‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 55 sur 294 · CAMPS DE CÉSAR OU CAMPS ROMAINS · texte numérisé non relu

CAMPS DE CÉSAR OU CAMPS ROMAINS

ot> rac-a-rert. - Une chose moins difficile à éclaircir, sont les camps romains qui existent en asset bon nombre dans notre province. MM. de Fontenu , Le Beuf, de Caylus ont donné les plans de la plupart avec les descriptions. Le dernier prétend que

(1) Diiacrt. «or le Soi mob., 1135, p. «5.

(S) Suppl. à l'Un, du Beau»., art. de» fond. , p. m.

(9) H PC. d'tnt. , loin, it, p. 389.

(i) Tom. u, p. Ml.

les camps en général formés par les Romains dans la Gaule n'étaient ordinairement que pour une cohorte, et tout au plus pour une ou deux légions (1). Le plus ancien de ces camps est, sans contredit, celui que César avait établi sur la rive septentrionale de l' Aisne ; mais il n'en reste de vestiges que dans ses commentai res. Il était placé sur une colline qui, en s'élevant tant soit peu du milieu de la plaine , s'allongeait sur une largeur suffisante pour développer une armée. Les flancs de cette colline s'abaissaient en talus, et son front, quoiqu'un peu plus élevé, se rabattait de même dans la plaine: Is collië, ubi castra posita erant , paululum ex plonitie editus, tantum advenus in latitudinem patclnit, quantum loci acte» instructa ocoupare poterat , atque es utraque parte drjectus habelxit; et in fronte l éviter fastigiatus paulatim ad planitiem redibat (2). Les approches de cette colline étaient défendues d'un côté par la rivière d'Aisne , quas res et Int-u» unum caetrorum ripit Jluminit muniebat ; des deux autres cotés qui répondaient à ses flancs, par deux fossés de quatre cents pas de long, avec deux tours garnies de machines de guerre à chaque extrémité, ab utroque latere ejus oollis transveraam fotsam obduxit oirciter pattuum quadringenta ; et ad extremas fos*at caxiella conetituit , ibique tormenta collocarit. Son front était protégé par un marais qui n'était pas considérable à la vérité : palus erat non magna inter nnxtrum atque hostium exercitum. Mais l'armée des Belges était très-forte, et ces peuples avaient la réputation d'avoir beaucoup de bravoure. C'est pourquoi César ne se contenta pas de ces premières fortifications, il fit enclore aussi le camp d'uu boulevard de douxe pieds de haut et d'un fossé de dix-huit pieds de large y compris son parapet : castra in altitudinem pedum duodecim vallo fossâque duodeviginti pedum munire jubet. L'entrée était du coté de la rivière , il y avait fait jeter un pont. Est-ce au Pont-à-Vcr, ou au Bac-à-fiery qui est au-dessus? Nous serions volontiers pour ce dernier passage de l'Aisne à cause de l'analogie de Bery avec le mot gaulois romani.se , briva , qui désigne un pont , et à cause de l'ancienne voie romaine de Reims à Laon qui y passait.

Si l'on en croit M. Le Beuf (3) , la montagne où était placé le camp du général romain était certainement celle qui s'élève au-dessus de Craone, Craonelle , du bout des bois de Cuissy , Ouche et l'abbaye de Vauclair, et peut-être aussi une partie de celle de Paissy tirant vers Ailles. Tout ce que dit César y convient parfaitement ; et l'on ne voit point qu'il ait pu y avoir de marais aux environs , que ceux de la vallée où depuis l'on a bâti le monastère de Vauclair , desqueh se

(t) Rcc. d-anliq.. tom. ri. p. an. (3) Dbwrl. «ipr.. p. 1*. Note.

;«, Lit». S. r. 1 et S.

forme la petite rivière d'Eletté. Mais noire savant antiquaire n'aurait-il pas forcé le passage des Commentaires ? Voici ce qu'il porte touchant le lieu où les Romains étaient campés : /* oollis ubi castra posita erant , paululum ex planitie editus. Or, une colline qui domine sur une plaine, mais de fort peu de chose , paululum; que le labour, joint aux alluvions de la rivière et au torrent des montagnes voisines, a pu mettre de niveau avec le reste de la plaine, quoique l'on aperçoive encore au sortir de Pont-à-Ver, sur la droite du chemin qui conduit à Craone, un monticule dont la forme est ovale : cette colline peut-elle être comparée avec la montagne contre laquelle sont adossés le bourg de Craone et le village de Craonelle. Si H. Le Beuf eût examiné bien attentivement les environs de Craone , il aurait aperçu, entre ce bourg et Craonelle, un ruisseau (1) dont l'une des sources se trouve dans ce village, et qui va se perdre dans l'Aisne au-dessus de Curi , après avoir fait tourner quatre moulins : palus erat non magna. Sur la rive gauche de ce marais est une habitation qu'on appelle le marais. Elle est jointe à un bois, dit le bois de Beau-Marais. Ces raisons de local auraient pu le déterminer à placer le camp des Gaulois non au-delà de la rivière d'Elette , mais en deçà, où il avait placé les Romains, c'est-à-dire depuis Craonelle jusqu'à Cerny, Troyon et même jusqu'à Commun , pour former l'espace de deux bonnes lieues marqué par les Commentaires.

de commis. Nous observerons, au sujet de Commun, hameau au nord-est de Pont-Arcy

sur la rivière d'Aisne, que suivant la tradition du pays, il y eut un ancien camp sur la montagne voisine. Cette montagne est très-escarpée de droite et de gauche et pour ainsi dire taillée à pic dans le roc. Sa surface, plus longue que large, s'étend depuis Paissy jusqu'à la rivière, où, en s'arrondissant, elle tombe en pente douce. Il y a de ce côté une grande ouverture que l'on prendrait pour l'entrée d'un camp. D'après ces observations, nous considérons ce lieu comme le quartier général des Gaulois. Elles nous ont été communiquées par une personne de Saint-Quentin , curieuse d'antiquités. Nous ne pouvons nous dispenser de la nommer : c'est M. Thibault, contrôleur des actes.

ot vié-LAO*. M. le comte de Caylus a donné le plan et la description d'un autre camp romain situé sur une montagne au pied de laquelle passe la même voie romaine dont nous avons parlé, c'est le camp du Vié-Laon (2). Il est situé sur la paroisse de Saint-Thomas , à trois lieues sud-est de la capitale du Laonnois. Sa position est des plus avantageuses. Placé sur la cime d'une montagne qui termine la chaîne de montagnes du Laonnois du côté de la Champagne , ses abords sont presque

(I) C«rl« de 11/ CtHini. n.« U. (S) R«. d'antiq. .loin. », p. 316.

inaccrsMbles. Le camp peut avoir environ quinte cents toises de circuit ; il est

par un boulevard de terre. La moindre est dul>co^de 1 orient.'Nous laurions pris pour le quartier du Prétoire : mais le savant académicien présume qu'elle était occupée par un corps de troupes étrangères au service de l'Empire , vers la fin du iv.' siècle. La Notice des dignités de l'Empire nous apprend à la vérité que le Préfet des Sarmates Gentils était posté entre Reims et Amiens. Prœfectus Sarmatarum Gtntilium inttr Remos et Amiriamos , sans doute pour la sûreté du chemin qui conduisait de Reims à Amiens par Lion et Saint-Quentin. On ignore qu'elle fut la destination de la plate-forme qui était adossée contre le boulevard. La face du grand et du petit camp qui donne du côté du nord sur la plaine, est retranchée de fossés plus profonds et de remparts plus élevés dans la partie qui répond au petit camp. H n'y a pour les deux qu'une seule et même entrée, placée vis-à-vis du mur de séparation.

