‹ Introduction à la méthode sociologiquecChapitre 47 sur 58 · I. Politique positive, t. la'', p · texte numérisé non relu

I. Politique positive, t. la'', p

CONCLUSIONS

hommes sur la planète, les dieux ne sont pas de ce monde.

« Alors que nous restera-t-il et comment les hommes sortiront-ils des mauvais chemins.^ Par un effort de la raison ? Hélas, nous voyons trop à quelles impasses aboutissent ceux que les peuples ont délégués pour parler raison! Par des crises formidables.^ Par de nouveaux bains de sang afin que l’humanité ayant touché le fond de sa misère revienne à des conceptions plus saines, plus fraternelles et se ressaisisse enfin ? Voilà huit années qu’une nuit profonde s’est appesantie sur le monde et l’aube ne paraît pas encore ».

L’aube ne se lèvera pas aussi longtemps que les peuples n’auront pas reconnu la nature véritable du problème à résoudre. Ce qu’il nous faut atteindre, ce que l’évolution contemporaine réclame impérieusement de nous, c’est une meilleure éducation sociale et morale de l’homme. Nous avons entrepris de faire fonctionner nos sociétés modernes, sans nous inquiéter de savoir si les membres qui les composent étaient en effet porteurs d’un programme de vie individuelle, compatible avec le bon fonctionnement des organes de la collectivité et la satisfaction de ses besoins, et toutes les fois que nous avons constaté l’incompatibilité, nous avons conclu que c’était la société qui avait tort et les institutions qu’il fallait réformer. A Dieu ne plaise que je conteste l’importance et le bienfait de certaines réformes ainsi réalisées ; toutefois l’heure est venue de nous apercevoir que le problème est plus vaste et d’un autre ordre. Ce qu’il faut aussi et d’abord réformer, c’est nous-mêmes avec nos programmes et nos doctrines de vie qui, par leur individualisme anarchique, sont incompatibles avec toute vie sociale prospère et saine. Pour cette grande

CONCLUSIONS

œuvre de reconstruction de la cité moderne, la connaissance scientifique de la réalité sociale sera indispensable : elle ne suffira pas, mais on ne pourra non plus s’en passer.

SOMMAIRE BIBLIOGRAPHIQUE

Il est entendu qu’on n’a point l’intention de donner ici une bibliographie, même approximative, des ouvrages dont la lecture pourrait être recommandée en vue d’une véritable formation sociologique ; on se contentera de sommaires indications.

Pour les donner, on suivra la division suivante, conforme à la triple préparation intellectuelle qui est indispensable au sociologue. On signalera d’abord les ouvrages de culture générale et philosophique; puis ceux de méthode sociologique; enfin ceux de documentation, qui paraissent de nature à susciter des réflexions utiles et à orienter l’esprit dans une direction favorable aux études sociologiques.

Il faut ajouter que nous aurions à présenter, sur un certain nombre des ouvrages signalés, d’importantes observations et d’expresses réserves. Nous avons voulu seulement indiquer les volumes dont la lecture nous semble, dans la situation présente de l’esprit public en France, le plus utile pour la formation de l’intelligence et le progrès de l’esprit critique.

Page 1