CXXXVIII
SAINT F1RMIN, CONFESSEUR, ACHÈVE LA CONVERSION DES AMIÉNOIS ET TRAVAILLE A CELLE DES MORINS.
Comment au milieu de tant de troubles , d'agitations, de ravages, de cruautés, les lois des empereurs contre l'idolâtrie pouvaient-elles être exécutées? Comment les évèques pouvaient-ils en sécurité parcourir les campagnes pour instruire les peuples ? Il se rencontra cependant des hommes vraiment apostoliques, que la grâce de Jésus-Christ rendait supérieurs à tous les obstacles, qui surent profiter de quelques intervalles pour travailler à déraciner dans leurs diocèses les restes du paganisme. Tel fut saint Firmin, confesseur, évèque d'Amiens. Plein du feu de la charité (2), il allait de ville en ville, de bourg en bourg , depuis l'extrémité du pays des Morins jusqu'au pays de Caux , portant la lumière de l'Evangile aux peuples féroces et barbares qui habitaient les côtes de l'Océan. Il en convertit la plus grande partie, détruisit leurs temples, renversa leurs idoles: pas loris cura sollicitus lustrabat urbes et municipia sibi commissa .- quem Morinenses , Pontinenses (Pontivcnses) , Pinniacenses (V immavcnsesj , Talamenses quoque atquc Caldenses et Barbari quique circa maris littora degentet, primûm cum hostili animo et perversa mente susceperunt; poslmodum cûm paulatim verbum Dei insinuare cœ pisse t pars maxima trucis et barbari popuii , reliotis idolis t Christo subjecla est. Sicque fana corum nonnulla destrurit, idola quoque ditersi gencris , ubicumque invertit , funditûs su brut t. Il est indubitable que la capitale de son diocèse avait tiré de plus grands fruits encore de son rèle apostolique. Les Amiénois déclarent, en effet, sur la fin du xi.' siècle, que leur ville était redevable au saint prélat d'avoir été délivrée de l'esclavage du démon et régénérée dans les eaux salutaires du baptême : dum primitus hanc urbem à oultu dœmoniacœ servi tutis erueret, et per salutis lavacrum.... uni viro Christo copularet. Ce témoignage est consigné dans une charte donnée, en 1085, par l'évèque Roricon , en faveur de l'abbaye de Saint-Acheul (3).
(I) D)id., t. ti, p. 9SS. (S) Gtll. ChrW., U i, c. «M, imir.
(S) BolUadn «cl. 88., 1. 1, teplemb., p. 179, n.« 9.