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PREMIÈRE BRANCHE DE LA VOIE MILITAIRE

de reims a moknnam De la voie militaire de Reims à Boulogne sortirent différentes branches on Aoxttrcu. de chaussées, pour avoir la facilité de communiquera tous les lieux principaux de la province de Belgique. « La première, partant de Reims, sorloit aux champs, » dit Bergier (1), par l'ancienne porte de Mars, tirant à main dextre droit au » Crcn de Brimont. C'est-à-dire à une large ouverture de montagne autrefois faite » par les Romains près du village de Brimont , pour donner un passage de plain

» pied au chemin Ce chemin qui est tout rompu en cet endroit, porte delà

» son étendue en droite ligne au Pont-Givar (sur la rivière de Suippe) , Neuf- » Chastel, Lor, Nisi-le-Comte , Youzi , Taveau , Moutigny, laissant Mont-Cornet » en Ticrrache à main droite. » Par conséquent, Muennam, erreur de copiste dans l'Itinéraire d'Antonin et Auxenna de la Table Théodosienne étaient ce que nous appelons aujourd'hui Ncuf-Chatel, et en même tems la première station marquée à X lieues gauloises ou onze mille trois cent quarante-trois toises de Reims et dans l'Itinéraire et dans la Table. Il ne faut pas oublier que l'auteur de l'Itinéraire part de Bavai.

d'aoxenna a minati- La chaussée de Neuf-Chatel va passer sur la gauche de Lor et se rendre à la cum ou ninttbaci. seconde station nommée MinaHcum dans l'Itinéraire, et NinUmci dans la Table : deux noms qui indiquent bien faiblement le village de Nisy-le-Comte , ils conviennent cependant à la position de ce lieu, relativement à Vervins, dont la distance est de treize lieues gauloises dans l'un et l'autre monument. M. d'Anville (2) observe qu'il a une dizaine de trop dans la somme des lieues gauloises

(l) Gr. cfcem. de lEmp. . lirrc S, chap. 99, n." 11. (S) Notice* I* Gauk, p. M*.

de Minaticum à Muennam de l'Itinéraire: que celle de IX de la Table y revient mieux. La chaussée est ensevelie absolument sous les marais de Nisy.

Après avoir passé au pied de la ferme du Haut-Chemin, Alta-via, elle va de miumci a c*faire la séparation des terroirs de Boncourt , de Dizv , de Liommcs , de Lapion , tmiaciw. de Lislet, de Buissi et de Chaours , comme il paraît par une bulle d'Alexandre III, du 5 avril 1179, dans laquelle cette chaussée est appelée Pirgus Romanut (1). Elle est nommée dans un traité fait en 1 192 entre les abbayes de Saint-Denis en France et celle de Cuissy, voie publique, et chaussée de ceux qui vont à Rome.

A metà que dicitur via publica et Pirgo Romam euntium Que meta dividit

territorium Berne curtis, territorium de Dizy et territorium de Choeur sia. Un bornage des mêmes terroirs de cette année 1192 (2) dit la même chose; c'està-dire qu'au lieu d'aller droit à Mont-Cornet, elle tire sur la gauche, non pour passer à Montigny-lc-Franc et à Tavaux , comme l'avait cru Bergier d'abord (3), il s'est corrigé quelques lignes après; mais pour passer la rivière de Serre à Catusiaoum, Chaours, sur un pont qui a conservé le nom de Pont- Cailloux.

<c Catusiaoum , dit Bergier, pourrait bien être Chaours, assis à un quart de « lieue au-dessus du Mont-Cornet, distant de Vervins de trois lieues, qui répon- » dent aux six milles de l'Itinéraire. »

C'est aussi le sentiment de d'Anville (4). Cette troisième station ne parait pas dans la Table Théodosicnne. L'Itinéraire d'Antonin marque VII mille pas (VII lieues gauloises) de Minaticum à Catusiaoum et VI de là à Fcrbinum, Vervins. La Table ne met point de station à Chaours , mais elle compte de Nintteaci à Fironum XIII lieues gauloises, ce qui revient à la distance de Vervins à Nisi.

De Chaours , la chaussée va passer à Vigneux Haris et près d'une ferme dite »B catosucdh a la chaussée d' Haris. Elle sert de limite au terroir de Cambronnc, suivant un an- vnBnroa oo vicien ceuilloir des cens et rentes de l'abbaye de Thciiaillcs (5) •„ Inier Caleeiam w>m». et domum, etc. et arrive à Vervins. C'est la quatrième station selon l'Itinéraire, et la troisième selon la Table, parce qu'elle n'en fait qu'une de Nisi-le- Comte à Vervins. Mais la somme des distances est la même dans l'une que dans l'autre, c'est-à-dire cinquante-trois lieues gauloises: iter a Bagaco Nerviorum Durocerlorum usque M. P. LUI. , ce qui décide absolument qu'il y a un X de trop à Muennam.

(I) PraiT. part. Il . d.- (4) NoUcedeta Gaule, p. SI8.

{*) Pwuy. , pan. Il . d.» (5) Cad. Tbenol. . r.- Cl

(3) Chap. 39, d.» 13.

de vmoatiM a bacaco A la sortie de Vervins , la chaussée prend le nom d'Etrée et donne son nom Niaviotc*. au hameau de la Chaussée Letrée, à la ferme d'Etraon, appartenant à Saint- G)rnei)lc de Compiègne, dont il est fait mention dans un cartulaire de cette abbaye ( I ) : domus nostre de Straon ad Calceiam de Fretins , et au village d'Etréeau-Pont: Galeti, dit le cartulaire de Thenailles (2), loco qui dioitur au trou M il art, inter Calceiam per quam itur d' Etirées à Vrevin.

Nous oublions de dire qu'au sortir de Vervins, la chaussée passait à Haute- Bonde, rillage qui indique qu'il y avait là une colonne militaire. Ce village est omis dans la carte de l'Académie.

Avant que d'arriver à Etrée-au-Pont , elle traverse deux rivières; d'abord le Ton, ensuite l'Oise, vers le confluent de ces deux rivières. A la sortie d'Etrée elle passe au pied d'une montagne *ur laquelle Saint-Eulogue fut inhumé. Cette montagne, disent les actes de ce saint , était entre la chaussée et l'endroit où la rivière de Sommeron se jette dans l'Oise au-dessous de Gergny : In quodam monte juxta aggerem publicum super fluvium nomine Someron eo in loco ubi confiait in Oesiam.

De là, elle va passer à Frait-Etrée, Fracla-Strata, suivant un titre de l'abbaye deThenailles (3) de 1224, et non Froid-Etrée, comme on le prononce aujourd'hui. Sa direction, en effet , parait brisée en ce lieu pour gagner la Capelle , la Flamengerie, après quoi, elle sort du diocèse de Laon et aboutit à Bavai. L'on compte de là à Reims soixante-une mille toises ou environ.

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