‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 20 sur 80 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

principe de ténèbres, et parvenant tout au plus à le resserrer dans Tenceinte d'un univers fini; Dieu est le principe spirituel , invisible, idéal de toute vérité y de toute justice, de toute beauté ; il est Tétre des êtres, pénétrant et dépassant l'univers» non par une grandeur et une extension matérielles, mais comme cause interne, comme source éternelle de l'existence et de la vie. Or, cet être unique et universel étant essentiellement bon, étant le Bien même, il ne peut y avoir de principe absolu du mal; tout ce qui est tient de Dieu son essence, et par conséquent est bon. Le mal, dans les créatures dépourvues de raison et de volonté, ne peut être qu*une infériorité de nature, une imperfection toute négative, et même dans les créatures libres, le mal, quoique plus réel, n'est encore qu'une défaillance de leur volonté s'écartant du bien véritable pour se laisser séduire à des biens inférieurs. Voilà donc le spectacle de la création qui se transforme au flambeau de l'idéalisme. Le désordre s'enfuit; tout a sa place et son Tang dans la variété harmonieuse de l'immense univers. Le mal ne vient pas de Dieu, mais de l'homme, et ce mal lui-même est racheté par un bien plus grand, la dignité de l'être moral, qui n'atteint que par l'épreuve et le repentir à toute la perfection de sa nature.

La raison d'Augustin se fixe et s'affermit. Trouvera-t-il le repos dans ces nobles doctrines du

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