‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 14 sur 294 · DE LEUR CAPITALE · texte numérisé non relu

DE LEUR CAPITALE

Quoiqu'alors le nom de Picardie fut reçu généralement pour désigner la province entière , cependant chaque canton n'avait pas encore quitté le nom de sa capitale. On disait l'Amiénois, le Beauvoisis, lcCorbiois, leLaonnois, le Noyonnois, le Ponthicu, le Soissonnois , le Vermandois, etc. Cette distinction était nécessaire afin de ne point confondre les vassaux d'un comté avec ceux d'un autre. Nous voulons parler du temps où tous les vassaux de la couronne étaient obligés de se rendre à l'armée du prince, accompagnés de ceux qui tenaient des fiefs de leur mouvance. C'est pourquoi, en 1054, le roi Henri I.er, suivant la chronique de Normandie (4), fist semondre cculx de Rains , de Soisson* , de Lannoit , de Vermendois, de Flandre* , d'Artois , d' Amiénois , dePontieu, de Noyonnois etde Beauvoitin, à estre et comparoir à certain jour à Beauvaù. Aussi voyons-nous (5) dans l'armée que le roi Philippe I." fit marcher en 1071 , à Cassel , au secours de Richilde , comtesse de Flandre : Rocincnse» , ceux du comté de Roucy ; Nopiomenses, ceux du Noyonnois ; Torotenses, ceux de la chatcllenic de Torote; Cocinienses, ceux de la terre de Coucy ; Quintinienses , ceux de Saint-Quentin ; Corbeientes, ceux du Corbiois ; Peronenses , ceux de Péronne; Negilicnses , ceux de Neslc; Montiacutenses , ceux de Moutaigu en Laonnois ; Ribelmontcnses , ceux de Kibemont ; Suessionenses, les Soissonnois, etc.; et dans l'armée de la comtesse, Atrebatenses ,lcs Artésiens ; Audomarenses , ceux de Saint-Omer ; Bolonienses, ceux du Boulonois ; Ard enenses, ceux de la baronnie d' Ardres ; Sancti polemet, ceux du comté de Saint -

(1) Ctnluui AoUq.. lect. S, * , p. SU , MU. 17». (4) Rer. Franc. *crip(., loin, u, p. 340.

(«) Marteone. Tbw. anecdol., loin, m, coi. 148. (5) Ib.. p. Ml.

(I) G\oi$. m mol Picardiâ.

Pol ; Gisnenses , ceux du comte de Guines ; Tornelienses plutôt Tornehenses , ceux de Tomehem , etc. C'est pourquoi les pays de Vermandois , de Biauvoisis , d ' Artois t de Pontieu , sont dénommés dans des lettres rojaux de l'an 1314. C'est pourquoi enfin on lit dans d'autres de Louis-le-IIutin . de l'an 1315 : Li nobles des pays de Vermandois, d'Artois, (TAmiénois, de Biauvoisis, de Courbiois, dePontif, etc.

Il est plus que vraisemblable que les livres des héraults d'armes , appelés Provinciaux, ont perpétue ces dénominations particulières. On y écrivait les noms des nobles de chaque canton , marche en terme héraldique , c'est-à-dire province noble. Ainsi , suivant l'un de ces registres rédige vers l'an 1 350 , on disait : La marche d'Amiens, de Beaucais, de Corbie , etc. Chaque marche avait son Roy ou héraut d'armes subordonné au Roy d'armes des François , nommé Montjoie. Le livre de Navarre , hérault du roi de France , composé vers l'an 1 380 , fait encore mention des pays de Vermandois , de Beauvoisin , de Pontieu, d'Artois , de Corbiois , etc. Il est parlé aussi des Poihiers dans un ancien cérémonial français rapporté par H. Du Cange , où il s'agit de la publication des tournois. Ces Poihiers sont les nobles de la châtellcnie de Poix , canton de l'Amiénois.

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