‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 143 sur 294 · CLXI1I · texte numérisé non relu

CLXI1I

SAINT AMAND FAIT LES FONCTIONS APOSTOLIQUES DANS LE LAONNOIS, LE N0Y0NN0IS ET LE BEAUV01SIS.

Saint Amand, l'un des grands prédicateurs du vu.* siècle, avait été formé de même dans la solitude. Il fut ordonné, vers l'an 626 , évéque régionnaire , c'està-dire pour aller, comme les apôtres, prêcher l'Evangile aux peuples de diverses nations qui étaient encore dans l'idolâtrie, acoeptoque pontificatus honore gentibus verbum evangelizare cœpit domini (3). Saint Aichar, évéque de Noyon et de Tournay , le chargea (4) de faire les fonctions apostoliques chez les Gantois , peuple barbare et tout dévoué aux idoles. Saint Amand, persuadé que le moyen le plus sûr pour détruire le paganisme était d'établir des monastères, en fonda un grand nombre de la libéralité des rois et des évêques. Il vint en 660 trouver le roi Childéric qui était à Laon pour obtenir de lui l'agrément de bâtir un monastère à Barisy, en Laonnois, ad dilatandum itaque divini cultus obsequium (5). Ce fut par le même moyen , sans doute , qu'il bâtit celui de Machemont sur les confins du diocèse de Noyon. Allant un jour visiter ce lieu, il se mit à prêcher

(I) Htdr. ValM., défera, debuklicl*. p. 119-IM. (4) lbtd., p. TU, n.« II.

(%) Art. 9S. Bened.. ix. n, p. 17, n- S9 p. lis. ». (*) Boltwd., M*. SS., • frtr.. p. M», n.« 60.

(3) Ibid., p. 713. n.'S.

dan* les environs , suivant sa coutume : cumque, ut more» habebat, evangeiizandi gratté loca finitima cirouiret. Il rencontra à Resson-sur-lc-Mas (1) et non sur l'Aronde, comme portent ses actes, au pays de Beauvoisis, une femme aveugle qui lui fit l'aveu que son accident Tenait de ce qu'elle avait mis sa confiance dans les augures et dans les idoles. Elle lui montra un arbre auquel elle rendait un culte idolatrique : quod auguria tel idola semper coluerat. Insuper attendit ci locum, in quo prœdictum idolum adorare eonsueverat, scilicet arborent quœ erat dœmoni dedioata. Saint Amand l'obligea de l'abattre. Elle fut guérie aussitôt.

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