Les Commentaires de César font mention de plusieurs camps romains dans le rscaiEi cuir ■>( Bcauvoisis. Nous ne connaissons pas le lieu où était placé celui que le général « « dressa à son retour du pays Chartrain : ad Bellotacos proficiscitur ; castrisque in - l*ro™

corum finibus positis... (1) Noos savons seulement que son armée était composée des 7.*. 8.', 9*. et 11.* légions avec peu de bagages. Il quitta ce camp pour en aller former un autre plus considérable sur la rive gauche du Terain s en face de celui des Betlovaces réunis avec les Amiénois , les Atrebates , les Caletes , les Auleroi , les Velocasses; ccui-ci étaient campes très-avantageusement sur une montagne escarpée et défendue par un marais , locutn cas tris excelsum, impeditâ cireum-

dalum palude, delegisse castrit palude et loci naturâ munitis. Le lieu que

le général romain avait choisi n'étant pas aussi favorable par sa nature, il eut recours à l'art pour s'y fortifier. Il commença par faire élever un boulevard de douze pieds, garni d'un parapet de même hauteur, hoc imperai vallo pedum xn munirij loriculamque pro ratione ejus altitudinis intedificari, et creuser un double fossé à fond de cuve de quinze pieds , fossam duplicem pedum quinutn denum lateribus directis deprimi. Ensuite il fit dresser des tours à trois étages fort près les unes des autres et jointes ensemble par des ponts garnis de parapets d'osier: turres crebras excitari, in altitudinem trium tabulatorum ; pmtibus trajecti* constratisque conjungi , quorum frontes viminea loricula munirentur. Il finit par fermer les avenues du camp de portes et de tours plus élevées que les autres , partis fores altioresque turres imposuit.

H) De M. Gai., I. S, cl.

second camp sci le A. ces traits qui pourrait ne pas reconnaître la montagne de Froimont-lamont de feoimont. Ville, située à un demi quart de lieue de l'abbaye de ce nom, à un quart de lieue et à quatre petites lieues de Beau vais. Isolée au milieu d'une plaine , cette montagne domine tous les'cnvirons. On y voit encore des marques sensibles d'un camp romain. L'espace, dit H. l'abbé de Fontenu (1), qu'occupe ce camp sur le haut de la colline nommée le mont César , peut avoir environ quinze à seize ceux pied* de longueur sur une largeur proportionnée. Il est environné en partie d'ancien* restes des boulevars en talus de* deux côtez , à la hauteur de cinq à six pieds , avec quelques vestiges d'anciennes entrées ou portes, sans aucune trace de fosses. Vers le milieu de la pelouse est une petite élévation de terre de quatre à cinq pied* de haut sur dix à onze pieds de diamètre , faite probablement de main d'homme , en espèce d'autel , pour y placer les drapeaux militaires Au-dehors des boulevars du oamp, règne tout autour une esplanade de dix à douze pieds de large;

c'est l'espace qu'ont dû tenir anciennement les fossez du camp, qui depuis ont esté comblez. Des amas de pierres qui se trouvent de distance en distance le long des boulevars , font conjecturer que dans leur origine ils furent revêtus de murs, ou en entier, ou en partie. Hais après avoir dit que l'on reconnaissait dans le travail de ce camp le goût simple et régulier de la castramétation romaine, comment cet académicien a-t-il pu ajouter (2) qu'on n'avait point de preuve cependant que le camp eût été fait du temps dê César, c'est-à-dire pendant les deux campagnes de ce général dans le Bcauvoisis , parce qu'ayant une armée composée de plusieurs légions, il lui (allait un camp d'une plus grande étendue que n'était celle du camp du mont César qui ne pouvait contenir qu'un corps médiocre de troupes f Il avait oublie sans doute que César n'avait au camp de Froimont qu'une partie de ses légions, le reste de l'armée étant reste vraisemblablement avec le bagage, sur le mont de Hermès, à l'orient de celui de Froimont, sous les ordres deCaius Trcbonius.

Ce n'est pas tout. M. de Fontenu dit que la surface de la montagne n'a que quinze à seize cents pas environ de longueur sur une largeur proportionnée. D'abord cette surface est fort longue et très-étroite ; car nous n'y avons compté qu'environ deux cent soixante-seize pas communs de l'Orient à l'Occident. Ensuite nous avons lu dans des papiers de l'abbaye de Froimont que la plaine du mont de Froimont qui joint du long à la crête de la montagne , c'est-à-dire aux anciens boulevards, contenait trente-deux arpens et trente-cinq verges , qui font trois mille deux cent trente -cinq perches ou verges. Des mémoires manuscrits de MM. Borel.

(t) Htm. de l acad. de* inicrip., loin, iiu , p. 483. (i) Ibtd., p. 4ï*.

fiuquet et Danse portent entre trente-six ou quarante mille toises. Quant à l'élévation de terre qui est vers le milieu de la surrace, douze pieds sont certainement bien au-dessous de son diamètre vrai.

Quoique ce camp paraisse avoir été fréquenté par les Romains, depuis César jusqu'à Marc-Aurèle inclusivement, à en juger par les médailles de ces empereurs qu'on y a trouvées et qu'on peut voir chez M. Buquet, cependant aucun titre de l'abbaye de Froimont à qui le fond de la montagne appartient , ne lui donne le nom de Camp de César, ni même de Mont de César , quoiqu'il n'en ait pas d'autre dans le pays que celui-ci. La plate-forme est désignée dans une charte de l'an 1122, patella montis , ce qu'une autre charte française de l'an 1323 a rendu par le Mont de la Paêlle. Les Rémois alliés des Romains essuyèrent un échec (1) au pied de ce mont de la part de Corré, sans doute commandant des Bellovaccs ; il s'y trouve encore un lieu dit Corbicamp, qu'un titre de la même abbaye de l'an 1234 place au terroir de Hermès, et un autre de l'an 1477, au terroir de Froimont.

Ce camp n'était séparé de celui des Bellovaces et de leurs alliés que par une troisième camp près allée alors plus profonde que large, voile intermissd magit in altitudinum de- i>e montreiu-schpressd quant late patente ; cependant le général romain (2) jugea à propos d'en TERAtNaller asseoir un autre au-delà de la vallée sur une montagne plus voisine encore, puisqu'il ne se trouvait qu'un médiocre vallon entre ces deui camps : il traversa le marais du Tcrain vers Raillcul à la faveur des ponts qu'il y avait fait jeter, et alla occuper le nouveau poste avec ses légions, atque id jugum quod tram paludem penè ad hostium castra pertineret, mediocri val le à cas tris eorum intercisum animadverteret , pontibus palude constratà, legiones traducit. D'abord il met quelques légions en bataille sur une grande plate-forme escarpée de deux côtés (3), ensuite il gagne le sommet, où il développe toute son armée : celeriterque in summam planitiem jugi pervmit, quœ declivi fastigio duobus ab lateribus muniebatur. Ibi legionibus instructif , ad ultimum jugum pervenit , aciemque eo loco constituit... Castrisque eo loco metatis, munir* jubet castra. Il est clair que le nouveau camp des Romains était sur la montagne qui se trouve entre Hez et Montreuil-sur-Terain , et que le médiocre vallon qui le séparait de celui des Belges était le vallon du hameau de Hez. Il ne reste aucun vestige de ce camp.

