la jeune: Fauttinae Awfustae Fit Augutti filiae. On voit au revers une figure debout ; légende, Vénus avec le S. C. Le sarcophage a été vendu à

(l) Sic dat» le MS.; mai» ce doit «ire un««rrcurde Doo Gcraicr.

un particulier de Fcuquières en Vimeux. Le couvercle sert de marche à la grange dont il a été parlé. La découverte suivante servira encore à éclaircir celle-ci. a otre saicopdace Elle a été faite en 1763, vis-à-vis le moulin de Friaucourt-en-Vimeux , à découvebt dans iB cmq ou 8;x pjeds du grand chemin du bourg d'Ault. La description en a été vimbcx ; sa dbs- envoyée, le 13 de janvier 1764, à M. Hecquet, gros fabricant de moquette à Abbeville, par Mademoiselle d' Auxi-Honccaux , dame de Friaucourt. La longueur du sarcophage (n." 2) est de sept pieds et demi à peu de choses près ; sa profondeur, deux pieds moins quatre pouces; l'épaisseur de la pierre, un demi-pied. Du milieu du couvercle s'élève un massif en forme de table, d'un pied trois pouces en carré, sur laquelle était, dit-on, un reste d'inscription que le temps avait détruit. La pierre blanche était d'un beau grain et sonnante sous le doigt. Il ne s'en trouve pas de cette nature dans le pajs. U a fallu quatre chevaux pour traîner au château de Friaucourt le coffre seulement. U y est employé à usage d'auge. Le couvercle sert de grès à la porte du jardin. Ce tombeau renfermait un squelette de près de six pieds de long , entier , ou plutôt ses principaux ossements tenaient encore ensemble. Les mâchoires étaient meublées de toutes leurs dents. Il flottait dans deux seaux ou environ d'une eau roussâtre qui paraissait comme de la saumure. On avait placé à côté du squelette plusieurs petites urnes de trois pouces de hauteur (n.* 3) sur presquautant de diamètre : elles sont d'une terre très fine et noirâtre à l'extérieur ; des petites fioles au col allongé ; une petite carafe de verre avec une anse dans le goût de celles d a-présent et deux petits plats de verre (n.* 4) de deux pouces et demi de largeur et de neuf lignes de hauteur. M. Hecquet conserve quelques-unes de ces antiquailles. > a t c oph aq e c«n- De tous ces sarcophages, les plus curieux, sans contredit, sont les deux qui sr.ivÉ dans l'b- nous restent des anciens Soissonnois. Le premier (n.* 1) sert aujourd'hui de bapoluk db saint- tistaire dans l'église de Saint-Corneille de Compiègne; on y fait depuis plusieurs 1 co"- siècles la bénédiction de l'eau aux veilles des fêtes d» Pâques et de la Pentecôte. C'est certainement le tombeau d'un païen. Il a cinq pieds huit pouces de long dans la partie supérieure , cinq pieds quatre pouces dans la partie inférieure et trois pieds moins un pouce de large. L'intérieur a quatre pouces de moins; ces quatre pouces forment son épaisseur dans le haut. Sa hauteur a aussi deux pouces et quelque petite chose avec, moins que sa largeur. Il est orné de cannelures en spirales qu'on nomme Gnudron. On voit pardevant et parderrière deux têtes qui paraissent être des têtes de Mercure à cause des deux ailes qui partent du front. On ignore d'où vient ce tombeau, ainsi que le suivant dont M. de Caylus a donné le dessin et la description (1).

(I) Rfc. d «ntiq., I. it, p. m. pl. cxTin.

