‹ Introduction à l'œuvre de Paul Claudel avec des textesChapitre 27 sur 38 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

LUMIR, ouvre le sac el en lire deux pistolets. — Fais attention !

Il y a dedans deux pistolets, l’un grand, l’autre petit.

Je les ai chargés moi-même ce matin.

Louis. — Bien.

Lumir. — Tu vois? Les amorces sont mises. Maintenant, écoute bien.

Le petit est chargé à blanc, il n’y a pas de balle. Tu as entendu ce que je te dis?

Louis. — Le petit est chargé à blanc, il n’y a pas de balle.

Lumir. — Le petit, tu entends? Pas d'erreur.

Le vieux est lâche. Je suis sûre que la peur suffira et qu'il n’y aura pas besoin d'en venir aux extrémités.

Il vient de toucher 20.000 francs d’Ali.

C’est Sichel qui me l’a dit. Il les a certainement sur lui.

Ilest vieux. Il est usé. Qui sait si l’émotion ne suflira pas?

C’est une idée que Sichel m’a donnée.

Elle est avec son père dans l’autre aile du bâtiment. Il n’y a personne dans celle-ci. Il n’y a rien à craindre d'elle.

Louis. — L'autre pistolet?

Lumir. — L'autre pistolet est chargé à balle.

Louis. — C'est bien.

Lumir. — Tous les deux sont au cran d'arrêt, mais on peut les armer avec une seule main. |

Louis. — J'ai compris.

Lumir. — Je les remets tous les deux

dans le sac. :

Louis. — Mets le sac ici à ma droite.

LumiIr. — Du cœur!

(Elle le regarde et lui souril. Puis elle sort.)

Page 1