Nous avons quelques restes de celui de l'armée combinée des Belges. 11 était premier camp des placé sur une montagne qui est échancrée d'un coté par le vallon de Hez et de bellovaces. l'autre par le vallon de Villers-Saint- Sépulcre. Elle répond directement au

(1) C««r, tupr. . c. t. {») Stippl. à IhUl. du Bmuv., p. S.

(S) Ibid., c. a.

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de F roi mont. Ces restes sont une grande fosse, autrement dit saloir, revêtue intérieurement de larges pierres et recouverte de même. Cette fosse est partagée en deux parties chacune de vingt-huit pieds de long sur cinq de large. MM. Borel , Buquct et Danse ayant eu la curiosité de faire ouvrir ce monument , v découvrirent une grande quantité d'ossements qui ne peuvent provenir que des Belges qui ont perdu la vie dans les différentes escarmouches qu'ils eurent avec les Romains. Nous parlerons dans un autre endroit de la pierre aux Fées , qui est le nom que l'on donne dans le pays à ce monument. second cabj». Si Ton en croit M. Simon, les Belges, forcés d'abandonner une position si avantageuse , se rapprochèrent de Beauvais et s'allèrent camper vers la montague de Saint-Symphoricn. On a trouvé, dit-il , en ce lieu plusieurs vestiges d'un ancien camp. 11 serait possible que ce camp fut celui de Mars, dont il est parlé dans des lettres d'Yves, doyen de Saint-Pierre de Beauvais (1), au sujet de Goscelin, fils de Roger, à qui le chapitre avait donné à cens au xn.* siècle Vineat in campo martis. Ces vignes étaient en effet du côté de Saint-Symphorien. Ce qu'il y a de certain , c'est que le champ de bataille où les Bellovaces furent défaits totalement, et où Corré , leur chef, perdit la vie , était enfermé par des bois très-considérables et par une rivière très-profonde en cet endroit : Sylvù undique impedititrimù aut altitrimo flumine munitum ; enfin, qu'il n'était éloigné de leur dernier

camp que de huit mille pas tout au plus : Looum castrorum quœ non longiut

ah ea cœde abexxe quam octo millibus passuum.

amps de césab dans Les Romains curent encore d'autres camps dans le Beauvoisis. Au retour de sa le beauvoisis qui première expédition dans les îles Britanniques, César (2) mit toutes ses troupes en soht iscfhtaeis. quartier d'hiver dans la Belgique. Après la seconde , il plaça trois légions dans le Belgium (3) sous les ordres de M. Crassus , de Munatius Plancus et de C. Trcbonius. On voit (4) par les ordres qu'il fit expédier quelque temps après au premier de venir le joindre en diligence , que Crassus était campé dans le Beauvoisis à vingt-cinq mille d'Amiens. Enfin, llirtius (5) nous apprend que César, la dernière année de son gouvernement dans les Gaules, envoya M. Antoine dans le Beauvoisis avec xv cohortes pour tenir les Belges en respect. Les trois camps dont il nous reste à parler auraient-ils été formés dans l'une de ces circonstances ? Il n'y a pas d'apparence du moins quant à celui de M. Crassus. Il n'était campé , comme nous venons de le dire, qu'à vingt-cinq mille d'Amiens, c'est-à-dire à neuf, un

(1) Cariai. 8. Pétri . fol. tl . tcti. {*) Ibid. , c. 19.

Ci) De Bel. GsL.L t.c. T. (S) Lit». 8 , c «.

(S) Lit. S, c. s.

tiers moins de nos lieues. Or , les camps de Gouvieux , de Catenoy cl de Ganclon sont à plus de neuf lieues de la ville d'Amiens.

Bien des personnes ont de la peine à croire que la montagne, ou plutôt le m mont <.akllu\ mont, dit de Ganclon, situé à une lieue de Gimpicgnc, au confluent de l'Aisne et de l'Aronde, ait servi d'emplacement à un camp romain. Ce mont, isolé de toutes parts et fort escarpé , a la forme d'un corps humain sans tète et sans cuisses, mais dont les bras seraient étendus. Son sommet aplati donne une étendue de 380 toises de long sur 290 toises bien près, dans sa plus grande largeur, c'est-à-dire entre le bois d'Anel et de Rutus. Le bras droit est plus étroit que le gauche. 11 n'a pas 40 toises de large dans un endroit. A l'extrémité qui commande Coud un , est une plate-forme au milieu de laquelle on voit les débris d'un fort qui occupait un espace de 50 toises d'Orient à l'Occident , et de 36 du Midi au Septentrion. 11 est environné d'un boulevard en terre et séparé du reste de la montagne par un double fossé. Le premier est au pied du boulevard , qui parait un peu plus élevé de ce côté ; le second est à 28 toises plus loin , garni de son parapet de terre ; de sorte qu'entre l'un et l'autre est un espace que l'on prendrait pour une place d'armes.

L'extrémité de l'autre bras a plus de 200 toises de largeur dans l'endroit qui cimetière dk et: domine sur le chemin de Compiègne à Noyon et sur la rivière d'Aisne. Le terrain camp. y paraît différent, du moins quant à la couleur ; car toute la surface de la montagne étant ou de pierrailles ou de sable jaunâtre, celui-ci semble appauvri et de couleur noirâtre, mêlé avec quantité de tessons d'unies et de vases faits d'une terre rouge très-fine. On trouve parmi ces débris des médailles et d'autres antiquités romaines dont nous parlerons ailleurs, d'où il paraît résulter que les Romains ont campé réellement sur ce mont. Le camp de l'armée était au centre; le quartier du prétoire, au lieu où était bâti le fort ; le cimetière du camp, à l'extrémité opposée , vis-à-vis l'église de Clairoy.

Mais, dira quelqu'un, la superficie de ce mont passe daus le pays pour avoir poirqioi cetikmc» appartenu à un seigneur de la Cour de Charlemagne, et les restes du fort ont tagni porte le kow conservé jusqu'ici le nom de Ganelon. Ce seigneur, suivant le roman de la vie "e (jakelov de Charlemagne que l'on attribue à Turpin, archevêque de Reims, fut écartclé pour cause de trahison: ce prince, dit la traduction du roman, fiit loier Guanalon par le* quatre principaux membres à quatre for* chevaux, le* plu* for* de l'Ost , et quatre for* home* fist a**eior dessus, puis le fil détraire, tant corne chevaux parent aler ne pièce* tenir o autre*, si fatement mourut Guanelon de laide mort et de dépite. Le château de Ganelon, placé sur cette montagne, est

précisément une raison de plus pour croire que les Romains Taraient occupé avant lui; car Bergier (1) nous apprend que de plusieurs des camps romains se sont faits non-seulement des châteaux , mais aussi des villes , des bourgs et autres places fortes. Les deux haches de cailloux dont nous avons parlé, qui ont été trouvées, l'une sur cette montagne, l'autre au pied, du côté d'Anel , pourraient faire présumer aussi que les Belges, avant les Romains, avaient occupé ce poste avantageux pour un camp d'observation.

