‹ Introduction à la mécanique industrielle physique ou expérimentale (volume 3)Chapitre 61 sur 84 · RE=/NE · texte numérisé non relu

RE=/NE

pour la mesure de ce travail, qui est entièrement employé, comme on vient de le voir, à user les deux corps, à déplacer leurs molécules entre elles, et principalement, dans le cas des corps très-élastiques, à imprimer, à ces molécules, des mouvements vibratoires indépendants de la vitesse du glissement, el qui, tantôt sensibles, tantôt inaperçus, s'éteignent à mesure qu'ils sont produits, soit en se détruisant réciproquement, soit en se propageantaux corps environnants, et en se disséminant dans l'étendue entière de leur masse.

Nommons, en général, Via vitesse uniforme ou le chemin décrit régulièrement, en chaque seconde, par un corps qui glisse» sur un autre, dans les mêmes conditions que ci-dessus.

5iâ atCAiiiQDB ni

le travail, pendant ce tempt» sera mesuré |iir I» pnMi

Ainsi» dans les mouvements uniforaies» le travail abaoïhi par le frottement crott proportionnellemeal i h vltOM» quoique son intensité en soit compléleinwiL Ind^ndMlP Cette circonstance a fait croire è quelques personnea» qm les lois de Coulomb n'étaient point esactes* et 'que le Ini- . tement dépendait de la vitesse du mouvenient; mais «h tient, comme on voit, k une confusion d'idées ou de laagipb analogue à celle dont il a été parlé aux n«* 80 et 191» et ^ fait prendre la quantité de travail mécanique développée, pour la mesure même de l'énergie de la force.

Frottement des tourillons. — - Nommant pareillement n k nombre, censé constant, des révolutions, par minute, dei tourillons d'un arbre de machine, nombre qu'il est toiqoan facile d'obtenir, par l'observation directe, et encompuuil,i l'aide d'une montre ordinaire, le nombre de celles qui sont exécutées régulièrement ou uniformément pendant 5, lo oa ao minutes, selon les cas et le degré d'approximation qu'il s'agh d'obtenir. Soit, de plus, r le rayon de ces tourillons,, qui le calculera avec beauconp d'exactitude, au moyen du développement d'un fil, plusieurs fois enroulé sur leur contour, d dans le sens perpendiculaire aux génératrices: soit eoGn. comme ci-dessus, N la pression perpendiculaire ou normale, supportée par ces tourillons, / le coerficient du frottement pour les substances en contact, etc., V le chemin circulaire qui est décrit pendant chaque seconde; on aura ici évidemment

V= -g^ — 0,104 72 /ir,

et, par conséquent, pour calculer le travail consommépendani le même temps,

R V = o, I o4 72/iirN*'»'".

Cette formule montrant que le travail, dont il s'agit croll proportionnellement à la grosseur des tourillons, quoique le

DES RÉSISTANCES. 5l3

frottement «n soit absolument indépendant, on voit qu'il faut diminuer le diamètre de ceux-ci, autant que le permet la solidité dans chaque cas. Mais, comme le frottement ne varie pas avec rétendue des surfaces en contact, et que la pression ( 3iO ), et par suite Tusure en chaque point ou pour chaque élément, diminuent quand cette étendue augmente, il y a de l'avantage à allonger un peu les axes et coussinets, comme cela se fait, par exemple, dans le cas des essieux et boites de roues de voitures; car Tusure devenant moindre, on peut se permettre de réduire leur diamètre à de plus petites proportions, sans, pour cela, compromettre la solidité qu'ils doivent conserver au bout d*un long emploi.

Frottement pendant le choc. — Quant à la manière de calculer, en général, la perte de force vive, ou de travail résultant de ce frottement, il nous suffna de remarquer que, d'après les principes des n°* 131, 154. et suivants, chacune des forces

de compression, telle que F = M - = M' -5 qui provient de la réaction réciproque et normale dos deux corps, fera naître une

résistance tangentielle mesurée par/F =/M - —/M' -»et qui

détruira, dans le sens du glissement, une (|uantilé de mouvement égale pour les deux corps et mesurée par/M vou/MV, pour la durée de chacun des instants infiniment petits, /, du choc. Donc si U est, à la lin de ce choc, la somme des petits degrés de vitesse, v ou i^', qui ont été détruits dans le sens normal aux surfaces frottantes, /MU, sera aussi la quantité totale de mouvement qui l'aura été par le frottement, dans le sens du glissement réciproque de chacun des deux corps. Or, à une pareille perte, opérée dans un temps généralement fort court et pour un déplacement, en quel(|ue sorte, infiniment petit des corps, correspond une perle de force vive ou de travail, qu'il sera possible d'évaluer, pour chaque cas, à peu près comme on Ta fait aux n®* 161 et suivants, et comme nous le montrerons plus spécialement dans les exemples ou applications qui accompagnent ce Chapitre.

