AVANT-PROPOS
J'ai toujours estimé que les médecins de ce temps n'avaient que trop de modestie professionnelle. Ils ne semblent pas se douter de l'importance de leur art. Cela tient, j'imagine, à notre mode de recrutement et à l'éducation qu'on nous donne à l'École.
Depuis bien des années tous les petits bourgeois de France, cultivateurs, industriels ou commerçants, font de leurs fils des bacheliers avec l'espoir de les voir devenir, vers la vingt-cinquième année, avocats, médecins ou fonctionnaires de l'Etat. Cela leur paraît être comme une sorte d'anoblissement. Il en résulte dans les professions appelées libérales un encombrement que tout le monde commence à déplorer. Dans la plupart des grandes villes nous sommes d'un tiers trop nombreux. A qui fera-t-on croire que les deux mille six cent vingt et un praticiens actuellement établis dans Paris ont vraiment un goût naturel pour la science médicale ou. pour l'obscur dévouement aux malades !... On entre dans la médecine trop commodément, après des examens