‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 232 sur 294 · VINGTIÈME BRANCHE DE LA VOIE MILITAIRE · texte numérisé non relu

VINGTIÈME BRANCHE DE LA VOIE MILITAIRE

deuxième d'amiess. La seconde branche partait d'Amiens par la Hautoye, ou mieux la Haute-Voie he cette vilh a (Alla via) , suivait le faubourg de Ham où elle passait la petite rivière de Celle. saint - vAiEiï, a \ la sortie de ce faubourg, elle tirait sur la gauche, du côté de N.-D. de Grâce, AtAV,UE entrait dans des bois et allait traverser la forêt d'Ailly-sur-Somme. Elle est nommée la Voie dure , dans une charte du seigneur d'Ailly portant dotation d'une chapelle audit lieu, au mois d'avril 1257 (1). Elle laisse Fonrdrinoi sur la gauche, va droit au Mège où elle passe une petite rivière qui vient de Drcuil, et ensuite au Qucnoy. Elle est détruite dans tous ces endroits, mais elle commence à reparaître entre le Quenoy et Airaines. M. le curé d'IIangcst-sur-Sommc nous a mandé qu'elle était formée en cet endroit de différents lits de cailloux , de pierrettes et de sable.

(I) Pronv..|Mrt. II, n.»

A la sortie d'Airaines, cette chaussée fourche la première division, Ta à peemièie division de Allery, passe entre Mérélessart et Viri, (un papier terrier de Mérélessart fait en «ttb chaussée ti- 1694 en fait mention en plusieurs endroits, sous le nom de chaussée Brunehaut), ast.-vaierv. et à Forceville. Elle fait un coude entre Oisemont et Tilloy pour aller passer dans Cérisy-Bulcux , dans Hcrvcloy, dans le bout de Martenneville , dans la vallée de Vîmes, dit le Val-Sainte-Marie où clic est nommée Chemin de la mer un aveu de Jean de Caycux, seigneur de Vimes, du 4 novembre 1388 (1). même peut n'être qu'un composé des mots latins Fia et Maris. Elle longe ensuite entre le Ploui et Visme-Mont ; d'où elle monte à Tours, où était un temple payen , comme nous l'avons dit : et de là à Arrêt pour rejoindre la chaussée de Heauvais à la mer.

La seconde division à la sortie d'Airaines, va à Voirel qui est composé du mot deuxième m vision Foie, à Oisemont, au moulin de Ramburcllcs, laisse le Tranloy et le Bus-Mcnart tiiart a dieppe. sur la droite, coupe la chaussée de Beauvais à la mer entre ces deux villages et arrive à Gamachcs sur la Brcslc, en côtoyant les bois de Séry. Elle est indiquée eu plusieurs titres depuis Gamachcs jusqu'à Oisemont : Totam terram quœ est inter Calceiam et domum de Gattine Domini met , (charte d'Eus tache d'Hélicourt de l'année 1190, en faveur de la léproserie du Val de Bugny). Quatuor viginti unum jugera terre siia inter Fremicort et viam publioam quœ duoit ad abbatiamin Bosco ad Bus-Menart (2), (lettres de l'an 1203 de fondation de l'hôpital de Bouvancourt). « L'advouant a droit de travers dans la » dite chatellenie entre les Reins du bois de Séry et les Reins du bois de Horival, » sur deux chemins royaux. Le premier chemin venant de Dieppe, passant par » Gamaches, au Tranleel, à Oisemont, allant vers Amiens, » (aveu et dénombrement du fief de Tranloy, servi au Roi le 10 octobre 1378) (3).

M. Capperon, dans ses remarques sur l'Histoire civile et ecclésiastique de la troisième luvmos ville d'Eu (4), nous parle d'une chaussée ou plutôt d'un chemin militaire, qui, de la cuadssée d'asuivant lui, conduit d'Amiens (même, à ce qu'on dit, de Soissoms) directement à cette ",EN5 * M' ville, et qui se fait voir encore aujourd'hui relevé en forme de chaussée dans les lieux ou il passe. Elle aboutissait à une ancienne porte de la ville d'Eu, laquelle a toujours porté le nom de Porte de l'Empire , comme la rue qui y conduit le porte encore à présent; à cause de ce grand chemin des Romains qui venait s'y ter- Nous ne connaissons pas assez la ville d'Eu, ni ses environs pour décider

(I) IUg. du bureau de» finance! d'Amlcni , cote (S) Hig. du bateau de* Ooaace* d'Amieu , inprà.

Po»"1'*0- (4) Mercure de France , juillet 1730, p. 15U.

{») PrcuT.,part. II. v.

de la direction de ce chemin, du moins depuis cette ville jusqu'à Gamaches. Il est bien vrai que l'église de la Trinité d'Eu était située sur une chaussée: Eoclesia sanctœ Trinitatis de Auyo , quœ sita est in Caloeia (1), (titre du xii.* siècle de l'abbaye de Saint-Lucien de Beauvais); que l'ancienne et la nouvelle chaussée jusqu'au pont d'Herseudc étaient de la paroisse qui appartenait à l'abbaye de Saint-Lucien : Tota tupra dicta Caloeia vêtus et nova usque ad Pontem Hersendis matris Durand i parochia est sancti Luoiani Belvacensis (2), (autre donnée vers l'an 1 1 36) ; Eocletia Cal ceux Angi cum tota parochia veteris Cal ci œ et nova à Ponte Hersendis (3), (autre de Sanson , archevêque de Rbeims de l'année 1 1 37) ; Omnem parochiam veteris et nota Calceiœ usque ad Pontem Hersendis, (autre de l'année 1159 de Thiery, évèque d'Amiens); et que cette chaussée aboutissait au pont de Hcrsende, pont, chose remarquable, qui portait le même nom que celui qui était bâti sur la Somme à Saint-Quentin en Vermandois , sur lequel passait la chaussée de Rheims à Amiens. Mais par où cette chaussée de la ville d'Eu communiquait-elle avec Amiens ? Etait-ce en fourchant à Gamaches avec celle de Dieppe et en côtoyant la rive droite de la Breslc jusqu'à la ville d'Eu? Sub judice lis est.

Page 1