11 n'y a rien à ajouter à la gravure, sinon que les figures sont présentées en un An tue, en ch asm i contraire à celui qu'elles occupent sur la pierre. Nous nous contenterons donc dans ie mur i„ de suivre le célèbre académicien. Cette pierre de la qualité de celle de Senlis ' ^irm de i»abou de Liais sert de linteau à une porte qui se trouve placée dans l'aile occi- Ukyt BK SAWT-",Édentale du cloître de l'abbaye de Saint-Médard. Elle a cinq pieds de longueur D*"U DE *°,sso** et deux pieds et demi de largeur, suivant M. de Caylus, (n.* 2) mais il dit qu'il n'a point été à portée de voir ce monument; qu'il n'en parle que sur le rapport <1 autrui. Selon des mémoires manuscrits que nous avons sous les yeux, et qui viennent du lieu même, la longueur est de six pieds et demi , la largeur, de deux pieds. Elle offre un bas relier dont toutes les idées du paganisme qu'elle présente sont très entières. La principale pièce est le médaillon supporte par deux anges ou plutôt deux génies (1). Ces deux objets donnent, dit M. de Caylus., non seulement une grande opinion de l'état du personnage, mais prouvent que ce monument a été construit et travaillé dans un temps peu éloigné du règne de Constantin. Les Amours qui éteignent leurs torches contre terre, symbole de la mort chez les Romains , semblent annoncer aussi les regrets d'une épouse pour la perte d'un mari, regrets qu'elle a voulu faire passer, sans doute, à la postérité par ce monument. L'enfant, les deux chèvres, le fleuve personnifié et à ses pieds le monstre, avec la figure de l'abondance, forment tous ensemble un groupe qui ne peut avoir de rapport , à ce qu'il nous semble, qu'aux différentes productions et qu'à la fertilité du Soissonnois. Quant au trou placé au-dessous du médaillon, on ne doit pas douter (2) qu'il n'ait été destiné à introduire les libations dans le tombeau ou dans l'urne et peut-être aussi à y insérer des fleurs; car les païens croyaient que les âmes des défunts en faisaient leurs délices :

soilicet ut parentales libaliones et inferiœ in cinerariam amphoram

defluere possenl; tel ut in his cavitatibus flores insérer en tur quibus valde delectari defunotorum animas credebant. Cependant il faut convenir, dit M. de Caylus, qu'un si grand nombre de preuves du paganisme sont contredites par l'habillement , le maintien , la chevelure et la disposition de la main du personnage représentée comme celle d'un homme qui donne ce qu'on appelle la bénedition ; d'où il conjecture que le monument a été retouché. Nous en avons bien examiné toutes les parties, il ne nous a paru aucun trait d'une main étrangère.

(I) On voit, parai lea antiquités romaine» da cabinet renversée* que portes I le< amours placé* aux extrémité*

de M. le cardinal de Potlgnac que H. Adam l'araé a du tableau, ee tonl ki deux vase* remplis de Heurt et de

fait graver, un bat-relief, dan» le dessin, a peu de chose fruit* que lea génie* tiennent ta nains. On a placé un

près, décelai du elollre de Salnt-liederd. Il a et* (ait rase semblable au-deesout du buste t-ideui paon*a cote pour le

(S) Potenus. The», antlq. rora., t. tu, npl.eoll. Si.

M. Drulard de Sillery, êvèquc de Soissons, membre de 1* Académie des Inscriptions, dit, dans l'explication qu'il a donnée de ce bas-relief (1), que le peuple appelle l'endroit où la pierre est percée le trou de l'oracle eTItit, persuadé qu'une divinité souterraine rendait par là ses oracles à ceux qui Tenaient la consulter. Dormai (2) a cru que le médaillon représentait Hinerre ; d'autres (8) se sont imaginés que c'était un supérieur qui donnait la bénédiction à ses religieuses; qui plus est, que ce tombeau était celui de Hugues, fils légitime de Charlemagne et d'Hildegarde , qui fut d'abord abbé en Piémont et ensuite de Saint-Médard de Soissons. Des mystiques en6n ont cru y apercevoir le mystère de l'incarnation. Nous n'entrerons pas dans les détails de leurs rêveries. L'ensemble de ce bas -relief nous donne, comme à H. de Gaylus, une si grande idée du rang que la personne, pour laquelle ee tombeau a été lait, avait dans le Soissonnois, que nous ne faisons pas de difficulté de le regarder comme un des gouverneurs romains de la province dont on aura fait l'apothéose , c'est-àdire avant l'édit de Constantin qui les abolit, comme l'a fait voir M. de Valois dans son discours lu à l'Académie des Inscriptions, le 13 d'avril 1706. Car, comme le dit fort bien H. l'abbé Hongault (4), quoique les Gaulois, nation fière et belliqueuse, n'eussent garde de se prostituer d'abord, comme les Grecs, à une adulation basse et outrée, il parait néanmoins que pour immortaliser la mémoire des grands hommes qui s'étaient rendus illustres parmi eux , ils leur rendaient après leur mort les honneurs divins.

