‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 126 sur 294 · PROPAGATION DE L'ÉVANGILE RETARDÉE DANS NOTRE PROVINCE. POURQUOI · texte numérisé non relu

PROPAGATION DE L'ÉVANGILE RETARDÉE DANS NOTRE PROVINCE. POURQUOI

Comme le culte des dieux de Rome ne s'était introduit et soutenu dans nos provinces que par l'autorité civile, il y avait tout lieu de présumer qu'il y allait expirer sous les coups redoublés que le sacerdoce et l'empire ne cessaient de lui porter. Mais tout à coup l'ambition d'un homme en retarda la chute. Stilicon gouvernait l'empire d'Occident, sous le nom d'Honorius (5). Il avait projeté d'y élever son fils Eucher. Pour parvenir à ses fins, il appela un nombre prodigieux de barbares idolâtres, qui pénétrèrent les uns après les autres jusqu'au centre de nos plus belles provinces (6) , arsil regio Belgarum. Reims, Amiens, Térouanne et plusieurs autres villes avec leur territoire furent la proie des Huns (7).

CONJECTURES TOUCHANT LE TEMPS DU MARTYRE DE SAINT JUST. DE SAINT D1N0ALD , DE SAINTE BENOITE , ETC. , EN PICARDIE.

C'est peut être dans ces temps de trouble où l'idolâtrie parut triompher denouveau , que le jeune saint Just fut mis à mort dans un lieu du Beauvoisis qui porte aujourd'hui le nom du saint (8). Le nom de Rictius-Varus qui , disent ses

II) S. Augustin. Epiil. 80.

(3) Htrt. nrftrop. Hem. 1. 1. p. 1 03. (3) ABfwl.. adven. ParmeaU 1. 1. e. ».

{*) Idem, .dm». FwuUa. Ilb. 1». e. 7.

(S) On»., I. T. e. 1S.

(S) Salrian. lib. vu. de gubern»t. dei.

(1) Bieroa. open., l it, p. ». Epiit. 91. p. 74».

(S) Pwmt., p. I.

actes remplis d'anachronismes, le fit mettre à mort, ne doit point en imposer; il se trouve de même dans ceux des saintes Elevare et Sponsare, dont nous parlerons bientôt. Il parait que ce nom a été donné par les anciens hagiographes aux persécuteurs des chrétiens dont la cruauté égala celle du tyran Rictius- Varus. C'est peut-être dans le même temps que saint Dinoald ou Dineaut reçut la couronne du martyre près de Milly, bourg du même canton. On lit dans le martyrologe de saint Lucien, de Beau vais, au onzième jour du mois d'août : m.* idus Augusti in castra milliaco depositio tancti Dinoaldi martyri». C'est tout ce que l'on en sait : que douze vierges romaines , dit-on (on ne connaît que Benoîte, Leobcrie et Romaine), attirées par le bruit des glorieux combats de saint Quentin et de saint Lucien, se séparèrent en divers endroits de notre province. Benoite et Lcobéric (l) allèrent à Laon, et de là à Origny-sur-Oise pour y prêcher la foi de Jésus-Christ ; Benedicta génère patriaque Romani senatus ex-

orta habebat secum decem virgines sancta Benediota tandem cum qud~

dam collectaneâ et oonfamulâ sud nomine Lioberia Laudunum venit... Ubi ali-

quantisper commorata significatum e$l ei indioio divinœ toluntatis adiré Au-

riniaoutn looum super Isère flumen titum; ibique prœdicatimum Christi documenté viribué insistere ounctit. Sainte Benoite y fut condamnée à avoir la tète tranchée. On conserve dans le trésor de l'abbaye d'Origny la hache qui a été l'instrument de son martyre. Nous ne voyons pas où le nouvel historien de Calais (2) a pris que sainte Benoite et sainte Romaine avaient été prêcher l'Evangile à Térouanne et à Boulogne. On n'en trouve rien dans M. de Tillemont au tome iv, page 540 qu'il a cité.

conjbctdsks tou- Sa'nle Elevare et sainte Sponsare que l'on dit avoir été compagnes de sainte osant celui de Macre et associées à son martyre , sous Rictius-Varus (3) , tanctas Eletara et SponsàiKTK ilbvabe, de sara, virgines et martyres, beatœ Macrœ virginis sociœ... unâ cum ipsààRictiosaintb spoksark , Varo martyrizalœ sunt , quoique l'inscription trouvée au xi.* siècle dans leur de sainte MÉfto- ehâsse conservée dans l'abbaye de Saint-Riquicr (4), porte seulement : ista sunt oorpora sanctarum virginum et martyrum Elevariœ et Sponsariœ quœ passas sunt martyrium sub Rictio-Varo, étaient , peut-être , du nombre de ces doute vierges , ainsi que sainte Protaisc , vierge et martyre , dont le corps est conservé dans la cathédrale de Sentis; (5) sainte Méroflctte, dont l'abbaye de Beaupré possédait autrefois la mâchoire et une côte déposées dans une châsse avec plusieurs autres reliques qui étaient étiquetées. L'étiquette des reliques de la sainte était conçue en

fLETTE , DE SAINTE UAXENCE, ETC.

(1) Vil. M8., Sec. «n , in bibt. 8. Bigii Noyiom. (t) Chron. MS. sancti Ric.r.i.

(t) Lefebm. DM. deCiUU, u i, p. «St. (S) Mirtjrol. uoWen., p. t47.

(3) Spidl. Acaer., t. it. p. 538.

de mnrilla et ocsta mnolœ Mervflettœ virginis et martyris quœ in pago Belvacensi a proprio sponso deoollata a beaio Evrardo (Evurtio) Aurelianenêi , episcopo tepulta est in villa quœ dicitur Rnvre , et sainte Haxence : xu calendas decembris in territorio Bellotaoensi natalis sancl<v Maxentiœ virginis et martyris. On Tait celle-ci disciple de saint Patrice, l'apôtre d'Irlande; mais ses actes, dit M. Baillet (I), ont été tellement obscurcit par les fables qu'on en est réduit à ignorer tout ce qui la regarde, ou à douter de tout ce qu'on nous en a dit. En effet, le prince Maxcnt, un des principaux acteurs de la pièce, ferait presque croire qu'elle cul la tète tranchée sous le tjran Maxcnce. Nous ignorons ce qu'étaient Barbentius, Erosabeia (2) qui partagèrent avec elle la gloire du martyre , près la ville de Pont-Saint-Maxcnce, au diocèse de Bcauvais. Louvet conjecture que sainte Eusebie , dont nous avons fait Eusoie, à laquelle nous devons la découverte du corps de saint Quentin, était une des compagnes de sainte Bcnoitc (3). Nous pensons qu'on pourrait bien en dire autant de sainte Maure et de sainte Brigide, que l'on fait venir d'Ecosse avec Hispadius, leur frère (4), auxquels on joint ensuite Ursicinus, Aldcgondc, Jean, Victor, Johel et Gerontius, tous martyrisés à Bas-Lagnv , en Beauvoisis. Ces différents martyrs n'étaient peut-être que des solitaires et des vierges consacrés au Seigneur, que les Barbares allaient chercher dans le fond de leur retraite.

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