‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 191 sur 294 · ET DE SAINT NICOLAS · texte numérisé non relu

ET DE SAINT NICOLAS

La superstition ayant trouvé moyen de se perpétuer ainsi en certaines fêtes, plutôt qu'en d'autres, la Teille et le jour de saint Martin , que 1 on regarde comme le second apôtre de la France , et le premier saint à qui l'on ait rendu un culte public (1), ont été déshonorés par des débauches et des profanations, c'est-àdire par des foires, des jeux et ce que l'on appelle le vin de saint Martin. L'église eut bien de la peine à remédier à ces abus. Le peuple de Picardie n'y a pas encore renoncé tout à fait. Les fêtes de sainte Catherine et de saint Nicolas étaient aussi , moins des sujets édifians pour la jeunesse, que des occasions favorables à la superstition et au libertinage. A Péronne, l'on faisait des danses dans la grande école (2). L'on y introduisait des mimes, des histrions; les femmes se mettaient de la partie; ce qui causait un grand scandale. Le chapitre de Saint-Furay , par délibération du 10 juillet 1529, permet seulement aux écoliers de chanter des vers, de jouer des comédies et de faire d'autres jeux décents et honnêtes.

A Corbie, l'abbé fait une courtoisie à l'évèque de l'école des enfants, qui donna la bénédiction à table devant lui le jour de saint Nicolas (3). En 1460, l'évèque des enfants de l'école reçoit une gratification, pour avoir béni la table, l'abbé présent , le jour de saint Gentien (4).

A Amiens, la fête de saint Nicolas dès l'an 1201 , était un diminutif de celle que les vicaires de la cathédrale faisaient le I de janvier (5). Le rétable de l'autel et les châsses étaient découverts. Deux vicaires, en chapes de soie verte tenaient le chœur. On chantait à la messe le Kyrie farci cunctipoUsns, le Gloria in excelris, avec l'addition Sedentem in tuperne. Le concile ou plutôt l'assemblée des chapitres de la province de Reims de l'année 1412 donne un écu à l'évèque de saint Nicolas, qui était un enfant de chœur des Dominicains de la vilk de Saint-Quentin, où se tenait l'assemblée (6).

A Senlis, les vicaires de la collégiale de Saint-Rieul faisaient, la veille de saint Nicolas, un régal auquel on avait donné le nom de Sospitati , qui était

fl] Mon» de Rebut litnrg., lib. 1. fap. I». (4) Compte de celle 1

(!) rW.. part. I. p.... ...... (1) Pret|ï.( ^ „ . „

(S) Compte de UtS de I ebb. (6) Ibid., p..„ „...,

le premier mot d'une antienne du saint. Pour cet effet , le chapitre , par délibération du 5 décembre 1510 (I), leur accorda un écu afin qu'ils fissent le Sosfitati, suivant l'ancien usage. Un écu d'or en 1020. Trente-deux sols parisis en 1526. On voit par un compte de l'an 1537 qu'il avait été dépensé six livres trois sols la veille de saint Nicolas, au dîner et au souper du Satpilati , auxquels avaient assisté tous les chanoines. L'usage du Satpitati est confirmé par une délibération du 3 décembre 1567. Il est dit dans une autre du 6 décembre 1649, que les vicaires tt les habitués auront soixante sols, comme il est d'usage, pour faire le Sotpiiati. La mémoire du Sotpitati de saint Nicolas n'est point encore absolument effacée , quoique l'antienne ne se chante plus. Le doyen donue une quarantaine de sols aux enfants de chœur pour faire la saint Nicolas. Eu bien des endroits de la Picardie, on promène encore par les rues un enfant habillé en archange,

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