On voit, au surplus, que le frottement produisant son eflTet aussi bien pendant le débandement des ressorts moléculaires des corps (158), que pendant leur compression, laquan-

5l4 MÉCANIQUE I5DLSTRIBLLE.

lilé de mouvemenl tangentiel qu'il détruira dans la réaction occasionnée par le choc, devra être beaucoup plus grande, en général, pour les corps élastiques que pour ceux qui ne le soni pas.

Causes qui font varier l'intensité du frottement.

Parmi ces causes, on doit ranger, en première ligne, ceWt^ qui tiennent à Tétat particulier des surfaces, ou à leur degré de poli, aux enduits inierposés entre elles, et à la durée plus ou moins grande de leur compression réciproque.

33 1. Influence du degré et de !a nature du poli des corps, - Il est évideni, à priori. qu*en diminuant le nombre cl b saillie des aspérités des surfaces frottantes, on diminue aussi leur résistance au glis^enimt: mais le dressage et le polissage oni une limite nt^cessaîre dans les arts, même quand les surfaces sont immédiatement usées, ou rodées, l'une sur Tautre, avec inierposilion de matières grasses, et sous l'influence de la pression et du mouvement qu'elles doivent conserver eosuiie dans les expéri-U'^os. Ce dernier cas, pour lequel, d'après r.oulomb. les surf;i'"es auei^nt»nt le majcimnm de poli qu'elles puisseni ro ^\<}\v. s'ob-or\ e d.i! s les 3nri':*nnes machines, dont la rosi<un.:e esi fonerjlemrîU bien moindre qu'au momenl même vV-'- \->\\t in-:^l!. ;.:k. et au sortir dr*s nuins des ouvriers les phîs h.>t".!^s.

N.:^.->:\î*t' :;.•::.: \l :.\\v\v.\\\ :w »ie la ré>ist.inre a unp liinitr' n:V*-.^>>s-:re ; :•.:? h: :;.;;- ::■::>. îiijis eri'"'>re il résulte de l'ob- >o : \ .2 1 1 , r. ; ; : > : y : . : •: i : > •: j ^ r ! -r r? , •: on îl rmêe par les e\pér.tv;e>: *:":-> •• M. M::!::. *\\\-- irs sirf »-"e> solides. qud q.o > .; *.t .*.:"-:•. :•:..;: il :■: :r p:ii. iinisseni lonjouis pjf >".:>■; .:<:..-• : : ;. * .. ■:? :'i.; f:::îer. iûu^ surl'aulre.i :.:n.--:.>. :: :•:>/. : i .^ :■:•";■> ^ra s : il se d«^uclie

it'->i. :.s>^-.-- >. •.■:::.: f ?: > > :is irs buis, unepous* :::' : ■ . :: > '-- *": *- > > i :. .::!v ij.l1iion'"e du rou-

::'•;■•. ■:: :-: -.•->>.;■. : :. - ..e.: :- Je y-eiiis ^rwins irey .:"'^. ;■>:.:> >. -::'. . ? :i :.-:.:> [ r-fv-n'lt^inenl ces

BBS RÉSISTANCES* 5l5

 plus forte raison, en est-il ainsi du cas où les surfaces ont té simplement dressées ou polies à sec, au moyen de poudres nés, de la râpe, de la ponce, de la prèle, etc. Il est évident ue chacun de ces modes distincts de préparation des corps onne lieu à une résistance différente, dont Fétude pourrait tre utile dans quelques circonstances (*), ne serait-ce que our acquérir une idée de sa limite supérieure, et des causes ui peuvent la faire varier.

