CLXXXIII
SUPERSTITIONS TOUCHANT LES JOURS HEUREUX ET MALHEUREUX ET TOUCHANT CERTAINS RÉGIMES PLACÉS A LA TÊTE DES LIVRES LITURGIQUES.
line foule de superstitions plus absurdes encore et plus déshonorantes pour la religion pure , fut ressuscitee de même vers la fin du ix.* siècle. Nous commenta Bec. d'anUq., I. »i, p. toi, pl. cm, o." G tt 7.
ceroDs par les superstitions physiques, si l'on peut parler ainsi. La philosophie des Arabes avait introduit chex nous des règles de médecine pour la conservation de la santé, suivant les saisons et les mois, et la distinction de certains jours sinistres et périlleux, qu'on appelait jour* aegyptiaquei . Le premier et le sept de janvier, par exemple, étaient à craindre. Il fallait pendant ce mois manger chaud et des choses liquides, ne pas trop boire, prendre les bains et se faire saigner; selon d'autres, il s'en fallait bien donner de garde, prendre certaine potion faite avec des plantes qui sont indiquées. Ainsi des autres mois. Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que le détail des saignées, des remèdes et d'autres choses que nous n'osons nommer, se trouve dans les calendriers des livres ecclésiastiques. Nous voyons ces impertinences mises en vers à la tète d'un obituaire de la cathédrale de Soissons du ni.* siècle (1), dans le calendrier du Missel de la cathédrale d'Amiens (2), imprimé à Paris en 1555. Ici le texte qui est à la téle de chaque mois en un vers et un demi-vers , a sa glose en quatre vers à la fin de chaque mois. Mais l'un et l'autre directoires superstitieux n'entrent point dans un aussi grand détail que le recueil écrit en 1208, à Saint-Omer, en langage vulgaire (3). L'abbé Le Bœuf l'a tiré du MS. coté 218 du collège de Navarre. Cependant les recettes que nous donnons d'après un MS. du xiu.* siècle de l'abbaye de Corbie, sont encore plus étendues (4). Ces idées bizarres, touchant la médecine, commencèrent à avoir vogue au ix.' siècle. Car Pardulfc (5), évéque de Laon, conseilla à Hincmar, qui relevait de maladie, de se donner bien de garde de manger des petits poissons le jour qu'où les aurait péchés, comme de toute sorte de viandes fraîches, soit de volailles, soit d'autres animaux tués du même jour, de lea bien saler avant que d'en manger, afin d'en sécher toute l'humidité ; de n'user que de la chair des animaux à quatre pieds et de préférer le lard à toute autre viande-, de s'abstenir surtout de persil ; l'assurant que sans ce régime il était difficile à un convalescent de rétablir la faiblesse de son estomac. Nos compatriotes sont revenus de ces idées folles; mais ils n'ont pas encore renoncé, les gens de la campagne surtout, à la croyance superstitieuse que lorsqu'une personne expire, son âme va se laver dans l'eau qui se trouve dans la maison ; c'est pourquoi au moment de l'agonie, on a grand soin d'en faire provision de nouvelle et de la jeter, aussitôt les derniers soupirs rendus; qu'en laissant une fosse ouverte du jour au lendemain, il mourra dans la même semaine quelqu'un de la famille du défunt ou des habitants de la paroisse. M, Saint-Bel vacque, curé de Mauencourt
(1) Pimt.. p»rt. 1, p.... d.« ... (i) Ibtd., ptrt.t, p.... d.' ...
(J) Ibtd.. p»rt. ». p.... n.« ... {i) Hincw. oper., t », p. >SS.
(3; Ibtd., ptrt. S, p.... n.« ...