ET PICARDIE
Les autres écrivains ne sont pas moins partagés sur l'origine de son nom, que sur son ancienne étendue. André Therct (I) fait venir le nom de Picardie de certains peuples qui s'établirent dans la Belgique, des partisans, sans doute, de ce riche bourgeois de Lyon, auteur, au xn." siècle, de l'hérésie des Vaudois, qu'il porta en Picardie, dans les pays-bas, en Allemagne et en Bohême. M. de Thou (2) a fait mention de ces hérétiques dans son histoire ; mais il les a confondus avec les Picards de Bohême, que Winceslas Hagec (3), historien de Bohème, fait venir dans ce royaume dès Tan 1176, tandis que, suivant la plupart des historiens, ils n'y arrivèrent qu'en 1418. Zacharie Thibaut, auteur fort exact, dit qu'il arriva de France cette année un certain homme nommé Picard , qui entretenait beaucoup de monde dans ses hérésies (4). Ces Pighards , dit Jean Sleçhta , secrétaire du roi de Bohème Ladislas (5), ont pris leur nom d'un transfuge de Picardie : ce sont de purs Vaudois. Cependant, les historiens contemporains, si l'on en croit Jacques Lenfant (6) , ne les ont pas regardés comme tels. Thcfct aurait bien pû entendre aussi par Picards les Béguin» ou Begards : ceux-ci ont été confondus de même avec les Vaudois ; mais l'un et l'autre sentiment paraissent aussi peu vrais que les étymologies suivantes du mot Picard.
Il vient, disent les uns, du mot latin Pica, en français Pie, oiseau revèchc, opiniâtre et agaçant : c'est le naturel du picard d'être vif, entêté et de se piquer facilement. Un poète nommé Goneau, cité par Bumet (7), veut au contraire qu'il dérive du mot Picus, Pivert, autre oiseau qui a l'âme martiale. Voici comment il s'exprime en quatre vers, qu'il a composés à l'occasion de la pie d'un certain Jean delà Croix (Grucei) , picard :
Pica loquax, crucei studium; Picard ia namque
Dicta il là à pica est ; fallitur usqoc tamen : Crcdidcrim pici deduclum à nominc nomen ;
Martia gens elenim est , martia picus avis.
Les Picards, disent les autres, sont d'une humeur prompte et brusque ; c'est
(I) Coamogr., 1. 15, ehap. S. (S) Ernsro. . épist. 81 , 1. 14.
(t) Tom. i , p. SU. Tndoct. de Bade. (6) Conc. Con*t. wipr. , p. M.
(3) Jacq. Lenfant. CodcII. de Con*t„ tom. i, p. 19. (7) Hiil. de Picardie MS.
(4) Bell. Huait., c. 44, p. 93; e. 80, p. 105.
pourquoi leur nom est composé de deux mots grecs, *i«{a ««f^«, qui signifient en latin acre cor (cœur âpre). Autant vaudrait dire que le nom de Picardie vient de ces deux autres mots grecs *i{< »«f/i«, c'est à-dire, autour du cœur. En effet, lorsque la ville de Soissons était la capitale ou le cœur du royaume de Clovis, le reste de la Picardie était comme son péricarde : et cette province u'a-t-clle pas été longtemps le boulevart de la France ?