camp de cate*oy. La montagne de Cateuoy paraît offrir un autre camp romain, quoique H. l'abbé de Fontenu pense le contraire. Nous lui donnons le nom de Catcnoj parce que le village de Cateuoy est placé au pied, du côté du septentrion, et que la majeure partie de cette montagne est située dans l'étendue de la paroisse. Elle s'étend en longueur depuis le village de Sacy-lc-Grand, à l'orient, jusqu'à Breuil-le-Vert , à l'occident, où elle fait un coude qui va gagner la rivière d'Oise. Elle se termine en pointe fort longue et fort aiguë du côté de Sacy. Cette partie est fort escarpée. C'est précisément où était placé le camp. Notre célèbre académicien (2) l'aurait reconnu pour un camp vraiment romain , c'est-à-dire pour un camp d'observation qui pouvait contenir plusieurs cohortes, s'il eût considéré les lieux comme nous l'avons fait. Il est pris sur la plate-forme de la montagne , et séparé du reste par un fossé trisagonc qui conserve encore six à sept pieds de profondeur. Sur le bord de ce fossé, du côté du camp, est un boulevard en terre semblable à ceux de Ganelon, de Froimont et autres, qui sont reconnus pour avoir été élevés par les Romains. Cette langue de terre, pour me servir des termes de M. de Fontenu, a, depuis le boulevard jusqu'à la pointe de l'angle aigu, 1,205 pieds, et dans sa plus grande largeur 403. On vient de construire un moulin à vent sur cette pointe. En creusant autour pour faire un fossé, et un peu plus loin, pour pratiquer dans la montagne même un logement pour le meunier, on a découvert quantité de tessons d'urnes, des os calcinés, des restes de charbon, enfin un petit canton où le sable était tout-à-fait noirâtre, tandis que celui des environs est de couleur jaune. Quod vidi testor. Au pied de cette montagne, à l'autre extrémité, du côté de Breuil-lc-Vcrt, est un hameau dit Cercamp , en latin Cœsaris castrum ; du côté du septentrion passe , au pied de la môme montagne, l'ancienne chaussée romaine qui allait à Litz.

Ce camp ne pouvait pas se trouver en disette d'eau. Le plan que H. de Fontenu en a fait, d'après le dessin qui lui avait été envoyé par M. le curé de Catenoy, fait voir deux fontaines au septentrion de la montagne. Celle de Villers-sous-

(1) Chem. de l'Emp. , I. 3 . e. 37. («) Mém. de liUér. , topr. . p.

Catenoy, que nous avons examinée, est construite en grosses pierres. Le travail en paraît bien ancien. Les deux fontaines qui rendent aujourd'hui le marais de Secy-le-Grand presque impraticable, formaient peut-être une pièce d'eau en cet endroit. De l'autre côté où est Brujère, sont des marais considérables. A l'autre extrémité de la montagne, couleut presque au pied deux ruisseaux qui passent à Breuil-le-Vert. Ne pourrions-nous pas donner pour conjecture que le nom moderne de Catenoy vient du latin Castelletum , dont on aura fait dans la suite des temps Cattenetum , en changeant les deux // en une n. On verra dans la notice plusieurs exemples de pareib changements.

Le nom de César donné à tous les empereurs successeurs du conquérant de de goiyieux 01 m la Belgique, a fait attribuer à Jules-César tous les camps qui sont connus sous chai mont. ce nom dans les trois Gaules , tandis que la plupart n'ont été construits que dans des temps postérieurs. Le camp situé près Saint-Leu d'Esserent , ou plutôt près le village de Gouvieux , est peut-être de ce nombre, quoique H. l'abbé Le Bœuf (1) ait avancé que les restes de retranchements qu'on voit au-dessus de Gouvieux n'étaient, au jugement des connaisseurs, que du temps des dernières guerres de la Religion. Nous préférons le jugement de M. de Fontenu, qui assure que ce camp est vraiment romain. H avait été exprès le visiter. Il en a donné le plan avec la description de toutes ses parties (2) que nous allons analyser. Nous y joindrons quelques observations que nous avons faites sur les lieux.

Sur la rive gauche de l'Oise, au confluent de cette rivière et de la Nonette, à une petite lieue en deçà de Chantilly, à un quart de lieue de Saint-Leu , bourg situé de l'autre côté de la rivière, au nord-est du village de Gouvieux, sur le sommet d'une montagne fort raide et fort escarpée des deux côtés surtout qui regardent , l'un vers l'Oise , l'autre vers la Nonette , est un camp que la nouvelle carte de France de M. Cassini appelle le camp ChaumorU, du nom d'un petit village situé au pied de la montagne du côté de la Nonette. Mais il est connu de temps immémorial sous le nom de Camp de César. 11 est indiqué sous ce nom dans la carte des environs de Paris par M. Jaillot. Les plus anciens titres originaux conservés dans les archives de Chantilly le nomment ainsi. La forme de ce camp, qui embrasse un espace d'une asseï grande étendue, est un triangle irregulicr. Il se recourbe vers l'occident en espèce de demi-cercle saillant suivant le contour de la côte. Le flanc de ce côté peut avoir en longueur 1 ,850 à 60 pas. H. de Fontenu observe que quatre de ses pas font sept pieds. L'autre , qui s'étend le long des bords de l'Oise, n'en a que 1 ,660 à 70. Le troisième côté qui fait

1) Mert. de jo.n 1156 . p. IMO. (S) Mém. de lillér. , lom. i , p. «I et «ni».'

le front du camp élait la partie la plus faible, parce qu'elle se trouvait de niveau avec la plaine du coté de Chantilly et du village de Saint-Bfaximin ; clic fut fortifiée d'un boulevard de seize à dix-huit pieds de haut et de sis cents pas plus ou moins d'étendue, d'une lisière de la montagne à l'autre. Ce boulevard a été fort dégradé depuis une douzaine d'années.

Nous avons observé , dans l'intérieur de ce boulevard que l'on a commencé à entamer, quantité de charbons. 11 parait, à la grosseur de quelques-uns, que ce sont des restes de pieui qui ont passé par le feu. Or, suivant les règles de la eastramétation romaine de Patricius et d'Hyginus, on se servait de pieux pour établir les boulevards et les rendre plus solides : quo loco ducendum erat vallum, ibi in terram defigebantur densw tude* , »ive valli duo tret-ce , ramos singuli habentes, ut Polybiu» docet, quo» ipsi milite» cœdebant et tecum portabant ; valli ht, multiplicata terie, in terram defixi , ope quadam vimined vel crate intexebantur (1). On avait recours, dit Hyginus (2), aux troncs d'arbres branchus lorsque le sol n'était pas solide : Cervoli trunci ramosi : ad ho* decurritur3»i »oli naturas nimiâ teneritate cespes frangitur. Or, les environs de ce camp sont très sablonneux. On ne voit aucun vestige de fossés au pied de ce boulevard; maison remarque dans le flanc trois ouvertures où étaient sans doute les portes du camp. Celle du milieu, qui est la plus grande, peut avoir encore seize pas : c'était vraisemblablement la porte Prétorienne. Les deux autres, qui en sont à la distance de cent pas, et qui peuvent en avoir douze d'ouverture, étaient les deux portes dites principales. La Décumane était vis-à-vis le confluent des deux rivières, à l'autre extrémité du camp, derrière le quartier du Prétoire. Comme la pente de la montagne est plus douce en cet endroit , l'accès en était défendu par une élévation de terre ou épaulement dont il reste encore des vestiges. On voit aussi des restes de l'esplanade qui devait régner autour du camp.