sarcophages tiod- Les sarcophages sont plus communs, comme de raison, dans les anciens civis près AWtNs, metières tant particuliers que publics. La Morlière (5) nous apprend qu'on en près «oftTDiDiiR , découvrit plusieurs de son temps, c'est-à-dire dans le courant du siècle dernier, prks le village de en crcU8ant \a fossés de la citadelle d'Amiens. Les coffres étaient de pierre dure et les couvercles en d'os d'âne. Ht étaient remplit, dit-il , de vatet aromatique* de toute façon, que fay eu long-tempt chez moy à cause du Général des guerres qui lors y etloit logé, de petites phioles encore propret et duisantet à contenir les larmes det intimes omit. On a trouvé près l'église de Saint-Martin , faubourg de la ville d'Amiens (6), trois tombeaux de pierres et quelques uns dans une chapelle de cette église, que le savant M. de Léperon, que nous aurons occasion de citer souvent dans la suite, a jugé avoir servi à des païens. Ce lieu sert aujourd'hui de cimetière à la paroisse de Saint-Martin , dite anciennement Fur-

(I) HUI. de l' Aead.dc* InKripL, t. m. p. un. (S) Htoloire de Soùioni, U i, p. Al.

(S) Mém. MS.

(4) Mémoire de l'Acad. dm Iwer., 1 1. p. 379.

(5) Anliq. de la tM1« d'Amlen», p. I*

(6) La copie fort ciâelc du MS. de

ceUicourt. Des carriers tirant de la pierre, il y a quelques années, sur le bord du bois de Rolemont, près le village de Warloy, en ont découvert quelquesuns , où il y avait des fioles de verre et des armures.

Différents endroits du Beauvoisis ont donné plusieurs sarcophages ainsi réunis, sci la montagne kk On a mandé de Méru, le 23 de janvier 1756, à M. l'abbé Danse, chanoine iccht; près mde Beauvais, que du nombre des tombeaux découverts sur la montagne de Buchy, entre «ili.y

il y en avait deux plus larges à la tète qu'aux pieds, portant chacun six pieds

un pouce de longueur et quatorze pouces de profondeur , larges de seixe du coté de la tète et de dix seulement du cèté des pieds. L'un des deux était couvert d'une pierre taillée en talus par dessus et chargé de quelques traits qu'on pourrait prendre, dit-on, pour des figures hiéroglyphiques. Celui ci renfermait un squelette humain parfaitement bien conservé, avec les dents aussi blanches et aussi bien émaillées que si le corps venait d'y être déposé. On a trouvé à côté nn tesson de pot de grès. La face des cadavres regardait le Nord. Une dizaine d'années auparavant, on avait trouvé des tombeaux semblables à cent pas de ceux-ci, dans l'un desquels étaient, parmi des ossements de corps humains, un sabre, un anneau et un pot de grès de quatre à cinq pouces de hauteur sur quinze de diamètre. On en a découvert plusieurs aussi au sud de Puisieux en pavant le grand chemin qui conduit à Paris , entre Milly et Monceau , vers le Champ-Pourri, dans un canton dit les Cercueilt, dans les environs de Pressy, bourg sur la rivière d'Oise, et sur la fin de l'année 1751 (1), quelques-uns dans le camp romain de G curieux. Ceux-ci renfermaient avec les squelettes plusieurs médailles, des poignées d'épées, des lampes dont on n'a point laissé la forme, des vases de terre de différentes formes qui ne sont pas mauvaises , quoique le travail eu soit assez grossier. M. de Cay lus renvoie au n.* 3, de la planche lxxx, i voir un pareil. Nous l'avons donné au n.*... Une remarque importante c'est que ces vases étaient placés entre les jambes des morts, ce qui n'est

