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LA NOTION DE LOI CUEZ LES ARYENS

el celle-ci amène à sa suite le cortège des démons pour rendre ses opérations efficaces, de même que l'autre met en mouvement les dieux. Une autre forme de la superstition des œuvres consiste à attribuer à Vopus opcratum une vertu expiatrice, et de là le sens matériel donné au sacrifice qui apaise la colère divine quand il est offert dans les formes voulues par le prêtre investi d'une fonction spéciale, et indépendamment de la moralité des pécheurs pour qui il expie. Les déviations morales de la religion brahmanique ont leur source bien visible dans la primitive religion mythologique de l'Arye. Il ne faut pas moins conclure, tenant compte de tout, comme l'a fait un mythologue qui a fait une étude approfondie du culte et de la morale dans le Rigvéda (1). Cet auteur cite un passage caractéristique, de ceux qui expriment le principe magique : « L'hommage seul est puissant. J'invoque l'hommage. L'hommage soutient le ciel et la terre. Hommage aux dieux ! l'hommage leur commande. J'expie par l'hommage toute faute commise ». Et toutefois il tient pour constaté « que les Aryas védiques reconnaissaient des devoirs de l'homme envers ses semblables ; qu'ils croyaient que les dieux s'intéressaient à l'observation de ces devoirs; enfin qu'en ce qui concerne leurs rapports directs avec les dieux mêmes, un élément moral s'introduisait parfois, pour les modifier profondément, dans les conceptions purement naturalistes du culte ».

(1) Abcl Bergaigue, Les dieux souverains de la religion védique, p. 178,

CHAPITHE XVI

Origines helléniques. — Anciens éléments de la mythologie des Grecs.

Deux causes puissantes s'opposèrent anciennenienl et de tout temps au développement d'un anthropomorphisme simple et naturel, dans les croyances des familles aryennes de l'Inde. Ce sont, premièrement, l'esprit cosmogonique et panthéiste appliqué par les hrahmanes à la conception du monde, alors même qu'ils ne voyaient dans l'univers que la manifestation d'un personnage suprême; en second lieu, la foi extravagante aux miracles et à la magie, la confusion des espèces, le mépris de l'ordre et de la raison, l'inintelligence des lois naturelles. Les dieux, d'abord phénomènes personnes, ensuite personnes-phénomènes, comme je l'ai expliqué, se trouvèrent à la fois trop plongés dans le devenir universel,, et doués de pouvoirs de transformation trop exorbitants pour paraître jamais bien définis en face de la nature. Le paradis d'Indra donne, il est vrai, une idée approchante de ce que l'esprit anthropomorphique pouvait créer et de ce qu'en effet il créa dans l'Olympe des Grecs ; mais ce ciel indien et ses divins habitants, de plus en plus étroitement cantonnés, s'absorbent comme des dieux vulgaires et dénués d'aséité dans l'essence suprême de la divinité brahmanique.

On a vu, d'un autre côté, ce que le symbolisme de la Chine et de l'Egypte, quoique si différent de l'une à l'autre de ces deux confinées, le culte des Esprits dans la première, l'adoration des puissances matérielles cosmiques dans la seconde, pouvaient opposer d'obstacles à l'établissement des divinités franchement humaines. Toutefois, à un certain moment, l'Égyptien incarna ses dieux. Le Chinois, le Japonais, l'Indien lui-même» dans une partie considérable de leur vie religieuse, en vinrent à prendre pour objets de leurs adorations des êtres qui, suivant eux, avaient vécu, qui avaient respiré, aimé, et qui étaient morts. Et la suite de ces études nous montrera clairement la loi historique qui pousse toutes les religions à l'anthropomorphisme formel. Mais de tous les hommes du monde, le Grec et l'Hébreu furent les seuls qui fixèrent la divinité dans Fêtre

DÉFINITION DE l'eSPRIT ANTUKOPOMORPHIQUE 335

humain parfait : le Grec aveu l'idée de la pluralité et des limites, l'Hébreu avec celle de la puissance une et absolue.

Les pères des Pélasges, des Hellènes et de quelques races voisines encore imparfaitement déterminées et douteuses dans quelques cas (Tliraces, Gètes, Phrygiens, Lydiens, Gariens, etc.) émigrèrent vers l'occident avant l'époque, et plusieurs peut-être à l'occasion des progrès les plus marqués du dogmatisme et du sacerdoce au sein de la famille aryenne. De nombreuses tribus portèrent alors dans l'Asie Mineure, en Grèce, en Italie et dans les iles, les éléments d'une sorte de civilisation mêlée d'héroïsme et de brigandage : l'agriculture, les animaux domestiques, le travail des métaux, la navigation et le goût tout à la fois des demeures fixes et des expéditions militaires, la grande aptitude aux fondations coloniales. C'étaient des familles multipliées qui se désignaient chacune par le nom de quelque ancêtre mémorable, plus ou moins légendaire et qui, variant beaucoup par les mœurs et les habitudes contractées^ allèrent s'éloignant encore plus les unes des autres, depuis la barbarie du Gète et la vie de rapine du Lélège jusqu'à la grandeur politique du Dorien, à l'élévation intellectuelle et morale de l'Ionien, à la mollesse de certaines races de l'Asie occidentale.

On ne sait trop si les Pélasges gagnèrent la Grèce par l'Asie Mineure et la mer Egée ou en traversant la Thrace ; mais leurs grands établissements de l'Arcadie, de l'Épire et de la Thessalie ne sont pas moins certains que leur diffusion sur les côtes de l'Asie et les iles de l'Archipel. Plus tard, quatre races parentes des Pélasges (Achéens, Éoliens, Ioniens, Doriens) descendirent des parties septentrionales de la Grèce et foulèrent de tous côtés leurs prédécesseurs. Ces derniers venus, qui devaient s'avouer tous un jour de la même famille en se nommant /e/s d'Hellen, sans pour cela mettre fin à leurs incessants combats, manifestèrent une rare puissance d'expansion et projetèrent à l'occident et à l'orient des colonies florissantes. Leur objectif fut surtout cette Asie Mineure, que leurs ancêtres avaient autrefois traversée peut-être, et que du moins occupaient en grande partie leui s parents,, devenus plus ou moins barbares aux yeux de ces nouveaux hommes de la langue grecque. Cette contrée futdès lors et pendant longtemps le lieu de rencontre, de lutte et d'influence, de l'esprit qui avait prévalu en Orient et de celui dont les Hellènes sont les immortels auteurs.

Le principe générateur de l'esprit grec est le culte de l'homme idéal^ de l'homme, sans doute;, comme force, courage et beauté, mais aussi et de plus en plus, dans l'élite de la nation, de l'homme comme bonté et justice. En religion, ce culte est l'anthropomorphisme.

Il est vrai que les divinités pélasgiques et helléniques sont primi-

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