STATUES DANS LES PREMIERS TEMPS DE LA BELGIQUE
Mais toutes ces divinités n'avaient ni statues, ni temples. Les Germains étaient persuadés que la majesté des dieux ne pouvait être renfermée dans des temples, ni la divinité représentée sous aucune figure : Nec eohibere parielibus deo», neque in ullam humant orisspeciem attimulare,ex magnitudxne cœlestium arbitrantur (6). Or, supposé que les Belges eussent un système de religion différent avant la première invasion des Germains, ceux-ci, maîtres du pays, n'eussent pas manqué d'y faire valoir le leur ; mais tous les auteurs anciens conviennent que ces deux peuples pensaient de même. En effet, Pline assure (7), par rapport aux statues, que de son temps même , chaque espèce d'arbre représentait encore un dieu , comme le chêne représentait Jupiter, et que les Romains n'avaient vénération plus grande pour leurs simulacres tout brillants d'or et d'ivoire, que les Gaulois en général en avaient pour un grand arbre : Etiam nunc Deo prmcellentem arborent dicant . Nec
ma gis auro fulgentia algue ebore rimulacra Arborum gênera numintbus suis
dicata perpetuo servantur, ut Jovi esculus , etc. Cet auteur ne parle que du chêne consacré à Jupiter. Phèdre (8) fait rénumération de plusieurs espèces d'arbres consacrés de même à différentes divinités , tel que le myrthe à Vénus , le à Apollon . le pin à Cybèle , le peuplier à Hercule , l'olivier à Minerve :
Olim, quas vellent cm in tutcla sua , Divi le gérant arbores. Qucrcus Jovi , Et myrthus Veoeri placuit, Pbebo laurea , Pjbous Cybcl, populus «Isa Hercnli Oliva nobis (Minerves)...
1/ Ur*g. Turon., de «lor. touî., e. ». • a) Coroel. Tkïi.. hUl., 1. 15. c. 18. 13) Mai. Tyr., dtwert. 3». p. 431 , «60. Àu*>n., declar. urbib., ven. 1M.
S; Murât., Intcrip., p. U.
,6; Tacil.. de roor. Germ.. t. !».
[7} Plio.. I. I*, c. t.
8) Phirtri ftbul. , li». 3, f*bul **n.
Les figures du dieu des bois, dit Lucain (1), sont sans art et consistent en des troncs bruts et informes qui sont sur pied : c'est le génie des Gaulois de n'être ainsi saisi de respect que pour des dieux représentés sous des figures éloignées du goût de celles que leur donnent les autres nations. On ne Tojait encore du temps de Tacite (2) , dans le bocage consacré à Alci$ , ni simulacre, ni vestiges d'un culte étranger. Telles étaient les statues des divinités belgiques du premier ordre. Les dieux du second , comme les rivières , etc. , les source* et les courants étaient les figures des intelligences ou des génies qui y étaient adorés.