M. de Valois (1), sans admettre aucune de ces étymologics semble se déclarer cependant pour l'allusion du mot Picard ù celui de Picari (se piquer). Sur quoi fondé? sur une querelle survenue au récit de Mathieu Paris, en 1220, entre les écoliers de l'Université et les habitants du faubourg de Saint-Marcel de Paris ; les auteurs, dit-il, étaient des frontières de Flandre, appelés communément Picards, quos vufgariter Picardot nominamus. Mais Mathieu Paris les a-t-il représentés plus violents que les Anglais, étudiants en 1201 , en la même université, qui, au rapport de Guillaume de Nangis (2), forcèrent les maisons des Picards, en tuèrent quelques-uns et forcèrent les autres à prendre la fuite : Parisiu* inter clerico» nationi» Picardiœ et ibidem studente» Anglicot tarda fuit orta diteordia quàd itudium defîoere crederetur ; nom dotnos Picardorum Anglici confringentes , et aliquos accidentes extrà Pari*iu$ Picardos fugere compulerunt. D'ailleurs le fait rapporté par Mathieu Paris est bien postérieur au temps où le nom de Picard était connu, puisque le cartulaire de St. A vit de Chatcaudun (3) , rédigé au commencement du xii.' siècle, fait mention d'un Martin surnommé Picard, Picardus. L'auteur anonyme des Gestes des Francs depuis l'an 1195 jusqu'en 1199, parle d'un Wilhelmutn Picardum qui reçut la couronne du martyre au siège d'Acre en Palestine. Un titre de l'an 1125 porte que la terre de Saint- VaudriUe en Beauvoisis, fut délaissée à un certain Clément cognominato Picardo. Le mot même Picardus, à la fin du même siècle, était devenu un nom propre, témoin un acte de notoriété de l'an 1190 concernant la commanderie d'Eterpigny et l'abbaye du Mont Saint-Quentin (4). Or ce mot de Picard que l'on trouve aussi dans un acte capitulaire de l'église de Senlis en date du mardi après la Saint- Jean de l'an 1286, dotnini Johannis dicti Picardi canonici, et dans plusieurs autres, était, suivant l'auteur de la notice des Gaules, un surnom qui désignait la province de celui qui le portait. Il est vrai qu'alla fin du xtu.* siècle ou plutôt au commencement du xiv.', le mot de Piquart, comme l'on prononçait alors, est employé collectivement par Guillaume Guyart dans sa branche des Royaux
(I) Notit. Gall. a« mot Pitardia. (3) Annal. Bénfcl., loin. ». p. «38.
(«) Spkil. , loin, u, p. 571. (t) Pr., pari. n.
lignage» pour désigner les peuples de la province. Une autre raison de M. de Valois est que nos anciens donnaient la terminaison ard aux mots qui exprimaient uu vice, soit de l'esprit, soit du corps (1) ; ainsi comme les peuples de notre province étaient prompts à la colère, on leur a donne le nom de Picard». Par cette raison, les noms propres des personnes , comme Adalhard, Médard , Gildard, Godard, etc., doivent tenir du sobriquet.
D. Carpcntier, grand partisan de cette opinion, a tâché de letayer par des preuves qu'il regarde comme décisives ; ce sont trois extraits de lettres de grâce accordées par le prince pour des excès commis (2). La première, de l'an 1377, est en faveur d'un certain Tlicvcnon, doubtanz la mort et la grant austérité de Jehan le Pionnier, qui estoit homme ettrange , Pioart et de mauvaise pie. La deuxième fut expédiée 'en 1388 à un nommé de Chat i lion : loellui de Chast il Ion cognut au parler que icellui Thomas estoit Picarl , et pour ce par esbatement se prit à parler le langage de Picardie et ledit Thomas qui estoit Pioart prist à contrefaire le langage de France, et parlèrent ainsi ensemble longuement, et tant que ledit Thomas se prist à courcier de ce que ledit de Chas til Ion contrefaisait son langage, et Vappella , pour lui faire déplaisir , Sires homs , en lui disant que c estoit à dire, en langage de leur pays , cous. Enfin la troisième est de l'an 1307 : loellui Portât dist au suppliant, comment sanglant Picart banny, atoie tu paour que je ne te pousse potier. . . A quoy eust respondu ledit suppliant , je ne suis pas Picart, car je sueffre bien que on me desmente.
