‹ Introduction à la mécanique industrielle physique ou expérimentale (volume 4)Chapitre 32 sur 94 · ZIZ · texte numérisé non relu

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215. Du meilleur mode d'application de l'homme aux transports. — Après loul ce qui a été dit sur la formation et Tusage du tableau du n"^ 205, il serait assez inutile de s'appesantir sur celui de la page 266, qui a été établi d'après les mêmes bases, et pour ainsi dire, sur les mêmes données; il nous suffira d'en déduire quelques conséquences que la comparaison des nombres de la dernière colonne de droite rend manifestes, mais sur lesquelles il peut être utile d'appeler spécialement l'attention du lecteur.

Ainsi, par exemple, en comparant entre eux les'efifets utiles journaliers, fournis par l'fiomme employé à transporter des fardeaux sur un chemin horizontal, on voit que le parti le . plus avantageux qu'on puisse tirer de sa force, c'est de lui faire traîner une charrette à deux roues, après quoi c'est la brouette qui offre le plus d'avantages, puis successivement le transport à dos, à la civière et à la pelle par jets horizontaux de 4 mètres environ de longueur : les effets utiles fournis dans ces cinq cas sont sensiblement entre eux dans le rapport des nombres 18, 11, 7, 6 et 0,6. La raison en paraîtra assez évidente encore (207), si l'on considère que l'homme n'a rien à porter dans le cas d'une charrette, tandis qu'il supporte une partie de la charge dans celui de la brouette; qu'il la supporte tout entière dans le transport à dos; qu'enfin il supporte à la fois la charge et la civière ou la pelle dans les deux derniers cas. A la vérité, le pelleur n'est point obligé* de transporter son propre poids à une grande distance, comme dans les autres cas; mais, je le répète, il fatigue beaucoup des reins et des bras, par le mouvement qu'il imprime à ceux-ci et à toute la partie supérieure de son corps, qu'il est d'ailleurs contraint d'élever, à chaque fois, d'une hauteur assez grande contre l'action de la gravité. En tenant compte seulement de la force vive qu'il doit imprimer à chaque pellée de terre, pour la lancer à la dislance horizontale de 4 mètres, on trouve, par des considérations analogues à celle du n° 151 (Note), qu'elle est au moins égale à celle qui serait nécessaire pour élever cette même terre à la hauteur verticale de i",6; mais, eu raison du peu d'adresse des ouvriers, elle doit, en général, cire beaucoup plus grande.

268 MÉGAiriQUE INDUSTRIELLE.

216. Remarques spéciales relatives aux mouvements de terres. — En considérant combien est faible Teffel utile des hommes employés à remuer des terres au moyen de la pelle, on voit qu'il conviendrait peu, dans la pratique, de recourir à un semblable procédé hors les cas où il s'agit d'exécuter des remblais à de petites hauteurs ou à de petites dislances horizontales, et pour lesquels l'emploi des voitures, brouettes ou tombereaux, serait impossible ou même désavantageux sous le rapport des dépenses accessoires et des perles de temps. Il est évident* en effet, qu'il faut à peu près autani de temps à un pelleur pour charger une brouette, un camion ou un tombereau, que pour projeter la même masse dé terre à une hauteur verticale de i"*,6o ou à une dislance horizontale de 4 mèlres. A cet égard, une longue expérience a démontré aux ingénieurs que, dans le premier cas, un manœuvre très-ordinaire pouvait, dans sa journée, charger i5 mètres cubes de terre pesant' moyennement i8oo kilogrammes le mètre cube, dans une brouette placée à la hauteur d'environ i mètre audessus de la partie en déblai, et qu'il n'en pouvait guère charger dans un tombereau, ou élever à la hauteur de i",6, ou enfin projeter horizontalement à la distance de 4 mètres, plus de 12 mètres cubes pendant le même temps, c'est-à-dire pendant une journée de lo heures de .travail effectif : c'est même d'après cette dernière base qu'ont été établis les nombres du tableau qui concernent le pelleur, et que les ingénieurs ont réglé, pour chaque cas, la longueur des relais à la brouette, et la limite des dislances auxquelles il devient avantageux de remplacer celle-ci par les camions ou les tombereaux.

Il nous suffira ici d'avoir indiqué cet objet de recherches qu'on trouvera développé, avec l'étendue que son importance réclame, dans les Ouvrages qui traitent spécialement des mains-d'œuvre et des grands travaux de construction (*).

( * ) Voyez notamment le Mémoire sur les terrassements de jM. le Colonel du (jénie Vaillant, inséré au troisième numéro du Mémorial de V officier du Génie.

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