Les pluies découvrirent, depuis quelques années, dans une des gorges de la ses le bord de la montagne du village de Lombrai , à peu de distance de la voie romaine de cbabsséi romaine

No von à Vie - sur - Aisne , plusieurs sarcophages ; mais il n'y avait aucun reste Bl S0I8S0!,S * v,c" ■ . . «. « ■. • » i i stji-aisxb; dans r\

de monument qui put annoncer quelles étaient les personnes qui v avaient etc

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déposées. Depuis une trentaine d'année» , on a déterré dans un des faubourgs W0T0„ . AV m0llJ}l de Chauny, dit du Brouage, aux environs d'une briqueterie, quelques tom- DB l0rjv, etc., beaux de l'espèce ci-dessus où avaient été déposés des vases romains et des lampes

(1} C*ylw. Bec d'anliq., u i, p. *&8.

sépulcrales. Nous n'ayons pu avoir aucun détail de cette découverte , non plus que de celle qui a été faite vers le même temps au pied du moulin de Rony nous savons seulement qu'on y a trouvé avec des ossements , des fers de lances , des armures et des médailles. Le mont Catillon, en Valois, en a donné plusieurs (1) : c'étaient des tombeaux de militaires où l'on avait mis, à coté de chacun des cadavres, une épec ; ces épées ont été rongées en grande partie par la rouille. On en a découvert en 1740 (2), entre Oulchy et Le Plessier, assez près de l'ancienne chaussée romaine de Soissons à Château-Thierry. Il y avait parmi les cendres des cadavres , des pièces de monnaies altérées par la rouille , des boutons composes d'un certain mastic et taillés à facettes. On a trouvé trois sarcophages dans le parc de Pendé, en Vimcux, en abattant des chênes. M. le marquis de Saint-Blimond, seigneur du lieu, étant absent, le concierge a caché ce qu'ils renfermaient. Tout ce qu'on en sait, c'est qu'il y avait des médailles du Haut-Empire en grand bronze, et qu'un de ces tombeaux sert aujourd'hui à abreuver des chevaux dans un cabaret du village. Voilà pour les cimetières particuliers. uns les tMcircsci- ^es cimetières publics sont indiqués par des tombeaux pareils, mais en bien meîières d' AMiF.itg. plus grand nombre. Nous ne connaissons pas tous ceux qui ont été découverts au sud-est de la ville d'Amiens , nous pouvons cependant assurer que tout l'espace compris entre l'ancien chemin de Paris par Saint-Fuscien et la chaussée de Noyon, en était rempli. En 1759, on en a trouvé un autre de pierre dure sur le bord de la chaussée de Noyon, entre l'abbaye de Saint- \cheul et la première maison du faubourg. Il ne renfermait que, des ossements, mais on avait pratiqué en dehors du côté de la tête une maçonnerie en rond, où l'on avait placé un vase de terre grossière vernissé en noir , de la forme d'une tourtière à haut bord que nous avons vu chez un pâtissier de la ville; plusieurs petites bouteilles de verre que les manouvriers ont brisées , et une quantité considérable de coques d'oeufs.