En résumé, on est forcé de reconnaître que le mode de préaralion des surfaces a la plus grande influence sur leur frotement; que le poli a une limite nécessaire dans chaque cas, 1 variable avec la nature des moyens employés, c'est-à-dire "vec l'intensité de la pression, Tespèce de Tenduit, et le genre aéme du mouvement sous lequel il a été produit; qu'enfin, e poli tend à s'altérer, à se modifier, quand les conditions, [ont il s'agit, changent, et qu'il n'atteint sa limite relative que IflDS les circonstances où se trouvent les parties frottantes des nciennes machines. Cela tient, sans aucun doute, d'une part i ce que les particules et aspérités des surfaces ont pris l'arangement le plus convenable possible, sous des conditions i^ODstantes de mouvement et de pression auxquelles elles sont soumises; d'une autre à ce qu'elles ont subi le maximum de *€mpression ou, en quelque sorte, d'écrouissage, dont elles ^nt susceptibles sous ces mêmes conditions.

352. Influence des enduits (**). — Lorsqu'on interpose, între les surfaces frottantes, des substances grasses et plus ou

(*) La résistance qu'éprouvent le^ lames des scies employées à couper 1m dit et les pierres, celle des meules qui servent à moudre les grains, les riqnes, etc., enfin celle des limes, des râpes et en général de tous les outils UBcliaDta, peuvent également se rapporter au frottement, et il y a tout lieu t croire qu'elles suivent, entre certaines limites, à peu près les mêmes lois » proportionnalité à la pression, d'indépendance de ta vitesse et de l'étendue • ttvrfaces, à cause de la faible influence exercée par l'inertie des parties endans le mouvement, comparativement à la résistance qu'elles opposent désagrégation; mais on possède encore peu de données sur ce sujet, i€»i<]u'il soit de la plus haute importance pour l'établissement des machines instruments qui remplissent la fonction d'opérateurs ou d'outils.

) Nous résumons les conclusions les plus importantes du travail de M. Hirn

5l6 MÉCANIQUE INDrSTBlELLB.

moins molles, elles en garnissent les pores jusqu'à une certaine profondeur, elles les isolent, en quelque sorte, Tune de l'autre, et les soustraient, en partie, aux effets de la pression; ce qui a pour résultat de diminuer Tengrènement réciproque de leurs aspérités. Mais, en même temps» la viscosité de ces enduits, et leur adhérence avec les deux corps, fait naître une résistance qui peut acquérir de Tinfluence (347) toutes les foi> que retendue des surfaces, en contact, est très-grande, ou la

^7*otr la >'ote de la page 507); elles sont en désaccord, sur beaucoup de poisti, avec les indications données dans le text«. Il sera facile au lecteur d'en linr des explications simples et nettes de diveas phénomènes cités dans ]v^ n^* :Vi! et suivants principalement au sujet de Temploi de IVau comme enduit.

|0 Pour que Tenduit donne un frottement régulier et minimum, il faut qu'il soit trituré, pendant un certain temps, entre les surfaces frottantes.

3** Le frottement médiat diminue quand la température augmente, les autrry conditions restant les mêmes : sa valeur, à une température /, est égale a a valeur à lero divisée par la puissance e d'un nombre constant pour toutn ki huiles, et à peu pK's égal à 1 ,oâ.

ù** Lorsque les substances sont altondamment lubrifiées et que la temperalarf reste constante, le frottement varie proportionnellement à la vitesse.

Quand on ne règle |>as la température, la relation entre le frottement rt Ii vite'se dépend uniquement de la loi particulière de refroidissement de rap|>arnl en marche. On |HMit admettre, sans erreur sensible, que, pour l'ensemble àtî pièces frottantes de iii>s ni:iehint^, maintenui>s dans un état de lubrilic;ttioB moynne, le fn»llein«'nl ^arie proportionnellement h la racine r.irn'e th- la \ite>s«^

I.'innur.-nn* de l.i ^itev?*^ esi riunpK-tt-ineiit nulle, quand le Irotteir.i'nl f^ immédiat, c'est-a-dîre lorsque les surfaces marchent a sec, et que, en n'uon d'une pressiiMt sullisaiit»'. l'air ue |M'ut }>j> intervenir.

i^ I.a valeur du tri»ii'.ment mt-diat t-st tK'*->eu>iblement pro[ii»rtiiiiinell«* a l.i raiine earr<-e des surl'acts et a felie de> pressir»ns.

