XIV INTRODUCTION
des philosophes et par rinspiration des poètes*, rHomme-Dieu parait enfin; il passe en faisant du bien, sème la parole de vie, souffre, meurt, et, du haut de sa croix, appelle et embrasseie genre humain \
Cependant le gigantesque empire, qui avait vaincu et remplacé tous les empires, chancelle à son tour. La dépravation des mœurs continue ce que les guerres civiles avaient commencé; les Barbares vont faire le reste. Au milieu de ces ruines et de ces bouleversements, s'avance rÉglise. Formée, à l'origine, de quelques hommes ignorants et grossiers, perdus dans un coin obscur de Tunivers, elle s'accroît rapidement et se propage parmi les peuples. L'hérésie ne sert qu'à affermir ses dogmes^ et la persécution à centupler ses confesseurs. Ce qu'avait semé la parole de ses ap6tres , le sang de ses martyrs le fertilise. L'empire la proscrivait, elle envahit l'empire; elle intimide, étonne, subjugue les Barbares eux-mêmes , et tandis que Rome succombe sous les coups d'Âlaric, tandis qu'à la suite de ce prodigieux désastre, un long gémissement retentit dans tout l'univers ^, les enfants du Christ regar^ , dent d'un œil calme cette cité céleste où sont
1 Livre X, ch. 27 ; livre xviii, ch. 23, 47 et ailleurs.
* Même livre, ch. 46 et suiv.
' Livre xviii, ch. 51.
* Livre i, ch. 33.