DANS LE SECOND TEMPS
Dans la suite l'art commença à y entrer pour quelques chose. Dieu avait défendu aux Israélites de dresser des colonnes et des monuments (3) , d'ériger dans leurs terres des pierres remarquables et superstitieuses pour les adorer : Nec litulos erigetis,nec insigem lapidem ponetis in terra retira, ut adoretis eu»» (4). Le savant et judicieux Pellouticr nous apprend que l'cpithètc de Saxanus fut donnée à Hercule , parce que on lui offrait un culte religieux au milieu d'un grand nombre de grosses pierre». M. de Caylus a ajouté à cette interprétation que les anciens Celtes n'avaient point de temples fermés ; qu'ils consacraient à leur$ divinités dans des espaces tracées par de grosses pierres (5). L'Allemagne et l'Angleterre nous offrent plusieurs de ces pierres d'une grandeur énorme . fichées en terre et alignées avec une sorte de symétrie (6). On en trouve aussi en France, surtout dans l'Anjou et la Basse Bretagne, le Maine et le Poitou (7). Elles sont plus rares dans la Picardie , et à proprement parler il ne s'en trouve que dans le Valois et dans le Soissonnnis. On en voit six placées en pleine campagne à certaine distance les unes des autres, entre Vcrberie et Rhuys (8). Elles sont d'un grès brut. La plus considérable des trois qui sont plantées assez près de la rivière d'Oise, a neuf pieds d'élévation hors de terre et quatre à cinq en terre. Sa largeur est de sept pieds dans le milieu, et son épaisseur asset uniforme de dix-huit pouces environ. A cin quante pas à l'ouest on en aperçoit une quatrième penchée du côté du midi,
(l.i T*ctl., wpri.
(S) Mjlhol., «ipr. , p. 681.
(3) Hist. «le» Celt. . I. B.c. U.gS.
(t) Uvil. ,f»p. ItTI, wn 1.
(S; Bee.d.nttq.. ton. ». p. 3W.
(6; D. de Motif., antiq. npliq.. Mip.. lom. », p. 147. ISO.
(T, Ibid. . p. US et soi»., el Caylu» npra, lom. i», p. J7I : lom. »i. p. 861, :wh
(8) Cartier, hist. dn Vilot*, ton», i , p. 7.
haute de huit pieds, non compris sa base qui est enterrée, et large de cinq ; et un |>eu plus loin sont deux autres ; l'une n'a que trois pieds au-dessus de la surface du champ, l'autre ne montre qu'une telc brute qui sort à peine de terre. La première des six a sa pareille, mais isolée absolument, près Borcst, sur le chemin de Seiilisà Baron. Celle-ci a neuf pieds trois pouces de hauteur, cinq pieds en terre, sept pieds de largeur dans le bas et trois seulement vers son sommet ; ce grès est plus dur que le précédent. On objectait , il n'y a pas trente ans, à ceux qui soutenaient que les Druides avaient eu un temple dans le bois de Tau , cri Soissonuois , que ce lieu était couvert aujourd'hui de grès et de rochers accumulés les uns sur les autres, ce qui rendait le terrain inabordable (I). C'est précisément la preuve de l'existence d'un temple gaulois dans ce canton.