M. Hirn dt^-ril li s «s^iis qu'il confient de faire j»our n*connaitre la vaknir uitHranique d«s enduit*; nous renvoyons, pour les détails, à son Mt-moîrp. le princi|»«' ^^l'uer.il relatit au choîv des matieri>s lubrihantes peut être fomilr comme suit : Dji)> thaque cas. le rj^rlIU^ur enduit est l'enduit le plus fluidcqti ne soit |vis evji:!**- djn> 1rs i>>n iill"ns tl<' prvssion, de \ i lesse t-l tif tt'inp^ ratu>e ou l'on >t^ tr'îi\e. Il en résulte que I t-au peut servir d'enduit dioséft eirvonslaïut'S ov v.v^'rijbK*^, «-l '^u'alt-r*. ell»" est sujt*Tieure a toutes les hailts; i'air lui-ui<-me vlt\i( nt le meilkur de t^nis lr-« lubritî.tnts lorsque les c«*nditioM Sxm:1 lelU*s, qu'il | uiss, t.'r.ii tnir*' l'arbre rt les c»>ussincts ; mais, siparwf niodiru'aljon d-^ la ^ili>>. • i» dt !i j r\>sîon. l'air t>!»i expuls4', les surfaces frottantes \itnrei\t t*; vv rt.i-'î inim<.Nliat. et le fr».';tement, presque nul d'êU>ri, »K\ie::l tout ^W:*\ o.u;- ri-.-.-rrî'. M. Hirn a \t-rilir ««'S consr^juenres sin^ulim» l'ji des evi^rU ::»:•> iircv:-:-. K.'

DES RÉSISTANCES. 5l7

pression très-faible. Par là, d'ailleurs, on s'explique comment les corps gras diminuent le frottement en raison de leur de- ^réy plus ou moins grand, de consistance et d'onctuosité, et Gomment cette consistance, poussée au delà d'un certain terme, et quand elle est accompagnée d'un accroissement d'adhérence, comme dans la cire, la poix, la colophane et les résines en général, peut devenir plus nuisible qu'utile, pour •diminuer le frottement réciproque des corps. Enfin, cela explique encore pourquoi les anciens enduits ou cambouis qui, en se chargeant constamment des poussiers provenant de l'usé des corps, etc., ont perdu, en partie, leur onctuosité, leur mollesse primitives, donnent aussi lieu à une augmentation considérable de résistance, qui oblige à les renouveler fréquemment.

D'un autre côté, on ne doit pas supposer que l'interposition d'un enduit fluide quelconque, entre les surfaces frottantes, doive nécessairement et toujours produire une diminution de résistance ; car nous verrons bientôt que le contraire 41 lieu, dans certains cas, notamment quand on vient interposer de l'eau pure entre les surfaces frottantes de substances spongieuses, telles que les bois, ou de corps durs, tels que la fonte de fer.

Pour expliquer ce fait, on pourrait dire qu'en raison de sa grande fluidité, l'eau est plus facilement expulsée d'entre les surfaces de contact; qu'en faisant gonfler les corps flbreux ou spongieux entre lesquels elle se trouve interposée, qu'en dilatant leurs pores et distendant leur tissu, elle en favorise Tengrènement, etc. Mais toutes ces considérations ne sauraient expliquer l'accroissement notable de résistance observé, par H. Morin, dans le cas de la fonte; et peut-être doit-on admettre ici quelque action chimique analogue à celle de certains acides végétaux, sur les outils tranchants et aciérés; action qui n'a pas lieu pour les matières grasses, mais qui se fait très-bien sentir quand on les frotte, par exemple, le verre avec les doigts mouillés d'eau légèrement vinaigrée. Toutefois, il se peut fort bien aussi que l'augmentation du frottement, dansquelques-uns de ces cas, tienne, en majeure partie, à l'espèce de décapage ou de nettoyage que subissent les surfaces, et notamment à ce que le liquide, en dissolvant ou en expulsant les matières

5 18 HtCAHiQui nmonuiLUu

éiningères qui tapissaient leurs poresj mei eMqiiéieaieM à nu leurs aspérités, et augmente ainsi leur engrèôemcm réciproque. C'est d'ailleurs à une semblable cause qa*U fc«t alb$» buer le mordant remarquable acquis par les pierres fiaci'à it guiser» quand en les enduit de savon et d'eau.

