‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 29 sur 294 · CITÉS OU DIOCÈSES DE LA PICARDIE · texte numérisé non relu

CITÉS OU DIOCÈSES DE LA PICARDIE

Ses anciens habitants , épars dans les forêts , ne laissaient pas de former divers petits états distincts, que les Romains ont nommés cités (quand César se sert du mot de civita*, c'est pour signifier l'Etat entier ou la communauté des habitants d'un canton, par exemple: Trever&rum civita* Rhmum tangil... civita* Helvetiorum in quatuor pago» divisa e*t... quàd eo oppido capto (Avarico), civitatem Biturigum «e in potestatem redacturum confitebat... ne pulcherrimam urbem quœ etprœ$idio et omamento fit civitati, fui» manibu* tuccindere cogereniur; ici les habitants du Berri prient Verciugetorix de ne pas mettre le feu à leur ville, qui était une des villes de la cité de Bourges), et que nous appelons diocèse, c'est-à-dire un peuple, une totalité d'habitants unis par des liens qui les rendaient membres d'un même corps politique soumis aux mêmes lois , él attachés aux mêmes intérêts. Chaque cité avait le nom du peuple qui l'habitait : ainsi l'Amiénois portait le nom d'Ambiani; le Beauvoisis, de Bellovaci ; les habitants des côtes de la Manche, de Morini ; les Soissonnois, de Suetsiotme* ; lesVerraandois, de V sromandui. La cité des Sylvanecques est postérieure ù César, et parait avoir été composée, pour la plus grande partie , d'un démembrement du Soissonnois. Nous apprenons en effet que les successeurs de Tibère portèrent le nombre de ces districts de 64 à 1 15, en ôtant à plusieurs cités une portion de leur territoire , pour en former de nouvelles (1). L'ancienne cité de Soissons pourrait bien avoir contribué encore, avec celle de Reims , à la formation du Laonnois, territoire inconnu aux anciens Belges, puisqu'il ne date que de l'épiscopat de saint Remi. Au reste , le nombre de nos cités a dû varier , ainsi que les limites de la Belgique ; car, suivant César, les Belges étaient séparés des

Gaulois ou Celtes par la Marne et la Seine : Gallos a Bel gis Matrona et Se-

quana dividit (2). Et suivant Strabon, qui florissait sous Auguste , c'était la Loire

(X) Dotai . U*. de I* hmmmtc. franc-, lom. i , p. i. (S) De Bell. Gsll. . I. I , c. I.

qui lui servait de limite (1). En conséquence, il divise la Belgique en quinze peuples ou nations. Ptolomée, qui vivait plus tard, c'est-à-dire sous les empereurs Hadrien et Marc-Aurèle, lui donne vingt-neuf cités , et au commencement du v.e siècle , on en trouve vingt-trois dans la Haute-Belgique.

ces cités divisées Nous n'entreprendrons point de rechercher l'origine des noms de ces différents in l'oyi. peuples; excepté le nom de Morin* que Ton convient être venu du mot celtique Mot , qui signifie la mer , tous les autres sont très-incertains. Les anciens et les modernes ne nous ont donué que des conjectures et plus souvent des fables que l'ignorance et l'orgueil ont fait imaginer à tous les peuples pour relever leur origine. 11 suffit de donner pour une chose constante, que le district de chacun avait ses limites avant l'arrivée de César; que quelques-uns, comme les Morius, avaient plusieurs pays ou cantons Pagi ; que chaque canton avait un lieu principal appelé Oppidum. César en donne jusqu'à douze au SoUsonnois (2).

AUGUSTE CHANGE l/ANCIENNE DIVISION DE LA BELGIQUE.

La Belgique conquise, le général romain ne changea rien dans la division qu'il y avait trouvée établie ; mais Auguste, son successeur, la divisa en trois provinces. La partie située entre la Seine et l'Escaut retint le nom de Belgique : A Scalde ad Sequanam Belgica (3). Le reste jusqu'au Rhin fut partagé en Germanie supérieure et Germanie inférieure (4). Auguste se réserva la disposition de ces trois nouvelles provinces, et nomma pour son lieutenant ou pour gouverneur de la Belgique : Hclius Graoilù Belgioœ legatu* (5). Marc-Aurèle conféra ce gouvernement à Didius Julianus (6), qui parvint à l'empire après la mort de Pertinax ; son administration tut longue et prudente : Belgicam tanotè ao diu rexit. Les choses demeurèrent en cet état jusqu'au règne de Dioctétien, qui fit un autre démembrement des provinces : Provinciœ quoque in frusla conoisœ (7). Mais estil l'auteur de la division de la Belgique en première et seconde ? Les savants ne sont point d'accord sur ce point. Au reste l'uue et l'autre sont dénommées dans la lettre que saint Hilaire de Poitiers écrivit , en 358 (8), aux évèques des Gaules, dans l'Etat de l'empire, dressé par Sextus Rufus, et dans 1 histoire des Gaules d'Ammien Marcellin.

(I) L. 4 , p. l»5. (5) Tïcit. , annal., 1. 13.

(») De Bell. Gall., I. S, c. I. W Sparlian. de Didlo Julian.

(3) Plin. , 1. 4, c. 17. (7) Laclant. de Morlib. pence.

(4) Dio. eu., 1. 43. {S) Opéra S. HiUril , p. 11», édid. 1693.

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