L'intérieur est cultivé aujourd'hui dans sa plus grande partie. Les laboureurs y ont trouvé , en différents temps , un grand nombre de médailles dont nous parlerons bientôt. L'ancien curé de Gouvieux en avait fait une collection assez considérable. Elles ont été dispersées après sa mort. Une partie est tombée entre les mains de H. Aflbrty, doyen de Saint-Rieul de Senlis, homme curieux et éclairé, mais malheureusement c'était la plus petite et la moins précieuse. Nous ne devons pas oublier que la voie romaine qui conduisait de La Morlaye à Litz passait presque au pied de ce camp.

Les camps romains ne sont pas moins fréquents dans l'Amiénois que dans le

(t) Gnev.. The*, «nliq. roman». , tom. i, col. M7. (*) Ibid.. col. 10S5.

Bcauvoisis. César en forma trois dans le Belgium après les Etala-généraux tenus a Samarobrive ou Amiens, très (legiones) in Belgio collooavit (1). Or, il est certain que l'Amiénois faisait partie du Belgium. Lors de la révolte des INerviens, il donna le gouvernement de la ville d'Amiens, avec le commandement d'une légion, à Crassus : Crassum Samarobrivœ prœfecit, legionemqueeiattribuit(2). Après avoir soumis ces peuples, il prit la résolution de passer ses quartiers d'hiver dans les environs de celte capitale en trois camps différents, avec trois légions: Jfjte cum tribus legionibus circum Samttrobrivam trinis hibemi* hiemare constitua (3). Ces différentes légions ont-elles été placées dans un seul et même camp ou en plusieurs!1 C'est ce que César nous a laissé ignorer. Mais à distance presque égale de la ville d'Amiens, c'est à-dire à une lieue environ, sont deux endroits que la tradition donne pour camps romains.

L'un, au sud-est de cette ville, était situé sur une éminence de forme ovale, camps mutés dk assez élevée, et tout près du village de Cagny. Il paraît de distance en distance, césa», dans l asu r toute la hauteur de cette éminence, des espèces de terrasses qui régnent tout «imois. autour. Un particulier nous a assuré qu'on y avait trouvé deux médailles en cultivant les vignes dont le sommet est couvert. L'autre est au nord-ouest, à la droite du chemin d'Amiens à Corbic. Il est placé sur une colline qui commande le village de Camon , situé sur la rivière de Somme. Sa forme est singulière. Ses boulevards, qui sont peu élevés, ont la forme d'une étoile à six rayons. M. Cassini l'a marqué dans sa nouvelle carte de France , comme un ancien camp. Il passe dans le pays pour camp de César. Deux choses Tiennent à l'appui de cette tradition, savoir : le nom de Camon , formé du latin Castrimons et l'église du lieu qui est dédiée à saint Vast. L'on Terra la raison de celle-ci à l'article des Chaussées romaines. C'est probablement de l'un de ces deux camps dont Cicéron a voulu parler dans son épitre à Trebatius : 0 castra prœclara ! Quid tu fecisses, si te Tarcntum, non Samarobriram misissem

A l 'opposite de celui-ci, à deux lieues et demie plus loin de la ville d'Amiens, du côté de l'occident, sur la falaise qui borde la vallée de la Somme, du côté de l'Artois, est un autre camp qui a fixé les regards curieux du célèbre académicien (5). Il nous a déjà servi de guide ; il nous aidera encore dans la description de celui-ci. Sa situation est à l'extrémité du terroir de Tirancourt, et par cette il devrait, sans doute, être nommé camp de Tirancourt, plutôt que camp

DE CAGMT.

i»r. camus.

DE FICQCIim OIT MIEUX DE TIRAKC018T.

(I) DcIM. G*l., hb. 5.C. 8.

(») Ibid., «p. ».

3) Cap. 13.

(4) Lib. 7 , épicl. I*.

(5) Mém. delitlér., ton. i, p. 436.

de Picquigny , à moins qu'on ne lui ait donné ce nom parce qu'il était tenu en arrière fief de la baronnie de Picquigny , par le chapitre de Saint-Martin de cette ville. Il n'est éloigné que de deux cent» toises de la rivière qui coule au milieu d'une prairie assez vaste. Ce camp a du côté de l'occident un ruisseau qui rient des bois de Bertangles et de Montonvillcrs , et serpente dans la vallée d'Acon qui aboutit à celle de la Somme. La partie septentrionale est couverte de champs fertiles, à la place de l'ancienne forêt dont le nom n'existe plus que dans les titres. La • falaise étant fort élevée en cet endroit, l'air y devait être pur, autant qu'il peut l'être sur les bords de la Somme. Ainsi tout se trouvait réuni , suivant le désir de

Végèce (1), dans cette position, bois , pâturages , eau, salubrité d'air : Castra

ubi et lignorum et pabuli et aquœ tuppetat copia; et si diutius commorandum sit , loci ga/ubritag eligetur. Ajoutes à cela qu'il était à fort peu de distance de la voie romaine qui conduit d'Amiens» à Boulogne. Sa forme est triangulaire, comme la plupart des camps que nous connaissons en Picardie, et comme les deux qui sont situés , l'un à Etrun, à une lieue d'Arras, au confluent de la Haute et de la fiassc-Scarpe, l'autre à Etrum en Hainaut , au confluent de l'Escaut et de la petite rivière de la Sausé. Les camps qui paraissent avoir aujourd'hui la forme ovale , étaient peut-être triangulaires (2) , mais les attérrissements arrivés aux montagnes sur lesquelles ils sont placés, empêchent de pouvoir juger précisément de leur forme ancienne.

Le camp de Tirancourt porte quatre cent cinquante toises dans sa plus grande longueur, il en avait d'avantage autrefois, car les monticules que l'on aperçoit du côté de la Somme, annoncent un écroulement dans cette partie. Sa plus grande largeur est de trois cent cinquante toises , ce qui donne une surface de deux cents arpens environ , où par conséquent un camp de 3,500 hommes (3) , c'est-à-dire un peu plus d'une demi-légion (car la légion était composée ordinairement de 6,000 hommes, non compris la cavalerie), pouvait être logé assez commodément. Le côté dont la base est assise dans la vallée d'Acon et qui s'arrondit vers le milieu , est fort raide et escarpé de cinquante à soixante pieds de hauteur. Le côté qui , avec celui-ci , forme un angle droit et qui répond à la rivière de Somme, peut avoir à peu près la même élévation. L'art a pris soin du côté qui est de niveau avec la campagne. Il est fortifié d'un boulevard de terre de sept à huit pieds de haut. Il est recourbé en forme de quart de cercle. Au pied est un fossé assez large et profond, et au milieu du boulevard, une entrée dans le camp. L'inté-

1) Lib l , r. **. (3) Ibid., lom. un. p. 41».

ii) Mém. de litt. , tom. î, p. 419.

rieur est cultivé en partie par les habitants de Tirancourt qui ont trouvé souvent, en labourant, des médailles romaines. On a donné pour certain à H. l'abbé de Fontenu que la plupart des belles médailles d'or de M. Houlon, chanoine de la cathédrale d'Amiens, étaient provenues de ce camp. M. Le Nain, ingénieur de la province de Picardie, sous Louis XIII, a reconnu le camp soi-disant de Picquigny, pour un vrai camp romain (1). L'intérieur n'est pas moins digne de l'attention d'un curieux-, nous en parlerons ailleurs.

