INTRODUCTION. CXXIII
positives et efficientes; au contraire^ quand elles défaillent, et par suite font du mal, leurs actions sont vaines et n'ont que des causes négatives. Je sais encore que la mauvaise volonté n*esl en celui en qui elle est que parce qu*il le veut, et qu'ainsi on punit justement en défaillance qui est entièrement volontaire*. »
Qu'on ne vienne pas nous dire qu'il y a contradiction entre le libre arbitre de l'bomme et la prescience de Dieu :
« Admettre un Dieu et lui refuser la prescience, c'est l'extravagance la plus manifeste. Cicéron l'a bien senti... Mais ce grand esprit, persuadé que la prescience et le libre arbitre sont contradictoires, s'est décidé pour le libre arbitre. . . Et voilà comme en voulant faire l'homme libre, il le fait sacrilège... Mais quoi de moins raisonnable que de conclure que rien ne dépendrait de notre volonté, si Dieu avait prévu ce qui devait en dépendre? Ce serait dire que Dieu a prévu là où il n'y aurait rien à prévoir. Si, en effet, celui qui a prévu ce qui devait dépendre un jour de notre volonté a véritablement prévu quelque chose, il faut conclure que ce quelque chose, objet de sa prescience, dépend, en effet, de notre volonté... Telle est la propre essence du vouloir : Si nous voulons, il est; si nous ne voulons pas, il
* Cité de Dieu, livre xii, ch. 6, 7 et 8. Gomp. livre xiv» ch. 1 1 .