On en a découvert cinq en 1771 dans un champ où l'on tire de la terre pour faire des briques. Ces cinq tombeaux de pierres sont de deux différentes formes , comme on peut le voir à la planche. Le n.° 1 est arrondi du côté de la tête en dehors et en dedans. Il a sept pieds de longueur en dehors, six pieds et demi presque en dedans. Le couvercle a une vive arête dans le milieu. Le n.° 2 forme un carré long en dehors, il est arrondi en dedans du côté de la tète. 11 porte la même longueur que le précédent. La vive arête du couvercle de celui-ci est coupée par une espèce de table carrée. On y a trouvé deux vases d'une

(7; Hi(l. du V»lotl, I. U, p. SU. (V Ibid., l 1, p. 48.

sorte de verre qui approche de la porcelaine, et l'un (n.* 3) ressemble beaucoup à un sucrier. Il porte deui pouces de hauteur et deux pouces huit lignes de diamètre : l'autre (n.° A) ressemble presque à une petite bouteille de verre que M. de Caylus a donnée dans le premier tome de son recueil d'antiquités romaines (1 ). La notre n'a que deux pouces quatre lignes et demie de haut et deux pouces de diamètre. Les deux anses accolées contre le goulot sont d'un bon goût. La forme de ce petit vase et du précédent sont fort simples.

Guibert, abbé de Nogcnt (2), avait été témoin d'une découverte qui fut faite de nogeht -soisau commencement du xu/ siècle , au village de Nogent-sous-Coucy. Il remarque coocï et de nocomme chose extraordinaire, non pas tant la prodigieuse quantité de sarcophages «jn-iA-viut. qui s'j trouva , cadaverutn inibi congettorum commendal infinita», que leur arrangement. Plusieurs tombeaux, en effet, étaient rangés en manière d'un cercle de danses, autour d'un principal placé au centre: circulatim in modum coraulœ^ sepulcrum uniut multa ambiunt. Ce qui donne lieu de conjecturer : 1." que les pieds de tous les tombeaux du cercle étaient tournés vers le tombeau du milieu; 2.* qu'ils étaient plus étroits par les pieds que par la tète pour la régularité du cercle; 3.* que le tombeau principal était celui du chef de famille. On trouva dans chacun d'eux des vases dont l'usage, dit Guibert, était inconnu au christianisme : in quibut quœdam reperiuntur tasa, quorum causant netciunt Christiana tempora; d'où il conclut, ainsi que de la disposition de ces tombeaux, que c'était une sépulture de païens, ou que, si elle avait appartenu à des chrétiens, ce ne pouvait être que des chrétiens des premiers temps, inhumés suivant les usages du paganisme : non posrumtu aliud oredere niti quod fuerint Gentium, aut antiqiiitsitna Chrùtianorutn% sed facta gentili more. Il semble insinuer aussi qu'il y avait plusieurs ronds semblables, puisque cet assemblage de tombeaux ne se vil pas seulement dans l'emplacement de l'église de l'abbaye , mais aussi dans les environs : circn ipsam (kabitatùmem), et in iptâ batilicA. Depuis quelques années, on a découvert aussi plusieurs sarcophages sur la montagne de Coucy-la-Ville; un «ntr'autres renfermait une hache de fer dont nous avons parlé , et une urne qui nous a été envoyée par Dom Mepuis , procureur de l'abbaye de Nogent. Elle est (n.*...) d'une terre bleuâtre, de trois pouces sept lignes de hauteur et de cinq pouces moins une ligne de diamètre.

M. Jardel de Braine a fait imprimer une lettre sur plusieurs antiquités romai- kcpaic de rt«r-rNnes qui ont été trouvées au mois d'octobre 1765 (3), au milieu des débris de taedebois.

(I) Pl. nu, n.- it. (5) Mert. de juin I7M. p. 74 à Si.