Quant à Tonctuosité, à la mobilité qu'amèneni» airec en» les enduits gras, doit-on» comme le pensent quelques tk/àciens» l'attribuer à la forme globuleuse des particules de Ms enduits» à une sorte de sphéricité qui» en leur pennetiant de rouler librement les unes sur les autres, contribueraitt pov beaucoup, i diminuer la résistance au glissement^dessarfaeei entre lesquelles elles se trouvent interposéesT Une parelBe opinion n'offre par elle-même, en effet, rien qui répugne i h manière dont on peut concevoir (S19) l'organisation moiéea» laire des corps ; seulement elle doit s'accorder avec les autres fiits de l'expérience concernant fa manière dont les enduits de * chaque espèce, peuvent se comporter dans les différentes ci^ constances, et, au lieu de supposer que les molécules des ooifi gras se trouvent en contact immédiat, et roulent les unes sar les autres, comme le feraient des billes incompressibles, on peut tout aussi bien admettre qu'elles sont à dislance, et ne ift distinguent que par l'indifférence de stabilité, l'absence absolae de polarité (219 et 232) qui résulte du groupement symétrique des atomes dont elles se composent.

En considérant d'ailleurs la faible influence qui doit être attribuée, dans les circonstances ordinaires, à l'adiiérence ou à la cohésion propre des enduits gras interposés entre les corps soumis à l'expérience du glissement, et notamment la facilité avec laquelle Thuile, en particulier, peut être expulsée d'entre les surfaces, sous d'assez faibles pressions, il semble naturel de croire que cette substance est, après l'eau, l'enduit le moins propre à diminuer le frottement, et qu'on doit lui préférer, de beaucoup, le saindoux, le vieux oing. et surtout le suif quin'a pas cet inconvénient. C'est aussi là le résultat général auquel Coulomb a été conduit par ses expériences; mais M. Morînest arrivé, par les siennes, à une conclusion tout opposée, du moins donnent-elles lieu de penser que l'huile d'olive est préférable au suif, toutes les fois qu'elle est fraîchement appliquée aux surfaces, ou quand elle peut être fréquemment et con-

DBS RÉSISTANCES. SlQ

slamment renouvelée au mo^en d'appareils d'alimentation semblables à ceux dont on se sert aujourd'hui dans quelques machines, notamment pour les voitures de luxe. Les difîérences observées parce dernier expérimentateur sont d'ailleurs si faibles, qu'il est bien permis de suspendre tout jugement à cet égardy et de se conformer, dans chaque cas, aux indications d'une longue pratique, qui fait adopter généralement l'huile pour les mécanismes légers, le saindoux et le suif pour les fortes machines. Quant aux autres espèces d'enduits, nous y reviendrons d'une manière spéciale, dans l'exposé des résultats de l'expérience.

333. Influence de la durée du contact, de la compressihilité, de ia forme et de l'étendue des surfaces frottantes. — On peut conclure, en général, des faits d'expérience rapportés aux n^ 258 et suivants, que les corps durs et élastiques, tels que le fer, l'acier, le cuivre, etc., parviennent très- rapidement à la limite de leur compression ou de leur extension (280 et 8uiv.); tandis qu'au contraire, les corps mous ou très-compressibles, tels que les bois, les cuirs, elc, n'y arrivent qu'avec beaucoup de lenteur. Or il en résulte, comme l'a observé d'abord Coulomb, que, pour les premiers, la résistance doit aussi atteindre très-rapidement sa plus grande valeur, tandis que, pour les autres, elle n'y parviendra qu'au bout d'un temps de repos souvent fort long, c'est-à-dire par un contact très-prolongé des surfaces, sous l'innuence de la pression. Pour les métaux, ce temps est à peine appréciable, tandis qu'il est de quelques minutes pour les bois frottant à sec sur les bois, et de plusieurs heures, plusieurs jours même, pour les bois frottant sur des métaux sans enduit.

D'après ces faits et les observations du n** 346, on ne peut donc être surpris de voir que le frottement des bois sur les bois, et surtout celui des bois sur les métaux, soient beaucoup plus grands au moment du départ et après un certain temps de repos, que quand les surfaces ont été une fois ébranlées ou sont déjà en mouvement. Néanmoins cette circonstance ne se présente que pour des surfaces offrant une certaine étendue ; car, lorsque les corps ne portent simplement que sur des arêtes ou contours quelconques, arrondis, la

^^O IIÊCANIQUB INDUSTllBLLE.

compression atteint promptement sa limite, el le frotteinoni est sensiblement le même au départ et pendant le mouv^ ment.

