‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 112 sur 243 · RELIGION PRIMITIVE DES JAPONAIS · texte numérisé non relu

RELIGION PRIMITIVE DES JAPONAIS

que le culte de leurs images, en tout cas ne dépasse point l'époque où la société japonaise, se constituant dans l'unité théocratique, céda au désir de se donner une cosmogonie et des origines plongées dans le divin.

S'il existe une différence tant soit peu importante entre les commencements religieux de la Chine et du Japon, il faudrait la marquer en ce sens que les rites japonais auraient été plus simples et plus purs, inspirés par une moralité supérieure et un esprit plus exempt de superstitions. Mais il faudrait prouver que les sacrifices d'animaux, inusités maintenant, l'ont toujours été, et qu'on n'a pas eu à en rapporter l'abolition aux missionnaires bouddhistes. Il faudrait savoir encore si les pratiques augurales, d'importance majeure dans la Chine, n'ont jamais eu au Japon cette valeur religieuse et sociale que nous ne leur voyons pas aujourd'hui. Dans le cas où notre hypothèse serait fondée, la simplicité relative du culte patriarcal des Japonais nous expliquerait comment ce culte fut dépourvu des éléments de durée et de résistance que la religion analogue des Chinois trouva en elle-même contre des croyances nouvelles, auxquelles l'appui de la superstition était assuré. Malheureusement nous manquons de données pour résoudre cet intéressant problème, car tous nos documents sur le Sinto appartiennent à l'époque où sa transformation était accomplie.

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