La topaze jaune prismatique du Brésil
9. Le corindon telesie rhomboïdal, 10. Le diamant limpide octaëédre.
C’est en essayant de rayer un minéral par un autre qu'on peut évaluer sa dureté. Il y a plusieurs précautions à prendre ; il faut autant que possible agir avec un angle de g0° sur une surface unie, et comme la plupart des minéraux qui composent la série précédente ont unestructure laminaire, on doit
ad.
agir perpendiculairement à la surface des lames. Il faut avoir soin de ne pas confondre avec une véritable rayure la poussière laissée sur cette surface par la trituration de l'angle ou de l’arête du minéral qu'on emploie pour rayer, et ilest donc convenable de nettoyer cette surface après l'essai qu'on doit toujours répéter plusieurs fois; car, suivant l'adresse qu’on y
et et la forme de l’arête ou de l'angle avec lequel on agit, on peut rayer ou ne pas rayer le minéral de comparaison, quand celui qu’on essaie jouit d’un degré de dureté qui s’éloigne peu de celle de ce minéral.
$. 3. La densité.
Les différences de densité des corps inorganiques dériventelles de celles de leurs molécules intégrantes, ou de l’aggrégation de ces molécules? Les atomes ou molécules intégrantes ont , suivant les chimistes, des pesanteurs très - différentes ; mais la différence de pesanteur qu’on trouve dans deux corps vient-elle uniquement de celle de leur molécule, ou de cet élément combiné avec celui qui résulte de leur aggrégation ? c'est ce qu'il est diflicile de déterminer d’une manière absolue.
Les deux causes pourroïent y concourir: ainsi tous les ininéraux'dans lesquels la baryte entre comme principe, ont une pesanteur spécifique jusqu’à un certain point proportionnelle a la quantité de ce corps.
Un fait fort remarquable, observé par MM. Le Royer et Dumas, c'est que le poids de l'atome de la néphéline est presque égal à celui des deux atomes d’alumine et desilice, qui constiluent cette espèce de pierre. Mais la pesanteur spécifique ne suit plus ce rapport, ce qui ne laisse aucun doute sur l’influence qu'ont les divers degrés de rapprochement des molécules sur la densité des composés.
D'ailleurs on sait fort bien qu’en écartant par la chaleur, les molécules intégrantes d’un corps, on diminue sa pesanteur spécifique au point de la rendre inférieure à celle de certains corps auxquels elle étoit supérieure , et cela sans changer la nature du corps, par conséquent sans détruire l'individu.
Mais que la densité reconnue dans un corps réside dans Ja molécule intégrante, ou dans l'aggrégation de ces molécules,
ou bien qu'elle dérive de l’une etde l’autre cause, il n’en est pas moins vrai que la densité est une propriété essentielle à l'espèce minéralogique, et qu’on retrouvera toujours la même dans les mêmes espèces, lorsqu'on aura pris les précautions convenables pour que toutes les autres circongtances soient les mêmes d’ailleurs. Ce sera donc un caractère de première valeur inhérent à l'espèce, et dérivant de la nature de l’individu minéralogique , s'il ne lui appartient pas en propre.
Les conditions auxquelles il faut avoir égard pour pouvoir comparer avec exactitude la pesanteur spécifique des espèces minérales, et en tirer un caractère , sont les suivantes :
1. Ji faut que le minéral soit homogène et pur, c’est-à-dire exempt de tout mélange et de toute combinaison étrangère à sa composition normale.
2. Il faut qu'il soit complètement a ggrégé, qu'il le soit naturellement, c’est-à-dire par voie de cristallisation , et non par voie de compression,
Cette différence dans l’état d’aggrégation explique, comme à l'égard de la dureté, les différences de densité que présente la même espèce minérale dans ses différens états. Tels sont: l’alumine cuite dont la pesanteur spécifique est d'environ 2, tandis que celle du corindon est d’environ 4 ; le calcaire concrétionné qui n’a quelquefois que 2,3, etle calcairespdthique qui a 2,7; le charbon anthracite qui a 1,8 , et le diamant qui a 3,54 etc. |
3. Si son aggrégation a été poussée par la compression audelà de cette limite, il faut l’ÿ ramener en le dilatant fortement par la chaleur, ou même en le fondant lorsqu'il en est susceptible.
Les différences de pesanteur spécifique , que présente le même corps lorsqu'il a été comprimé, ou lorsqu'il s’est solidifié tranquillement après la fusion , sont quelquefois considérables.
Ainsi les métaux natifs, qui sont souvent cristallisés et toujoursimpurs, ont une pesanteur spécifique trés-différente des métaux purs splemenl fondus et des métaux purs et forgés.