Des effets analogues ont lieu pour tous les corps, même pour les métaux durs, lorsque leurs surfaces sont enduile^ de substances grasses de diverses natures : FeiTel de la durée de la compression est d'expulser plus ou moins complétem»*ni ces substances de Fintervalie qui sépare les deux corps, ei de ramener ceux-ci à un étal voisin de celui où ils se trouveni quand l'enduit a été enlevé, et quand les surfaces de coniaci restent simplement onctueuses. Cette remarque s'applique surtout au suif qui, interposé entre les surfaces en repos de deux corps, ne permet, au frottement, d'atteindre son maih mum, qu'au bout de plusieurs heures de compression réciproque. Mais, quand l'étendue des surfaces est très-petite, ou que ces surfaces sont simplement formées d'arêtes arrondies, de pointes émoussées comme les têtes de clou en cuivre, le frottement redevient, ainsi que dans le cas précédent, indépendant de la durée du contact; et, d'après les expériences de M. Morin, son intensité doit, en effet, être supposée sensiblement la même que si l'enduit avait été essuvé et que les surfaces fussent simplement onctueuses, n'importe leur étendue.

Au surplus, on conçoit que, (piand cette étendue est ir^-sgrande, la résistance doit varier pour toute la première iwrlie de la course du corps mobile, qui correspond à cette étendue, de sorte que le frottement, en passant lentement el pmfrressivement de sa plus grande valeur, acquise sous un coniafi prolongé, à sa plus petite valeur relative ati mouvemeiil éiabli. paraiss»», dans tous les premiers instants, dépendre, ''n effet, delà vitesse nv'» m»* de ce mouvement. Or ce fait, égal»*menl observé par M. Morin, explique comment Coulomb et quelques autres expérimentateurs d'ailleurs très-habiles, ont pu être induits en erreur, sur lt*s véritables lois du frottement, louies les fois que bnirs expériences ont porté sur une loniiuiwd* course du traîneau . trop petite relativement à retendue des surlaces primiti>ement en conta^^l.

Quant au cas uii le mouvement continue pendant un irêslong temps, dans le même sens, et ainsi qu'il arrive noiaiu-

DK8 RÉSISTANCES. 5a (

t pour les pivots et les tourillons des arbres de machines, présentent successivement tous leurs points aux mêmes ts des coussinets ou crapaudines, dans ce cas, disons- , la résistance croîtrait évidemment avec la durée du vement, si Ton avait le soin de lubrifier constamment urfaces avec de nouvelles graisses; car ces graisses s*éissent et se consomment d'autant plus vite que le mouînt est plus rapide, que l'espace décrit est plus consi- 3le.

fin la forme des surfaces frottantes, celle de leur contour 'leur, pourvu qu'ils soient continus, ne paraissent exerpar elles-mêmes, aucune influence appréciable sur Tinté de la résistance, du moins entre certaines limites de >ion. Ainsi, que ces surfaces soient planes ou arrondies, riques ou cylindriques; que, dans ce dernier cas, elles ^nt parallèlement ou perpendiculairement à leurs généra*s, le frottement, sauf les cas d'exception ci-dessus mentes, reste sensiblement le même, et ne dépend que de ensilé de la pression. Quant aux cas où les corps ne se feraient que suivant des arêtes aiguës et tranchantes, par 30intes non émoussées, ou en général par des surfaces peu étendues pour que la force de ténacité des moléi puisse faire équilibre à la pression, on sait très-bien, que le fait n'ait point été soumis à des expériences spcs et précises, que Taltération des corps devient tellement ie alors, que, sous le point de vue dont il s'agit ici, il n'y is lieu de s'occuper de la résistance qu'ils présentent au ement.

h. Influence de la tempe rature y de la pression atmosphé* 9,e/c.(*).— La chaleur, en diminuant la force de cohésion et sticité des solides, en permettant à ceux-ci de s'imprimer ntage les uns dans les autres, et surtout en ramollissant induits, etc.y doit exercer une influence nécessaire sur îDsité du frottement ; néanmoins, pour des variations de )érature de l'atmosphère, comprises entre i et i8 degrés

Consulter le Mémoire «déjà cite (p. jOy et 5ij) de M. Hirn. (K.)