Le camp de l'Etoile, plus près d'Abbevillc que d'Amiens, est situé plus avan- de l'étoile-hrtageusement encore que celui de Tirancourt. Il a été examiné par M. Le Nain qui somme. en a jugé comme du précédent (2) , c'est-à-dire que c'était un autre camp romain. 11 est distant de trois lieues de Tirancourt et placé sur la même falaise , qui est plus élevée vis à vis du village de l'Etoile; mais il n'est pas aussi étendu que le précédent. H. de Fontenu lui donne treize cents pieds de long sur huit cents de large, espace suffisant, dit-il, pour contenir 3 à 4.000 hommes à l'aise (3). Cependant nous tcuons du seigneur actuel qu'il renferme vingt-sept journaux de terre. Il lui donne aussi une forme ovale , ce qui ne serait pas contraire aux règles de la castramétation romaine, car Végèce nous assure (4) qu'un camp romain n'avait pas de figure déterminée , qu'on le faisait rond , ovale , triangulaire , selon la situation des lieux où il fallait se retrancher ; Interdum autem quadrata, interdum trigona, interdum temirotunda, seu eblmga, prout loti qualitas aut nécessitas postulaverit , castra facienda tant. Polybe, qui vivait plusieurs siècles auparavant , c'est-à-dire sous Scipiou l'Africain , parle aussi des camps qui avaient la forme ovale, mais il se pourrait faire que notre académicien eût été mal instruit, comme il a été servi mal pour la hauteur de la falaise à laquelle il ne donne que quatre-vingts pieds d'élévation du côté de la Somme. La carte de M. Cassini lui donne trente toises au moins, à compter depuis le bord de la rivière qui coule au pied jusqu'au sommet. Le nombre de quatre-vingts pieds pourrait faire , tout au plus, la distance de l'église du village à la plate-forme du camp. La falaise peut avoir soixante pieds d'élévation du côté de l'orient et deux cents du côté de l'occident. La partie septentrionale tient à la rase campagne. Ainsi ce camp est placé à l'extrémité d'une portion de la falaise détachée du côté de l'orient par la vallée de Manreaucourt , du côté de l'occident par celle de Mouflers, Il est fortifié , du côté de la campagne, par un boulevard de terre qui forme le demi-cercle. L'en-

(1) Beodier, def. des prer»g«t. de Saint Quentin , v3) Mém. de liUër. , tom. iio, p. «10 et mît.

p. M. Note. (ij |jd. 3.

(i) Ibid.

tréc du camp est placée en cette partie, sans aucun vestige de rossés. Le plan de ce camp est un peu incliné du côté de l'Etoile. On y a trouve des médailles d'or (I) dont plusieurs ont passé dans le riche cabinet de M. Houion.

Une chose tout-à-fait particulière au camp de l'Etoile, c'est qu'il se trouve à l'une de ses extrémités, du côté de l'église, une plate-forme de figure ronde, séparée du camp par un fossé. M. de Fontenu l a regardée comme un ouvrage moderne : cependant la tradition du pays veut qu'il y ait eu une tour en cet endroit , ou plutôt un phare dont le fanal servait à éclairer les vaisseaux pendant la nuit , dans le temps que la mer venait encore jusqu'à l'Etoile. Le nom môme de l'Etoile vient à l'appui de cette tradition , soit que ce lieu l'ait pris du fanal qui, comme l'étoile polaire, servait à indiquer aux marins la route qu'ils devaient suivre pour arriver au port, soit que le nom de l'Etoile vienne de ce que ce village est le centre où aboutissent cinq vallées qui représentent les rayons d'une étoile. Il est toutefois vrai que ce lieu était connu au moyen-àge sous le nom latin Sydera: c'est ainsi qu'on doit lire dans la charte de fondation de l'abbaye de Corbie, expédiée vers l'an 662, et non Siccasidera , d'un seul mot, comme l'on voit dans les imprimés. Depuis quelques années M. Jourdain a fait planter en bois toute la superficie de ce camp, que la nouvelle carte générale de France nomme camp de César.

poxr-DK-BLsiT ou Elle donne la même dénomination , ainsi que des mémoires de M. Le Nain (2), pu tôt de mm. a ,„, autre camp situc a l oppositc de celui de l'Etoile , vis-à-vis de Pont-de-Remy , bourg du Ponthieu , à deux lieues d'Abbeville. Il est surnommé aussi camp de Dune, parce que ce hameau est au pied. Il est à peu près de môme forme que celui dont nous venons de parler , c'est-à-dire ovale , et l'on dirait qu'il fut fait pour répondre en ligne diagonale à celui de l'Etoile ; car l'une des extrémités de celui-ci répond à l'une des extrémités de l'autre. Ce camp n'a point été connu de M. de Fontenu : cependant il mérite l'attention des curieux, autant, pour le moins, que ceux dont nous avons parlé, tant pour sa situation que pour la belle conservation de ses retranchements. Il est placé sur une portion de la falaise méridionale , dont il est séparé par deux vallées : Tune , à l'orient , sera appelée de Grandsars; l'autre, à l'occident, sera nommée de Relli fontaine. Le fond de ce terrain , jusqu'à Grandsars , n'est que de pierrailles et de cailloux. Du côté de Dune, qui répond au cours de la Somme, la montagne , un peu arrondie , est taillée presque à pic, ainsi que du côté de la vallée de Grandsars. L'un et l'autre côtés sont fort élevés. Elle est moins escarpée du côté de Bellifontaine, et c'est dans cette

<Xl Mem. de IHUr.. lom. x . p. 417. (i) BcDdkr, iupn.

partie que l'on trouve l'entrée du camp. Elle est protégée par de bonne* redoute* enterrée*.

La partie méridionale qui regarde la plaine de Grandsars est fortifiée par mi boulevard de plus de douce pieds d'élévation , dont la direction est un peu circulaire, et par un fossé de six à sept pieds de profondeur eu quelques endroits. Mais ee qu'on n'aperçoit dans aucun de nos camps romains et qui existe dans celui-ci. c'est le parapet du fossé accompagné d'une banquette qui peut avoir buit à dix pieds de large. Le fossé . la banquette et le parapet paraissent avoir été faits pour protéger le boulevard qui ne règne pas cependant d'un bout à • l'autre de cette partie. Il est à observer que le camp était divisé en deux portions, l'une supérieure et l'autre inférieure. Le boulevard protégeait la partie supérieure et ne s'étendait pas au-delà. L'inférieure était séparée de celle-ci par un degré de quatre ou cinq pieds de haut qui paraît avoir été fait moins pour réformer le terrain qui va beaucoup eu pente du côté de la vallée de Bellifontaine , que pour y placer les bagages de l'armée, les munitions de guerre et débouche. Cette partie pouvait servir aussi à protéger les soldats qui allaient abreuver leurs chevaux ou puiser de l'eau à la fontaine qui a donné son nom au hameau de Bellifontaine; peut-être même son surnom de Belli vient-il du voisinage de ces guerriers. Suivant un fort bon mémoire qui nous a été envoyé par M. Dargnies de Fresnc. avocat à Abbeville, ce camp peut avoir 1500 pas communs en longueur et mille en largeur. Il a une remise plantée dans l'intérieur, du côté de la vallée de Grandsars.

