‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 6 sur 294 · NATION DE L'UNIVERSITÉ. — SON ÉTENDUE · texte numérisé non relu

NATION DE L'UNIVERSITÉ. — SON ÉTENDUE

Si l'on considère cette province comme nation de l'Université de Paris, qui joint au second rang qu'elle a toujours occupé dans la faculté des arts, la quali-

(I) Florit Valider U«er. Clulel. de l'blc , p. «S. (4) Fol. 7» , vers.

(1) Bec. de» ordon., t. m. p. U4., n. ib., préf. p. 38. (S) Pren?., pari. h.

(3) Ib. , p. S».

fication de très- fidèle , fidelùsima natio , titre de fidèle aussi précieux qu'il est ancien pour la nation gauloise en général, puisqu'il est donné dans une épitapbe romaine (1) à une cohorte de ces peuples qui servait en Espagne sous Caius Furius Sabinus, prœfectug cohorti* fidelis Galtiœ ; sous ce point de vue, la Picardie sera d'une étendue immense. Car sous les cinq tribus, savoir : Bcauvais, Amiens, Noyon , Laon et Thcrouanne sont compris, non-seulement les diocèses de Soissons et de Senlis , mais aussi les dix-sept provinces des Pays-Bas , c'est-à-dire , les cvèchés de Cambrai , de Tournai, de Maestricht , de Liège, etc. (2). Enfin, par le traite passe le 18 juillet 1358 entre les nations de Picardie et d'Angleterre, la rivière de Meuse devait faire la séparation de l'une et de l'autre nation, de façon que les duchés de Brabant et de Gueldres , les comtés de Hollande et de Loost , les cantons de Cuke, de Holst, de Worsts, de Herpits, de Eiker, de Home, de Kessel et de Pytrishein , faisaient partie de la nation de Picardie (3). Ce n'est pas à dire pour cela que tous ces peuples fussent vraiment Picards; il suffisait qu'ils fussent incorporés à la nation de Picardie. On ignore ce qui peut avoir donné lieu à cette division, parce qu'il n'existe dans les archives de l'Université aucun monument antérieur au mois de mai 1244 ; c'est un rescript du pape Innocent IV qui étend aux officiers de chacune des nations les privilèges de l'Université en général. Si les quatre se trouvent nommées dans un acte de la faculté des arts du mois d'octobre 1240, c'est collectivement : quatuor nationes artittanim , à l'exception pourtant de la nation de France dont il est fait mention expresse; mais il n'est pas difficile déjuger, par le statut de Simon, cardinal-légat, dresse en 1266 , relativement à l'affaire dont il est parlé dans l'acte de 1240, que les trois autres nations étaient celles des Picards, des Normands et des Anglais ; elles sont dénommées dans ce statut nationes Gallicorum y Picardorum , Norm a nnorum et Anglicorum. La nation de Picardie a pris pour patron saint Nicolas, évèque de Myre, ce qui vraisemblablement a étendu le culte de ce saint dans la province.

Cette division fut admise dans les universités d'Orléans et de Poitiers. La Morlière (4) rapporte qu'un seigneur de Beaugenci , nommé Simon , guéri de la lèpre par l'intercession de saint Firmin, martyr, donna en reconnaissance aux écoliers picard*, qui étudieraient dans l'université d'Orléans , une maille d'or à prendre tous les ans, le jour de la féte du saint, avec pouvoir, ajoute le P. Dairc (5), au procureur de la nation de descendre dans une ferme du seigneur et d'y vivre

(I) Sponn. Mkoll. Brudit. AnUqnit. , p. 148. (i) Antiq. dAm. , 1. 1 , p. 30.

fi) Mém.

(9) Du*

uni». P«rb, t. it, p. Sis et »eqq.

(5) Hiit.d'A».. ton. m., p. 131.

aux dépens du fermier, avec un nombre d'écoliers tel qu'il jugerait à propos. Rumet (1) nous apprend que de son temps, c'est-à-dire , vers le milieu du xvi.* siècle, la devise des Picards, qui étudiaient dans l'université de Poitiers, était un pivert, à la fleur de lys en cœur, environné de flammes avec cette inscription : Uror amore tuo. Même distinction de la nation de Picardie en l'université de Bourges ; les fidèle* Picards y avaient leurs lois et leurs règles , lesquelles ayant souffert quelque altération, furent remises eu vigueur en 1607 (2). A. la suite de la loi renouvelée sont les noms des officiers, gouverneurs, lieutenants et trésoriers, dont le premier et le second prennent deux ans après les titres de prieur et sous-prieur, avec ceux des étudiants en l'Université depuis l'année 1607 jusqu'en 1622, et une délibération de l'assemblée du trimestre d'août 1621 touchant certain échange de districts entre les Picards et les Champenois.

La Picardie, comme nation de l'université de Paris, était partagée en haute et basse ; celle-ci contenait les dix-sept provinces ; la haute renfermait les diocèses plus voisins de Paris. Cette nation , en général , fit l'honneur de l'Université aux xv*, xvi', xvn.' siècles, et contribua plus qu'aucune autre des nations au rétablissement des sciences et des arts en France , comme on en pourra juger par la notice des lieux de la province où nous indiquerons les hommes célèbres qu'il ont produits.

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