<»; Op. Gflib. de Nov., I. n. de vil* lot, cep. I. p. 4S7.

cercueils de pierre dure et d'os de morts, dans un bois dit le Bois du Mensonge, près le parc de Fère-en-Tardenois. La circonstance la plus curieuse de cette découverte est le paquet d'or qu'une paysanne a trouré à coté d'un squelette assct bien conservé et couché sur le côte. Le paquet contenait trente-denx médailles dont nous avons parlé, deux bracelets qui consistaient en une plaque d'or de trois pouces ou environ, ornée de petits verres carrés de diverses couleurs, bleus, rouges , verts , en façon d'émaux , enchâssés dans un ouvrage en filigrane ; deux bagues dont l'une était un anneau simple et l'autre, fort large et fort épaisse, paraissait composée de trois anneaux unis ensemble. Son chaton avait cinq à sis lignes de haut et renfermait une pierre gravée. Quelques jours après, M. Jardel, faisant fouiller au même endroit, y a découvert une petite corne de terre grise, sans vernis , d'une forme simple , mais assez agréable ; une lampe sépulcrale de terre bise , ornée d'un triple cordon de grenetis sur le dessus; une espèce de coin dont la matière est la même que celle des lances de fonte dont nous avons parlé. Ce coin a deux pouces ou environ de hauteur. Il est creux comme pour retenir un manche. Il ressemble beaucoup, quant à la forme extérieure, à celui qu'on voit dans le premier volume des antiquités de M. le comte de Caylus(l), trois fibula ou agrafes de bronze avec leurs aiguillons mobiles; trois bossettes dont deux sont passées dans un anneau ; deux pierres gravées , savoir : une cornaline et une sardoine. La première est ovale de huit lignes de longueur sur quatre de largeur. On y voit gravée en creux une figure drapée jusqu'aux genoux ; la sardoine de même forme, mais plus petite, a un fond brun orangé et nuancé. Elle présente une figure nue adossée à un arbre. On voit à ses pieds un vase d'où semble s'élever une fumée. Enfin, on a trouvé au même endroit quelques gros grains de verre aplatis sur les côtés, et percés comme pour former un collier. Ou trouverait certainement des tombeaux entiers en ce lieu, si l'on poussait les fouilles plus loin.

Le Leu, chanoine de Laon, rapporte, dans son histoire MS. de cette ville, que l'on découvrit en 1646, au-delà de Prèles, dans deux cantons, l'un nommé Marloy, l'autre Montenvie, plusieurs tombeaux de grandeur extraordinaire. Il ne dit point de quelle matière ils étaient (2). de ctiABPiim- sa- On a découvert en 1769 (3) deux sarcophages près Champlieu, en Valois. Us valois; de tibve- contenaient chacun une urne, une lance, plusieurs médailles mêlées avec des oscou- EN-vsuAN- sements humains. Ce ne sont pas les seuls qui aient été trouvés en cet endroit, dois ; de Min- particulièrement du côté de l'église. M. l'abbé Carlier (4) nous apprend qu'on y a

(I) Pl. ct. n.« l. (S) Afficb. d« Pic. 1770, n.» U.

W T. P- (*) Bill, du V.I.. 1. 1. p. 41 .

