DANS CET ESPACE. H ' ... I J
la justice dans la ville et les faubourgs), de la voie militaire se détachait au endroit une huitième branche de chaussée dite Brunehaut, dans le titre que nous venons de citer, (Item in burgo S. Chrittophori in domibut et locis qui tunt à fox sis ville ex parte ripa rie legendo viam diotam de Brunehaut in dextra utque ad força m clericorum et hinc directe ad iter de Pommier* et per illud veniendo ad portant atinorum.) qui laissait à droite le château d'Albâtre, pour aller traverser la rivière d'Aisne sur un pont qui est appelé le Pont vert, Ponverti, dans une charte de 1195.(5), dans une autre de l'abbaye de Saint-Crepin-en- Chaic, Pont vert, au mois de Janvier 127 i (6), et Ponte viridi dans un titre du
(I) Maldrae, Citron. Lonpponl.. p. 173. (4) HiU. do Vsloil, 1. 1. p 76.
(S) Prrovf., p*rl. I. n\ (4) Prea?., part. Il, o».
(S; CM. 8. L«xJ. sue*»., fol. 4». r. (S) Ctrl., fol. 14,
mois de juillet 1315. 11 paraît par un autre du mois d'avril 1231 (I) de Raoul, comte de Soissons, en faveur de l'abbaye de Saint-Crépin de Chaye, que ce pont était construit vers le bac de Pommiers : In terrilorio de Pommier», a via qua dicitur Pont-Ferd , quœ durit ad villam de Valresis usque ad ftnem villœ de Pommier». Après avoir traversé la rivière, on trouve un lieu dit Estrcllet , où fut donné, au mois de janvier 1271 déjà cité, une pièce de vigne à Saint- Crépin-en-Chaye. La chaussée ne paraît plus dans la vallée de Vauresis qu'elle coupe. Elle fait la séparation des terroirs de Chavigny, de Juvigny, de Beuxy. Les deux colonnes milliaires que l'on voit encore aujourd'hui dans le village de Juvigny, l'une dans le cimetière de la paroisse , l'autre sur la place publique, proviennent vraisemblablement de cette chaussée. Elles ont été tellement négligées, qu'à peine l'abbé Lebeuf a-t-il pu déchiffrer quelques lignes de l'inscription de l'une et quelques mots de l'inscription de l'autre (2).
L'inscription la plus maltraitée avait quatorze ou quinze lignes , dont il ne reste que quelques mots de lisibles, entre autres la distance de sept milles de Soissons ; ce qui fait voir qu'elle était plantée vis-à-vis Juvigny ; c'est-à-dire à deux lieues environ de Soissons. Il est surprenant que cette colonne soit marquée par milles , tandis que l'autre et les deux de Vi-sur-Aine, dont nous avons parlé, comptent par lieues. L'abbé Lebeuf (3) semble conjecturer du mot Abtariis , que cette colonne était relative à quelques défrichements. La seconde est un peu moins maltraitée. Voici comme il faut lire :
Le nom de l'Empereur Septimc Sévère, joint aux titres que ses victoires lui ont acquis, indique que cette colonne a été dressée au commencement de l'ère chrétienne, dans le même tems que celle de Vi-sur-Aine, dont l'époque est plus certaine. Comme les chiffres qui marquaient les lieux sont effacés, nous ne savons
IMPERATORE CAESARE LCCIO SEPTIMO SEVERO PIO PERTINACE AUGCSTO ARABICO ADIABENICO PARTI] ICO MAXIMO IMPERATORE H. ACRELIO
. . . CONSCLE.
ICO
PRO CONSOLE . . LEUGAS.
(I) RegMul, HiiL da Soi»., preav., fol. 1», r*. (S) Diueitalioa rar ïbul. d* Ptrii, I. u, p. 117 et 118.
(3) lbid., Ht.
où la placer, à moins que ce ne fut Grande-Bonde, située sur le bord du terroir de Bonne-Maison , dont il est parlé dans un ceuilloir de cens de l'abbaje de Nogent-sous-Coucy , de l'année 1296 (1).
La chaussée descend dans la vallée de Bagneux , où les Romains avaient des bains, comme nous l'avons déjà dit, par conséquent une habitation. Elle monte la montagne vis-à-vis la ferme de Mont-écouvée ; de là jusqu'à la ferme de Bailly, elle est bien marquée, formant une terrasse tapissée de verdure. Nous avons observé qu'elle était formée dans tout cet espace de pierrettes qui proviennent des roches très-dures que produit le pays. Les bordures sont faites de gros moëlons de ces mêmes roches. La terrasse paraît avoir eu vingt pieds de large. Passant sur le terroir de Mareuil, elle y est indiquée sous différentes dénominations, dans un dénombrement du fief de Bayne, servi dans le siècle dernier, au seigneur de Coucy, par M. de la Vcrnade. « ... Item le grand champ nommé le Bayne... » tenant d'un lez vers Bagneux aux terres de Liéramont, d'un bout à la chaussée » Brunehaut. »
En séparant ensuite les terroirs de Crécy-au-Mont et de la ferme de Bonne- Maison et côtoyant le premier, elle y est nommée Cauchie, Haut-Chemin, comme il parait par le livre des cens de l'abbaye de Nogcnt, f." 97 r.*; il y est question aussi du mont Liêrnonval , elle laisse la ferme Baillj à droite , pour descendre à Pont-St.-Mard , ainsi nommé du pont construit sur un ruisseau qui va se perdre dans la rivière d'Elcttc. L'église du village est bâtie précisément sur la chaussée. Le livre de cens déjà cité (2) indique sur le terroir de Pont-St.- Mard, deux cantons, savoir: Beeloy et Cateloy , qui servent de renseignement touchant le passage de cette chaussée.
Elle est ensevelie sous des marais depuis Pont-St.-Mard jusqu'à la rivière d'Elette. Au-delà , elle entre dans le bois de l'abbaye de Nogent. Le bois ayant cru dessus, on ne peut en bien apercevoir la direction que de la ferme de Bailly. De là on la voit tracée, pour ainsi dire, sur la cime des arbres, qui est bien plus basse que la tête de ceux qui ont cru sur les côtés. Elle traverse le parc de Folembray et le bois de Cincenis, ou la Baste-Forét. En passant dans la basse forêt , elle y est nommée l'Etrée de Chauny à Soissons , comme il appert par un traité fait en 1222, entre le seigneur de Cincenis et la collégiale de Saint- Quentin (3) : Alia vero part dicte terre ett in forettello , versut itratam Calniaci etSuetrioni». Elle en sort près le moulin de Rouy, va passer un ruisseau dit le
(I) Liber censnum. fol. W, r. (S) C«rtal. S. Quint., nol. 0, p. 78.
(«) IMd., fol. Sf, r».
Plcbcau et ensuite la rivière d'Oise à Condren, Contra-aginum , non à Chauny, comme l'a pensé M. de Valois (I). Ce lieu où l'on voit encore des vestiges du pont sur lequel la chaussée passait, est la première station, après Soissons, marquée dans l'Itinéraire d'Antonin. Il compte de là à Soissons XIII mille pas (XIII lieues gauloises), c'est-à-dire quinze raille toises environ.
A la sortie de Condren, la chaussée passe dans un champ qui est appelé le decondsen asaintchamp de la Chauttée dans le livre des cens de l'abbaye de Nogcnt (2). De là , clic «™ntin. chiqué™ va passer entre le village et le moulin de Voel, Fia Lata, et à peu de distance "aASCHt Dt tETTE