Nous ne voyons pas qu'il résulte de ces preuves prétendues victorieuses autre chose sinon que le mot de Picard pouvait être en effet un sobriquet au xiv.' siècle. S'ensuivrait-il qu'il l'était cent ans auparavant? Que quelques particuliers, gens de la lie du peuple, aient jeté un ridicule sur ce nom, est-ce une conséquence que toute la nation l'ait adopté ? De plus, si l'on fait passer pour colère, pour impétueux, un homme austère c'est-à-dire rigide sur le point d'honneur, un homme qui ne peut souffrir qu'on lui manque impunément , que de Picards aujourd'hui en France ! En supposant à ceux-ci l'âme martiale des anciens Picards qui, semblables à ces anciens Gaulois dont parle Ainm. Marcellin et Justin, • imprimaient la terreur et l'effroi aux Romains, Luminumque torvitate terribi- /e#(3)..., Tant us terror Gallici nominis ut reges eorum auxilium implorarent(A) et ailleurs, Gallorum nomen quod semper Romanos terruit (5). . ., ils seront redoutables ;
(1) Voya ao mol Picardie. W Jiutin, 1. 25 , p. 183.
(S) Gloss. iupp. au mol Picmrdia. (S) Ib. I. 38 , p. 231.
(S) Ain. Mar.l. U.c. It
et par là leur nom deviendra une épithète de mépris, dans la bouche de ceux qui n'auront ni leur courage ni leur valeur, turpù Romane Belgicus ore oolor (1). Ainsi , ces raisons nous paraissent moins que convaincantes.
CES DEUX NOMS VIENNENT DE CELUI DE PIQUE , ARME OFFENSIVE PARTICULIÈRE AUX PICARDS.
Au contraire, les preuves de ceux qui font venir le nom de Picards de l'arme offensive nommée Pique dont l'usage était particulier aux peuples septentrionaux de la France, paraissent plus évidentes. Un Picard , suivant la définition du terme, est celui qui se sert à la guerre de la pique ou tarisse , arme des Macédoniens : picardus , qui pied seu sarissâ in bello utitur. Les nouveaux éditeurs du Glossaire de Du Cangc ont emprunté cette définition de Fauchct (2). Suivant la description qu'il donne de cette arme, la pique était une hampe de bois, menue, longue de 15 ou 18 pieds, garnie d'un morceau de fer en pointe. Thevet (3) ne dit point où il a puisé que les Indiens barbares de la rivière de PlaUi se servaient du mot de Picard pour exprimer une egratignure faite par une pointe quelconque, ni qui lui a appris que les Canadiens occidentaux donnaient le nom de Picard au soleil lorsqu'il vient réchauffer leur froide région , et qu'ils employaient le même terme pour désigner quelque chose de chaud. Il serait bien étonnant que des peuples si différents d'habitation, de moeurs, de langage . se soient rencontrés en attachant les mêmes idées au mot de Picard.
Ce mot était si bien une dénomination militaire au xiif , xiv.' et xv.c siècle . qu'il était employé non seulement en France, mais aussi en Angleterre et en Italie . pour désigner un soldat armé de la pique. On voit (4) , au nombre de ceux qui furent excommuniés en 1252 pour avoir maltraité l'oflBcial de Cantorbery . un certain Martin, arbalétrier, et Jean son frère Picard. L'un et l'autre sont désignés dans les lettres de l'archevêque, non seulement par leur nom, mais aussi par leur profession. En 1381, le pape Innocent VI écrivit au roi Jean qu'entr' autres stipendiaire* , il a ordonne à Robert Dauphin de demeurer au service et aux appointements de l'Eglise romaine , avec une certaine escorte de gens d'armes, de massiers, d'archers et de Picard*, inter stipendiarios alto» Robertum eumdem ad nostra et Romanœ ecclesiœ obsequia et stipendia eu m
(1) Properl., I. S . p. 189. (3) Cosmog., tom. n , 1. 5. fol. SOT */
(i) De 11 Milk* . I. S , fol. 530 v.- <i) M«th. P.ris . addil. , p.
certd armigerorum hominum, seu Clavorum et Arccriorum, Picardorum comitivâ jussimus remanere(l). Pour la France, le dictionnaire de l'Académie dit expressément que les piques ont été longtemps en usage dans l'infanterie. Aujourd'hui même la pique est l'arme des officiers à pied. Nous dirons plus, elle vient des Picards.
