‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 90 sur 294 · TAL DE LA VILLE · texte numérisé non relu

TAL DE LA VILLE

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mais aussi de tous les empereurs déifiés. Léo statues des soixante-quatre peuples des Gaules placés sur l'autel du temple de Lyon consacre à Rome et à Auguste, furent un titre en vertu duquel chacune de ces cités eut droit de nommer un des prêtres qui composaient le collège destiné au service de ce temple. Ces prêtres y venaient tous les ans (1) à l'anniversaire de la Dédicace, c'est-à-dire au I." du mois d'août, y exercer leurs fonctions. Ils retournaient ensuite dans leurs cités où ils avaient souvent des emplois considérables , comme il paraît par l'inscription du prêtre de la cité des Morins. On n'est pas bien certain cependant si Puniceus Cenialis (c'est le nom de ce prêtre) était attaché au temple de Lyon, ou seulement à celui qui était érigé dans la capitale de la Cité, car Aurelius Victor assure qu'il n'y avait point de ville un peu considérable dans les Gaules où Auguste n'eût un temple. L'inscription de Puniceus Cenialit ne s'explique pas assez pour pouvoir en juger. Les Curiaux étaient ceux qui avaient soin des sacrifices. A la tète du collège était un pontife subordonné au grand pontife de Rome.

Les actes de saint Firmin, martyr, ne font mention, ni du pontife, ni des duumvirs de la ville d'Amiens, mais seulement des curiaux et des prêtres subalternes (2). Les préfets firent assembler les uns et les autres : tune prœsidet, data jussicme , prœceperunt ut curialet et templorum lacerdote» in eorum prœsentiam convenirent ; et Auxilius , curiale et prêtre en même temps des temples de Jupiter et de Mercure , porta la parole contre saint Firmin : Auxiliu» curialis et tenerabilit templorum Jovis et Mercurii sacerdos respondens dixit. Les actes de saint Ricul font mention aussi des prêtres du temple de Scnlis. Furieux de voir les miracles que saint Ricul opérait, ils allèrent trouver le gouverneur Quintilien pour l'engager d'exterminer l'ennemi juré de leurs dieux : quod videntes templorum pontifices , invidiœ facibus accensi , ut A finibu* suis deorum hostis exterminaretur, Quintiliano urbis prœfecto suadere cœperunt (3). Lorsque le saint eut fait fermer le temple et mis dehors les faux dieux, ils coururent, tout éperdus, au palais du gouverneur, et lui reprochèrent son peu de respect pour les dieux et pour les ordres de l'Empereur : Tune sacer dotes, qui jussis insistebant sacrificiis , deorum suorum interitum considérantes, cum magno

ululatu discurrebant Prœfeoti domum ingressi dicebant : cur , maledicte ,

deorum sanctuaria destrui permittisf Cur Imperatoris leges evertentem, infelix Prœses, non punis (4)P Les chrétiens réglèrent sans doute la police et l'étendue du

(I) H.s». de l Acad. d« Infcrlp., t. m, p. Ml. (3) Ib.d.. I. m, Martii. tit.8. Reguli. p. Si*. o.« 8.

(») Bolland., t. tu . Mptemfc.. vit. S. Finn., n.« IS. (♦) Ibid., n.« 10.

ressort ecclésiastique, sur le pied des pontifes de la religion qu'ils avaient abolie. Le sacerdoce (payen) , dit l'abbé Belley (l) , étoit encore soutenu de l'autorité publique dans le* Gaules, sous l'empire de Valentinien I.'r et de Gratien, comme il parent par une loi de as princes de l'année 371.

Il ne nous reste aucun monument du collège sacerdotal de Soissons, mais la ou yiuis or. soisdécouverte qui a été faite en 1730 à l'Hôtel-Dicu , comme nous l'apprenons des sons bt de vfhhand. Mémoires de l'Académie de cette ville, pourra nous servir d'indice. En démolissant un vieux bâtiment à l'endroit où existe le principal corps de-logis des religieuses, on trouva, enfermée dans une boîte de chêne, cachée sous une poutre à laquelle elle paraissait servir de soutien, une ceinture d'argent battu et dorée. Elle était formée de plusieurs plaques qui lui servaient de charnières. Chacune avait une agrafe représentant des sujets de sacrifice. Autour de la ceinture étaient suspendus , par des chaînons de même prix , nombre d'animaux de diverses grandeurs. On j vojait d'un côté une platine double et ouverte, en forme de gaine, pour y placer un couteau. Ce morceau, disent les Mémoires de l'Académie que nous analysons, fut très-admiré des savants, et Ton ne saurait trop regretter la vente qu'en firent à des Juifs les administrateurs de l'Hôtel-Dieu. Cette ceinture avait appartenu certainement à un sacrificateur soissonnois sous l'empire romain , et c'est sans raison que l'auteur de la description de ce monument lui donne le nom de ceinture des Druides. La ville de Vermand (2), dit l'abbé Belley, aujourd'hui Saint-Quentin, au temps du paganisme étoit le siège du Pontife ou du grand-Prêtre, chef des ministres de la religion dans le territoire de la Cité.

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