Le père Le Quien, dominicain, dont la mort nous a privés d'une savante his- m »is>a<«t in toire du Boulonois, a reconnu deux camps romains dans cette partie de la Picai- »oi lomus. die, l'un à Wissant, l'autre à Neufchùtcl (I). M. l'abbé de Fontcnu qui parle de l'un et de l'autre, n'a reconnu pour camp vraiment romain que le premier. Il nous en a donné le plan et la description à la suite de celui de l'Etoile (2). \\ issant est un petit bourg aujourd'hui, situé sur le bord de la mer, presque à distance égale de Boulogne et de Calais. SU était vrai, dit l'académicien (3). ainsi que le croit M. Du Gouge, que Wissant ait été le fameux port Iciu* , où César à Mon premier passage en Angleterre avait laissé Publias Sulpitius Ru fus, avec une garnison suffisante pour le mettre à couvert contre les entreprises des Morins , il n'y aurait pas de difficulté d'en attribuer l'origine à ce lieutenant du général romain , mais la chose n'est pas décidée et ne le sera peut-être jamais. Ne paraîtrait

fl) DeMDoteU. rotai, de liUér.. lom. tib. (Ji Ibid.. p. m.

rt) Mém. de litter. . lom. «a. p. 4U et mit.

il pas plus vraisemblable que Labicnus en eût été l'auteur, lorsque César «embarquant pour sa deuxième expédition dans l'île de Bretagne, laissa sur la côte d'Iciu* son lieutenant , avec trois légions et 2,000 hommes de cavalerie, pour veiller à la conservation des ports de cette cote? Labieno in continente oum tribu* legimibu* et equitum millibus duohus relicto, ut portus tueretur (1). Le port de Wissant était, sans contredit, un des plus importants, tant par sa situation dans le pays des Morins, que par sa proximité des côtes de la Grande-Bretagne ; César ne devait pas négliger de mettre ce port en sûreté, en y plaçant un détachement, et où ce* • troupe* , ajoute M . de Fontcnu , pouvaient-elles mieux camper que sur le mont

Catef ou . en langage du p;»vs, la Motte-Catcl .* La tradition immémoriale du pays lui a conserve le surnom de César , comme qui dirait petit camp César.

Ce mont commande le bourg et le port qui sont détruits presque totalement. Il est situé au confluent de deux ruisseaux , ou plutôt de deux larges et profondes ravines formées par les eaux de la mer, lorsqu'elle venait battre le pied du mont ; dans l'une desquelles coule la Sombre. Le camp placé au-dessus est de forme ovale sans vestige de fossés et avec une seule entrée. M. de Fontenu dit qu'il n'a guères plus de 50 toises de long. Le plan de ce camp que nous avons vu dans les manuscrits de M. Du Cangc déposés à la bibliothèque du roi, lui en donne 40 environ sur une largeur proportionnée; il est ceint par un boulevard en terre tapissé de verdure, comme l'intérieur du camp. Autour de ce boulevard règne une esplanade assez large. La porte du camp, pratiquée dans ce boulevard, à la pointe de l'ovale qui répond à la mer, était défendue par une redoute élevée dans l'intérieur, à peu de distance de l'entrée. Le plan tracé par M. dcBaurain n'en fait pas mention, (^c camp ne présentant que peu de front à l'ennemi , un petit corps de troupe pouvait suffire pour le défendre. La partie la plus faible parait avoir été du côté de la source de la Sombre où la montagne était moins escarpée. La nouvelle carte générale de la France donne aussi à ce camp le nom de César.

Il ne serait pas étonnant, et il y a même lieu de croire que le camp de Wissant a donné origine au bourg de ce nom. Nous avons déjà dit, d'après Bergier, que plusieurs villes, bourgs, châteaux et autres places fortes avaient été formés par des camps romains, surtout par ceux, dit Justc-Lipsc, où les troupes demeuraient en garnison : Ubi perpétuai stationes et prœlenturtc contrà hastem... et eu origo et genitura nobilium hodie oppidorum (2). Cette révolution commença, suivant Ïitc-Live (3) , par le commerce fréqueut des habitants des provinces ,

(1 j De Bel. fiai. , lib. S . c. 4. (3) Lit». 8. - C. F.

,«) UeMilit. Rom.l.S.c. 1.

avec les troupes qui étaient campées dans leur voisinage. Ils formèrent peu à peu des alliances les uns arec les autres , tellement que ces camps devinrent une seconde patrie : Ab exitu Neronis provinciales sueto militwn contubernio gaudebant, plerique necessitudinibus et propinquitatibus mixti , et miiilibus velustote stipendiorumnota ,et familiaria castra in modum penatium diligebantur.

L'autre camp que le père Le Quicn a donné aussi pour un camp romain, esl de neifcuatkl ai celui de Neufchàtel, village entre Boulogne et Etaplcs, à une petite lieue du port castoî». de Camiers : placé sur le mont Violette, l'un des sommets de la montagne escarpée de Neufchàtel , qu'on nomme dans le pays la montagne Envoyer , le terrain qu'occupe ce camp est asscx vaste. Il est divisé en trois parties: voici la description qu'en a donnée M. l'abbé de Fontcnu (1). La première partie est une élévation de terre de figure ronde, et faite de main d'hommes, en façon de cavalier, environnée d'un large fossé. Au centre de celte hauteur sont les vestiges d'un puits presque comblé. La seconde et la plus étendue est une plate-forme fort large, de figure presque ovale, qui règne tout autour du premier ouvrage, qui en ext comme le donjon. O-tte seconde pavtie est aussi entourée d'un grand fossé. Enfin, la troisième est une avance en dehors, en espèce de pdté, ou de bastion irrégulier et sans angles. Cette fortification extérieure, qui domine sur les environs est aussi munie de son fossé; mais cette fortification, comme l'a observé le savant académicien, n'a nulle conformité avec les camps anciens. 11 ajoute que ce n'est qu'un ouvrage construit dans le goût de la castramétation moderne. Mais ce qu'il regarde comme les restes d'un puits presque comblé , ne serait-il pas plutôt la base d'un phare placé autrefois en cet endroit? La description qu'il en donne ferait concevoir la base d'une tour, telle que l'on aperçoit au milieu de la petite plate forme qui tient au camp de l'Etoile.

La Notice de l'empire d'occident nous indique Un autre camp romain à More, DE merc, u pats entre Calais et Gravclines. Il était occupé par un corps de cavalerie étrangère , kcosoiis. commandé par le général de la seconde Belgique : Equités Dalmatœ Marcis.

César, informé que les Bellovaccs se préparaient à faire une excursion dans le p'kpagot es soisson- Soissonnois, écrivit à C. Fabius de se transporter sur les confins du Soissonnois nois, incertain. avec dcui légions qu'il avait sous ses ordres : ut in fines Sttessionum legiones duos qua-s habebat adduceret (2). Ou son camp fut-il placé? Je m'étais proposé, dit l'abbé Le Bœuf (3), de faire regarder comme anciens les restes des retranchements qu'on voit sur la montagne au-dessus d'Epagny , à un quart de lieue de Vesa-

(t) Mém. de lillér. . Uwn. tnt, p. 410 (j) Ucrc. «le Juin 173», p. lï»0.