Sa'ï SÈCiMyUE IMDLSTRIELLB.

du ihermomèlre centigrade, celte îiiHueiicc n'a pu se rnsni- Tester dans les nombreuses expériences de M. Horin, etlnn doit adntetlre qu'elle e^l, en général, trop faible pourètreapprêciée.

Ouani à la chaleur qui se développe par I« froltvmenl tiitm des surfaces, l'expérience démontre qu'elle peut être bmci intense pour liquéfier les enduits soUdes, pour cliarbonncrfl enflammer même les bois('), enDn, pour itélerntii)er, cDir» tes métaux, une véritable adhérence ou cohésion, une sorti d'amalgame, auquel, sans doute, le ramollliîsement des 5iu^ faces a la plus grande pari. Mais il convient de rcmarquerqae ■ ces circonstances, où l'électricité vient, à son tour, jouer an râle comme simple cITcl, et non comme cause, ne se prèsentent que dans le ca<) où les corps glissent rapidemeni et â set les uns sur les autres, ou bien quand, faute de renouveler l'enduit, les surfaces viennent â se roder, à s'user plus oa moins fortement : l'élévation de la température, en un mot, n'a lieu que pour les machines nouvellement insiullées.c( pour les pièces non encore polies par l'usé, ott mai entretenues rie graisse ; on peut donc négliger sa coiisiilérntlou dam les cas ordinaires.

Nous avons vu (37) que l'air atmosphérique agit consummeni k la surface esiérieure des corps, pour les presser «ver une force d'environ i kilogramme par centimètre carre; si donc il arrivait que les faces, par lesquelles ils se touchent, fussent assez bien polies et dressées pour qu'à l'inslani où on tes applique, l'une sur l'autre, par un mouvement de glissement convenable, l'air put en être complètement expulse, leur pression réciproque serait, d'après un principe en lui-môme évident, augmentée d'autant de fois i kilogramme qu'il j a de centimètres carrés dans l'éiendue en contact. Cette cir-

(*) On wùl qiio Ipi piiiipledM ïmitaeM parviennent à so procurur du fn riiunt lourner npid^mout, entre lu |iaums ou le crcui des maina, nn M de boia trcs-KC et trùi^innaminsblc, dunl l'oitremilê in(erieuT«, lalllee m cAiic, frollD diini tina cutiIô praliquiii à un nuire morceBu de bail p*Teit. U

rapide!, ftnle d'avoir été a

DES RÊSISTAKCES. 023

•constance, qui se présfente pour les glades de miroirs, parfaitement dressées, et qui contribue, peut-être, à augmenter le frottement dans quelques cas exceptionnels, où la pression et le contact des corps ont été longtemps prolongés, cette circonstance ne paraît pas, en général, exercer d'influence sensible; sans quoi la résistance, au lieu d'être, entre certaines limites, indépendante de retendue des surfaces, devrait croître avec cette étendue, suivant une progression très-rapide.

D'ailleurs, en admettant que cette même circonstance contribue, en effet, à augmenter le frottement des corps en repos, on ne saurait l'admettre pour les corps en mouvement; car, dès l'instant même où l'on essaye de les faire glisser l'un sur l'autre, leurs surfaces se détachent plus ou moins complètement, dans le sens normal; ce qui permet aux molécules de Tair de s'insinuer aussitôt entre ces surfaces, et de détruire, par leur force de réaction (H), la pression atmosphérique extérieure. A la vérité, les enduits sembleraient devoir isoler parfaitement les surfaces en contact, de l'air extérieur, mais, s'ils sont solides ou simplement mous, l'air reste emprisonné dans les pores, et s'ils sont liquides et susceptibles de mouiller les surfaces, la pression atmosphérique se transmet encore, en vertu du principe de Pascal (14), au travers de leur masse, et jusque dans l'intérieur des cavités qu'ils remplissent. Néanmoins, on ne saurait disconvenir que dans le cas des maçonneries et des terres argileuses, par exemple, l'air ne puisse être plus ou moins absorbé ou expulsé sous l'influence prolongée de la compression, etc., et ne contribue ainsi à augmenter l'adhérence ou la résistance au glissement (*).

Page 1