COUP D’ŒIL SUR LA LOGIQUE
Prise dans son acception la plus large, la raison peut se définir, la faculté de connaître la vérité. Ailleurs nous examinerons les nuances, qui, sans multiplier cette puissance, ne laissent pas de multiplier les noms divers d’intelligence, d’entendement, de raison, d’esprit, par lesquels on désigne ses divers aspects. La raison s’exerce, se cultive et se développe par la logique.
La logique est l’art de raisonner ou la science de la certitude. On a beaucoup disputé sur la question de savoir si l’on devait en faire une science ou un art.
L’art se rapporte à la pratique et il donne les règles qu’on doit suivre pour bien faire. A ce
point de vue, la logique est un art. Son but est d’apprendre à bien raisonner; elle enseigne les règles du raisonnement.
La science se rapporte d’abord et directement à la spéculation ; elle a pour objet les principes qu’elle expose et qu’elle démontre. Pourquoi ne serait-il pas permis d’appeler la logique une science? Ne présente-t-elle pas les principes de la certitude ?
Peut-être accorderait-on les deux sentiments si , avec Aristote et avec bien d’autres, on rangeait la logique parmi les sciences pratiques, qui tiennent un certain milieu entre la science et Part proprement dits.
Quoi qu’il en soit, l’objet de la logique (l’étymologie même le rappelle) est la raison (Àoyoç). Son but est de diriger les opérations de cette faculté dans la recherche du vrai.
Ici déjà, le chrétien, éclairé par la foi, peut entrevoir jusqu’où le mènera la saine logique. La vérité, c’est Dieu, et c’est par le Yerhe, raison éternelle de tout ce qui est, c’est par le Verbe, sagesse suprême du Père, procédant de Lui par l’intelligence, c’est par le Verbe, parole de l’intelligence infinie, image de la substance divine et splendeur de la gloire du Très-Haut, que Dieu éclaire tout homme venant en ce monde .
La logique élève donc à Pieu ; car elle conduit à la vérité, elle ramène la raison finie de l'homme à la raison infinie du Créateur. Mais là elle s'arrête, ne soupçonnant même pas le Verbe qui est en Dieu, et qui est Dieu. Cependant, que ce Verbe vienne à se révéler, il n'est pas un philosophe, pas un amant de la Sagesse, il n’est pas un logicien, pas un esprit raisonnable et conséquent, qui ne soit saintement fier de se voir appelé à dépasser la sphère naturelle de la raison créée, pour entrer dans un ordre supérieur et pour contempler la vérité, non plus seulement dans le reflet, dans les œuvres du Verbe créateur, mais dans Celui-là même qui est le principe de tout ce qui est, la source de toute vérité, la Vérité même par essence.
Mais n'anticipons pas. Il nous faut d’abord étudier les opérations de la raison, les actes par lesquels il lui est donné d’arriver au vrai, puis les moyens qu’elle trouve en elle-même ou hors d’elle-même, pour atteindre le vrai par ses opérations.
De là deux parties de la logique : I. Opérations de la raison; II. Moyens de certitude.