H. Du Ginge (2) nous apprend que cette arme était particulière aux peuples de la plus grande partie de la seconde Belgique. Il cite une charte de Charles VI de l'an 1321 , tirée du trésor des chartes, où il est dit : A tous grans bâtons ferrés comme glaive et pique de Flaïuire. La chronique française de Saint-Riquier parlant de l'armée du duc de Bourgogne sous l'année 1470 (1471) dit qu'il y avait hommes portant piques qui sont mortels bâtons contre renues de chevaux. On y voit aussi qu'au mois de mars de la même année , les Flamands envoyèrent au duc quatre à cinq mille compagnons ayant chascun sallade, jacque, espée et piques aussi longues comme lances à menue fust et roide à long fer et ague tranchant de trois côtés. Or nous avons prouvé que la Picardie considérée soit comme gouvernement féodal , soit comme gouvernement militaire , renfermait une grande partie de la Flandre ; et nous ferons voir que les comtés de Boulogne, de Saint- Pol, de Thérouanne et de Guincs, étaient des arrières -fiefs de Flandre ; qu'ainsi les peuples de ces trois comtés peuvent bien être compris sous le terme général de Flandre. En 1480, le roi Louis XI ordonne une armée de vingt mille hommes de pied dont 7,000 Suisses, autant de Picard», autant de Normands armés de piques et de hallebardes pour demeurer toujours sur pied (3).
Nous croyons pouvoir donner les piques aux soldats de Picardie, avec d'autant plus de raison qu'on voit , par une quittance originale de Robinet de Créqui (4) , seigneur de Rcbertenghe , qui servait sous le comte de Saint-Pol, capitaine-général des pays de Picardie et de Westfrise, que ce chevalier passa en revue le 1". de mai 1410, avec six écuyers de sa compagnie et le même jour avec quatre arbalétriers et vingt hommes armés à pied que l'on dit piquars , pour la garde du château de Ficnnes ; sur quoi l'on observera que ce seigneur était de Picardie et par conséquent ceux de sa compagnie, conformément à la loi des fiefs qui était encore en vigueur, et que le nom donné par Guillaume Guyart aux habitants de la Picardie est Piquars, comme dans la quittance de Robinet de Créqui. Si ce témoigtiage ne suffit pas, en voici d'autres. Corbichon (5), chapelain du roi Charles V, s'exprime ainsi : les Picards usent de piques et de dar* plus qu'au-
(1) Mart. Om. »necd., loin, n, col. 010. (») Aiaclm. généil., tom. rt, p. 806.
(«) Glo». topr. (5) ProprWt. des cbo*«. tom. it , c. M.
(3) Meierai. lo-M. , lom. n , p. 183.
très bâtons, pourquoi aucuns les appellent Picards. C'est une addition qu'il a faite dans sa traduction de Barthélcmi l'Anglois. Il fallait qu'il en fût assuré. OrtcHus (1) dit aussi qu'on leur attribue l'invention d'une espèce de traïet, auquel on donne le nom de pique , et que l'on conjecture qu'ils ont tiré delà le nom de Picards. Ecoutons Fauchct : et possible que la picque vient du pays , qui pour telle sorte d'armes en a retenu le nom de Picardie , d'autant que les gens de pied de ce pays là (plus volontiers que les autres nations) usaient de ce long bois appelé aussi hokebos (2). Cet écrivain était très-versé dans les antiquités françaises. Enfin Guillaume Blaeu, après avoir rapporté différentes opinions touchant l'origine des Picards , conclut à dire : aucuns pourtant ont cru que les Picards étaient anciens gaulois auxquels l'on attribue l'invention des piques d'où leur vient le nom de Picards.