découvert des cercueils de pierre de toutes formes, les uns quarrés, les autres plus étroits aux pieds qu'à la tête; d'autres taillés en dedans, selon les proportions du corps humain, tous rangés de suite; des cercueils de briques et déplâtre; des squelettes sans cercueils, debout sur le côté, à plat sur le ventre; quelques-uns de ces squelettes étaient d'une grandeur démesurée. On nous a assuré que l'ancien cimetière du village de Trevecon, en Vermandois, avait donné plusieurs tombeaux romains. 11 est bien surprenant que parmi tant de débris de sépultures antiques déterrés dans le courant du siècle dernier à Saint-Quentin , il ne se soit rencontré presque point de sarcophages , fuere quidem sepulcra paueiora, è prœduro lapide^). M. Le Nain faisant travaillera la demi-lune de Coulombiers, qui est entre le bastion de Longueville et celui de Coulombiers, observa que la plus grande partie des terres qui étaient vers la gorge de cette demi-lune, n'était composée que d'os de morts en pourriture , d'où il conclut que le cimetière de l'ancienne Auguste était placé presqu'au nord, et que la peuplade en estait très-grande; mais il ne dit pas qu'on y ait trouvé aucun sarcophage. D'où pourrait donc venir cette rareté? Serait-ce la disette de la pierre ? Mais pourquoi en a-t-on trouvé un si grand nombre à Marteville, qui n'est qu'à trois lieues de Saint-Quentin? Diraton que l'usage de brûler les corps a subsisté plus longtemps à Saint-Quentin que dans les autres lieux de la Belgique? Nous y avons vu, comme ù Saint- Quentin , plusieurs urnes ossuaires et cinéraires déposées dans des cercueils de pierre : c'est vraisemblablement parce qu'on n'a fouillé encore que dans le dépôt des corps qui avaient été brûlés et non dans celui des sarcophages.

Marteville est si voisin du camp romain de Vermand qVon pourrait le regarder DE MAaTtviiii comme le cimetière des troupes qui y étaient campées ; en effet , les sarcophages v ille-chou. qu'on a trouvés à Vcrmand sont en petit nombre en comparaison de ceux qui ont été découverts à Marteville depuis une trentaine d'années. Ils étaient enterrés dans les environs de l'église et du château. Nous avons vu en 1768 plusieurs de ces sarcophages dont le coffre était d'une seule pierre ; quelques autres étaient composés de deux morceaux de pierre. Les plus longs passaient six pieds. On en a trouvé qui n'en avaient que trois, et la plupart, plus larges à la tète qu'aux pieds. Us étaient carrés à l'extérieur et dans l'intérieur arrondis aux deux extrémités. On nous a assuré que quelques-uns étaient ornés de pampres de vignes et de grappes de raisins. Voici (n.' 1) l'extrémité d'un de ces cercueils où était représenté en relief un Gaulois pilant dans un mortier; mais comme la figure n'y parait pas en son entier, on peut douter qu'elle ait été faite pour ce tombeau. On a trouvé dans un autre les

(I) Hemer. Augutl. Virom. nndic., p. tS.

restes d'une épée avec la boucle d'un ceinturon. Dans un troisième, une grande urne pleine de médailles, que M. de Montmorency, seigneur de Marte ville, a emportée à Paris. La plupart n'avaient qu'un petit pot de grès à coté du cadavre. M. de Caylus (1) a fait graver dcui vases d'un bleu d'ardoise en dedans comme en dehors , sans jamais avoir eu de vernis. Ils ont été trouvés l'un et l'autre dans un de ces tombeaux. L'un (n.° 2) a trois pouces quatre lignes de hauteur et cinq pouces moins une ligne de diamètre. L'autre (n ° 3) porte cinq pouces dix lignes de hauteur et trois pouces cinq lignes de diamètre. Le savant académicien observe à cette occasion qu'il n'y a peut-être point de village dans la Picardie, où l'on ne pût Taire des découvertes de cette espèce ; ce qui prouve que les manufactures de Nismcs et de Paris ne fournissaient point ou du moins très-peu cette province. Le hameau de Villc-Cholcs, à peu près à égale distance de Vermand, comme peut l'être Martevillc, a fourni trois tombeaux de pierre à la Gn de juillet 1767. Ils étaient enterrés à l'orient de ce lieu dans uu champ qui en contient encore d'autres. Un ravin les a mis à découvert. Deux étaient sans couvercles. On y a trouvé les restes d'un cadavre , et dans le troisième à côté du cadavre une petite chaîne de la longueur de deux pieds dont nous donnons (n.* A) la portion qui nous en a été envoyée à Saint-Quentin, par M. Du Mont, prémontré de Vermand. Il y avait aussi deux passants (n.* 5) de cuivre rouge argenté, d'un pouce et demi de longueur et de sept lignes de largeur.

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