(«) De Bel. GiL.I.S.c. ».

ponin ; mais d'autres croyent que ces élévations de terre ne sont pas plus anciennes que celles qu'on voit au-dessus de Gouvieux, proche Chantilly, que les Connaisseurs disent être seulement du temps des dernières Guerres de la Religion. Si ce camp ressemble à celui de Gouvieux , comme nous l'avons déjà dit , nous ne faisons aucune difficulté de le regarder comme un camp romain , d'autant mieux qu'il était à fort peu de distance de l'ancienne chaussée qui conduisait de Soissons à Pont-Saint-Mard, où elle traversait la rivière d'Eleste; mais il était trop éloigné du Bcauvoisis pour avoir été le camp de Fabius.

ne ciMHriiei M. l'abbé Carlicr (1) parle d'un autre camp qui pourrait revenir un peu mieux

Valois. ^ l'indication de César. 11 est situé aux confins des diocèses de Soissons et de Scnlis, sur la gauche du chemin qui conduit de Vcrbcric à Crépy en Valois, c'est-àdire dans la plaine de Champlieu, qui peut passer pour un sommet de montagne . au regard des vallées voisines. Sa figure présente un carré long de six cents toises sur deux cent quatre-vingt-dix de large. Ce carré s'étend du nord au sud. Sa base septentrionale se perd dans la foret de Compicgnc. Ce qui reste de l'ancien camp a la forme d'un fer à cheval de vingt-deux pieds d'élévation , formé • de terres rapportées , et soutenu en dedans comme en dehors par deux murs parallèles. La terrasse pouvait avoir dix à douze pieds d'épaisseur et finissait en talus. L'historien du Valois croit avec assez de fondement que le camp occupait toute l'étendue, non-seulement de l'ancien château des Tournclles, mais aussi du village de Champlieu , à cause des antiquités romaines . des tombeaux et des médailles que l'on découvre tous les jours dans les environs. Il pense que ce camp a été formé sous les Césars, et revêtu, dans le Bas-Empire, d'ouvrages en maçonnerie dont la description se trouve dans Végècc; enfin, qu'il a servi aux troupes des Lètes étrangers , dont parle la Notice de l'Empire , qui étaient cantonnées entre Reims et Senlis : Prœfectus Lœtorum gentilium (inter) Remet et Sylraneotas.

nF Moto'». La même Notice fait mention d'un corps de troupes de Lêtes-Bataves-Con-

drinoises postées à Noyon . Prœpositus Lœtorum Ratavorum Contragincnsium, Noviotnago Relgicœ secundœ. 11 était campe vraisemblablement, partie sur la montagne dite de Saint-Siméon , montagne très-escarpée qui domine sur la rivière d'Oise, partie au pied de cette montagne du côté de l'occident, dans l'emplacement occupe aujourd'hui par l'église Cathédrale et par les rues adjacentes. C'est ce qui a donné naissance à la ville de Noyon : Erant enim castra Rotnana urbium simillima... aggere ac vallo atque fossd circumdata , viisque secta forma

I) Uitl. du V»loif , loin. t. p. M tt iuit.

quadratà ac opportun*» in locis fermé posita (1). Cette ville fut fortifiée, sans doute, par Posthume, comme plusieurs cités de la Picardie, dont il existe encore des portions de murailles bâties dans le même goût de celles de Noyon.

Vermand, village à deux lieues environ de la ville de Saint-Quentin, sur la i>e vemanii i\ petite rivière d'Aumignon, conserve des marques plus apparentes d'un camp vkmiaki>oi>. romain. L'inspection du local suffit pour s'en convaincre. C'est une terrasse plus longue que large, de vingt-cinq arpents de terre ou environ, suivant M. Bcndicr (2), ou de quarante et même plus , selon une dissertation manuscrite en faveur de Vermand; elle est détachée, dit l'auteur (3), de tous côtés , et élevée comme une petite colline qui tient le chef exhaussé pour viser et commander partout. C'est sur ces mémoires, sans doute, qu'a été tracé le plan de Vermand que l'abbé Le Bœuf a fait graver en petit (4). Il fait observer en effet que Vermand y est représenté, non tel qu'il est aujourd'hui, mais suivant les indices qui ont été fournis par les restes de fondations de ses murs et de ses tours. Cette terrasse est placée à la pointe d'un angle, formé par deux voies romaines dont l'une conduit de St. -Quentin a Amiens, et l'autre part de Bavay. Elle était fortifiée par la nature d'un côté, c'est-à-dire à l'orient, par la rivière d'Aumignon, qui est bordée d'un marais; des trois autres côtés, par un boulevart (5) d'environ soixante pieds de hauteur en dehors et de vingt en dedans (6), que les anciennes déclarations des héritages appellent murs et remparts, et par un fossé' qui régnait tout au tour, excepté du coté de la rivière. La partie parallèle à la chaussée de St. -Quentin à Amiens peut avoir cinquante toises de long, ce qui est précisément la largeur du camp en dehors. La paroisse de Vermand , l'abbaye de Notre-Dame de l'ordre de Prémontré et le village qui est fort chétif aujourd'hui ont été bâtis dans l'intérieur.

On y a trouvé un grand nombre de médailles et on en trouve encore quelquesunes; mais presque toutes sont du Bas-Empire, depuis Posthume père jusqu'aux Constantins inclusivement, preuve que l'antiquité de ce camp ne remonte guère au-delà de l'an 260 de l'ère chrétienne. M. Le Nain, ingénieur de la province de Picardie, déjà cité plusieurs fois, ayant été envoyé en 1638, par le cardinal de Richelieu, pour examiner si Vermand était un lieu propre, comme on l'avait persuadé à Son Eminence, à être fortifié et à arrêter les courses des ennemis dans le Vcrmandois, jugea que la chose demanderait trop de dépenses. Voici comment il s'exprime dans sa disssertation de l'antiquité de l'Auguste de Ver-

(1) Valu., Notit. Gai. (4) Diswrt. sur l'hist. de Pari*, tom. i, p. SM.

(i) Def. de* prérogaL de Saint- Quentin . p. S. (S) Noot. recherr. ini la France , tom. n, p. 8*4.

(%) Ane. cité de Vermand.. ebap. 8. (•) D. Viard, Mit.MS. deSt.-Queotin-en-riile, p. II.

mandois, imprimée à Noyon en 1871 : Je trouvai que la terrasse nu rempart que l'on y voit estoit un vieux camp des Romains de mesme façon que ceux au-dessus de Péquigny près Amiens, de l'Etoile, de Duncq sur-Somme , du Mont Saint- Eloy au-dessus d'Arras, et plusieurs autres que j'ai veus et visités, et qui subsistent toujours sous le nom de César, et qu'il coûterait plus à remuer les terres, pour leur donner forme que de dépenses pour faire une fortification toute neuve : ce qui lui fit perdre l'envie qu'il en avoit formé.... Ce lieu là est un véritable camp des Romains posé dans l'un des angles de la croisée de deux chaussées militaires.... Voilà ce que je peux dire sur le sujet de celte antiquité, de quoyje peux répondre pourextre chose que j'ai veue. Le Préfet des Sarmatcs-Gcntils pouvait être posté aussi avantageusement à Verinand qu'au Vic-Laon. L'un et l'autre étaient également entre les Rémois et les Amiénois. Celui-ci avait cet avantage d'être éloigné'plus de Reims et moins d'Amiens.

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