‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 192 sur 294 · DANS L'ÉGLISE D'AMIENS · texte numérisé non relu

DANS L'ÉGLISE D'AMIENS

Pouvait-on voir indécence plus grande que les exclamations , ou Truffes , comme les appelle le concile de Narbonne, de l'an 1551 (2), que faisaient les chantres des églises cathédrales et collégiales à certains mots hébraïques des psaumes. Dom de Vert (8), prieur de Saint-Pierre d'Abbeville, nous apprend que l'usage d'élever la voix au mot Moab n'était point encore proscrit de la collégiale de Saint- Vulfran de son temps. Ce n'est qu'en 1 758 qu'on a cessé absolument dans l'église de Noyon de changer le ton des psaumes , oh se trouvait le mot Moab, et autres mots hébraïques de cette espèce, soit en chantant, soit en psalmodiant, comme nous l'a appris M. Sézillc, chanoine et théologal de cette église. Nous citerons un acte capitulai re du 28 avril 1403 qui le défendait. Nous doutons que le règlement du chapitre de Saint-Fursv de Péronne du 17 février 1 580 ( 1 581 ) , touchant le même objet , ait été observé aussi bien que celui du 16 mars 1522, du chapitre de la cathédrale d'Amiens, qui défendait les obits si filés, c'està-dire les sifllemcnts que l'on faisait pendant certains obits. Les enfants commençaient et tout le chœur se mettait à siffler au plus fort. Le bruit des chaires du chœur, le sifflement à l'entrée des chanoines, des chapelains et des vicaires, ou qui paraissaient au chœur sans barbe , car c'était l'usage alors de la porter longue ,

(I) PreoT., part. I , o.\.. (9) Eiplk. de* eértro. d« la amas, p....

(t) CoDcil. Labb.. u «. col. sa, eau. M.

ou qui y entraient tard , n'était pas moins scandaleux. Cet usage a dure dans l'église d'Amiens jusqu'au 16 janvier 1553(1).

CCXYIII.

Page 1