PORT DE MER A HANGEST-SUR-SOMME
Le P. Ignace Sanson (1) conduit aussi les eaux de la mer dans la vnllée de la Somme, mais seulement jusqu'à liangest. Il croit que sous l'empire romain la grande marée formait un port vis à vis de l'Etoile, village à quatre lieues audessus d' Abbeville , d'où elle se répandait ensuite jusqu'au village de Bourdon (on a découvert en ce lieu , fort avant en terre , de vieilles ancres et autres ustensiles de navire), et remplissait cette vaste prairie qui s'étend entre l'Etoile et Hongost. Nous avons été sur les lieux ; nous l'avons jugé en effet très-propre à former un beau bassin ; nous avons visité ce qu'on appelle le Camp de l'Etoile dont la situation , au sommet de la falaise septentrionale , domine sur toute la vallée : nous avons cru même apercevoir à l'extrémité méridionale de ce camp une plate forme, de figure ronde , qui semble avoir servi de base à une tour où était placé un fanal pour éclairer les vaisseaux ; c'est peut-être de ce fanal qu'est venu le nom de l'Etoile que porte encore ce village : la charte de fondation de l'abbaye de Corbie, donnée en 600, le nomme riderude , corruption du mot ridera.
Le même auteur rapporte que suivant d'anciens titres de l'abbaye de Saint- Riquier, la marée montait par la vallée où coule la petite rivière de Cardon , jusqu'au-dessus de cette petite ville ; et que pour empêcher les inondations de la mer d'intercepter la communication entre Saint-Riquier et le village de Berfeacles, les religieux firent construire un pont de fer à l'entretien duquel ils furent obligés , par arrêt du parlement , d'affecter une rente de quarante-huit septiers d'avoine, rente, dit-il, qui existe toujours propter incertum rei ecentum. Quoi qu'on ignore le lieu où ce pont était situé, le nom du bourg d'Airaines, en latin Arena , et du hameau de Mermont , Maris-Mon* , situés au-delà sont d'autres indices sinon du séjour de la mer, du moins du flux et du reflux dans la petite
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vallée de la rivière d'Airaines. La marée montait encore dans les dernières années du xu.« siècle, par la petite rivière de Nièvre jusqu'à Bertaucourt: car il est dit dans une notice des bienfaits que le comte de Ponthicu avait reçus , en 1190, du roi Philippe-Auguste , en épousant sa sœur, qu'il avait xv livres x sols ou environ sur les marées de Bertaucourt : Ad aquatio* de Bertauoort circiter xv libras et x solidos.