Nos modernes, qui ont approfondi cette question, parlent d'une manière plus décisive encore. Bcrgicr, parlant des différents sentiments touchant les Picards, s'exprime ainsi: Toutefois les autres disent que ce nom ne leur vient d'ailleurs que de longues piques que les peuples de Picardie portaient ordinairement à la guerre (3). Ceux qui ont écrit, dit l'abbé Carlier (4), que le mot de Picardie vient de pique, arme offensive dont les François se servaient encore au xiii.' siècle , me paraissent avoir saisi la véritable raison de cette ètymalagie. L'auteur d'une lettre sur l'origine des Picards (5j , qui a paru trois mois après la dissertation de l'abbé Carlier couronnée en 1752 par l'Académie d'Amiens, s'exprime presque dans les mêmes termes : «7 semble, dit M. de la Chapelle , que ceux qui ont écrit que le mot de Picard vient de pique , arme offensiee dont les anciens Belges se servaient , n'ont point eu grand tort. Enfin , D. Vaissette, après avoir bien posé les opinions diverses sur l'étymologie du nom de cette province, décide (5) que la plus vraisemblable est celle qui la fait dériver des piques dont les milices ou les communes du pays se servaient avec beaucoup d'adresse. En effet, il n'est point de province en France où les communes aient été plus multipliées qu'en Picardie ; non seulement les villes et les bourgs, mais aussi la plus grande partie des villages ont participé à ce privilège; les troupes qu'ils mettaient sur pied appelées sergents , servientes , étairnt armées de piques, comme il paraît par les sceaux de quelques-uns de leurs maires, fin seigneur voulait-il punir ses vassaux , il les privait du droit de porter la pique ;
(1) Theal. orbi* term.
(S) De ta Milice, I. s , fol. SJO ♦.•
(3) Anliq.de Reims, p. 343.
(*/ Duserl. »ur le Belgium , p. 38.
(j; Merc. de Frtnce . dee. 175» . p. 5*. (6) Géograph. hi*lor. , lom. *i, p. ♦».
d'où rient que les habitants du comté de Guines rcgai-daient comme une loi très-rigoureuse, de ne pouvoir se servir que d'une massue dans les armées (1).
Cependant D. Vaissettc et M. de la Chapelle ne paraissent pas d'accord sur l'époque de la pique. Le premier ne la fait remonter qu'à l'institution des communes *, par conséquent l'usage des piques ne serait que du commencement du xii." siècle, puisque la commune de Laon, qui passe pour la plus ancienne, n'est que de l'année 1112; nous avons vu pourtant des Picards dès le xi\ Le second croit les apercevoir dans ce vers de Lucain :
... Longisque levés Suessoncs in armis (î) ,
et que ces longues lances dont les Soissonnais se servaient avec tant d'agilité , n'étaient autres que les piques. Il en fait venir l'origine des guerres que les peuples de la Belgique eurent à soutenir contre les Germains, ennemis redoutables par leur cavalerie ; car les armées des Gaulois en général n'étaient formées que d'infanterie : la nécessité , dit-il, fit chez eux ce que Machiavel observe qu'elle avait faite chez les Suisses, c'ett-à-dire qu'ils eurent recours aux armes longues et fort pointues. Strabon (3), en effet, donne aux Gaulois dea espèces de lances. Guillaume-le-Breton (4) nous met à portée de juger combien il était difficile d'entamer un corps de picards, en rapportant la résistance vigoureuse du comte de Boulogne à la bataille de Bovines :
Nullâ parte cornes metuobat ab hosle necari. Hastatos enim pediles invadere nostri Horrebant équités , dam pugnanl eusibus ipsi , Atque arrois hrevibus ; illos ver6 hasla cutellis ,