‹ Introduction à La cité de Dieu de Saint AugustinChapitre 19 sur 80 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

m*en trouYâot capable, ômon Dieu, parle secours qu*il TOUS plut de me donner, je rentrai, en effet, jusque dans le plus intime de mon âme. Ce fut là que , si faible que fût mon œil intérieur, je découvris la lumière éternelle et immuable, cette lumière qui ne ressemble en aucune façon à^ la lumière corporelle dont nos yeux sont éclairés, quand on se la figurerait mille fois plus brillante et qu'on lui donnerait toute rétendue qu'il est possible d'imaginer. C'est une lumière d'un tout autre genre, et je l'aperçus comme quelque chose d'infiniment élevé, même au-dessus de cet oeil intérieur par où je l'apercevais, et de tout ce qu il y a de plus sublime dans mon intelUgence. Elle me parut au-dessus de tout cela , non comme l'huile est au-dessus de Teau , ou comme le ciel est audessus de la terre, mais comme le Créateur est au-dessus de ce qu'il a créé^ d

Initié par Platon au sentiment de son être spirituel et à la conception de la réalité véritable, Augustin voit s'évanouir toutes les chimères du manichéisme et du panthéisme et tous les doutes qui l'avaient tourmenté. Dieu n'est plus pour lui je ne sais quel fluide , une sorte d'éther lumineux répandu dans l'espace, condamné à lutter contre un

^ CfntfessUms, livre vu, ch. 10. Comp. Cité de Dieu, livre VIII, ch. 7 ; livre x, ch. 2.

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