‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 198 sur 294 · L ORAGE · texte numérisé non relu

L ORAGE

pitre de Noyon du 28 avril 1403 , il est défendu aux chantres de faire du bruit avec les stalles et des hurlements au mot Moab et à d'autres de cette espèce, sous peine d'excommunication. Défense est faite le 17 février 1580 (1581), par le chapitre de Péronne, aux vicaires, de faire aucune exclamation aux mots hébraïques. Charlemagne, par son capitulaire de l'année 780, défend de pendre des morceaux de parchemin au haut des perches , contre la grêle , et au même article, de baptiser les cloches : ut cloca» non baptizent, nec charta» pet pertica* appendant propter grandinem (2). Ainsi cette manière de parler : baptiser une cloche pour dire la bénir, nous vient de la même source que l'usage d'attacher à une perche ou à un pieu un morceau de parchemin pour écarter l'orage.

Nous avons vu que le pape Innocent III avait condamné les spectacles dans les C0>T1E LÏS MT!(TE. églises; que le concile de la province de Reims, assemblé à Soissons en 1456, ses ot jeox de avait banni les jeux de théâtre des lieux consacrés à la piété et à la modestie. L'assemblée de 1412 des chapitres de la même province défendit aux ecclésiastiques ce qu'elle appelle Riio bona», non seulement dans les églises durant l'office divin, mais aussi parmi les villes (3). C'était tout ce qui pouvait prêter à rire. Antérieurement le chapitre d'Amiens avait porté son attention sur la première partie de cet objet. Il est ordonné par un statut du 15 janvier 139J, qu'on n'accordera plus la |iermission de faire des farces dans le choeur de la cathédrale , mais seulement d'y faire des jeux suivant l'ancienne coutume, comme il est marqué dans les livres (4). Les chanoines de Noyon, par acte capitulaire du 23 décembre 1538, firent défense de représenter à l'avenir dans l'église cathédrale le Myttère de la Béguine, comme on avait coutume de faire tous les ans, parce que c'était une occasion de tumulte et de scandale. Les insolences qui avaient été commises dans la même église la veille de Noël 1626, à la représentation du

(1) Prmit.. part, u, n.\... (S) PreuT., ptrt. I, n.*...

(») Don, Bouquet, Benim Franc, «rrip., t. ?, (4) Preu*., part. M,

p. 650. art. 18.

Jeu des Anges, qui veillaient la nuit autour de la crèche , les portèrent à supprimer aussi ce spectacle en 1667.

Ainsi il a fallu des lois sévères pour détruire , ou du moins diminuer tous les désordres que la simplicité de nos pères avait introduits. C'est ce qu'a fait l'église qui, loin de les autoriser, s'y est toujours opposée, comme nous venons de le faire voir, en maintenant parmi ses enfants une discipline éloignée de toute superstition. Car il ne faut pas prendre les abus établis dans quelques églises particulières , pour des preuves que les folies païennes aient été sanctifiées par lu religion chrétienne. Toujours elle a tâché de les siipprimcr. S'il en est resté quelques-unes, elles se sont cachées, ou sous un prétexte de religion, ou sous l 'apparences de secrets physiques.

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