‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 147 sur 243 · DTEUX SPÉCIAUX, DIEUX LOCAUX · texte numérisé non relu

DTEUX SPÉCIAUX, DIEUX LOCAUX

souterrain Héphaistos, Vulcain chez les Latins. Ce Dieu s'élève chez les Grecs au rôle de consiructeur et démiurge prototype de l'artiste humain ; et à lui se rattachent plus ou moins des personnages mythologiques ignés ou des ouvriers sacrés, tels que les Dactyles, les Cabires, les Cyclopes, les Corybantes, etc.

Si maintenant nous portons notre attention sur les occupations agricoles ou pastorales, qui sont aux hommes un constant motif d'inspiration poétique, il nous vient une série de dieux dans lesquels se reflètent fidèlement des idées primitives de justice ou de protection, et des notions d'art, et aussi des superstitions grossières dont les bergers de notre temps ont, dans plus d'un cas, gardé le fond en perdant la forme poétique : je veux parler des Hermè?, des Pan, des Faune, des Aristée, des Éros et des Priape.

Plusieurs de ces divinités atteignirent, par le développement moral ou cosmogoniquedes premiers concepts, une sérieuse élévation; mais, primitifs ou développés, et même en ayant égard à l'origine et aux traditions védiques, quand elles seront saisissables, il faudra toujours tenir grand compte de l'esprit original d'une race qui créa en continuant et en imitant, et peignit dans son panthéon le tableau de sa vie, de ses mœurs et de ses croyances réelles. Or, ce tableau nous frappe par une réelle noblesse, dans l'ensemble des grandes divinités déjà constituées dès la haute antiquité. En effet, que voyons-nous après le Ciel et la Terre, Dieux universels, m.ais quelque peu abstraits sous leurs noms les plus généraux, et laissant de côté Kronos, c'est-à-dire le Vieux, Dieu suranné de l'Attique et de l'Épire, espèce de Zeuslaboureur qui no dut qu'à l'exégèse des poètes son rôle d'ancêtre de tous les Olympiens?

Nous voyons, auprès de Zeus, une Hèra, une Dionè, uneDèmèter, et, sous d'autres noms encore, la personnification la plus élevée de la Femme, tanlôt comme idéal de la Mère et de la Maîtresse de maison, tantôt comme Terre génératrice, tantôt même comme Vierge, c'està-dire intacte, indépendante, spirituelle, éthérée, d'autant plus opposée à ces Déesses-mères que les Sémites abaissaient au concept de matrice banale.

Nous voyons un Poséidon, Zeus de l'essence humide, affecté, selon la vie et les séjours de ceux qui lui rendaient un culte, aux eaux atmosphériques, aux ondes terrestres, aux flots de la mer, et devenu la divinité tutélaire des plus grands navigateurs d'entre les Grecs, les Ioniens;

Un Aïdès (le Dis des Italiotes, et peut-être l'Aditi du Rigvéda, changé de sexe et borné dans ses attributions), Zeus de l'élément terrestre qui engloutit et absorbe les morts, puis roi du royaume où se perpétue leur existence atïaiblie; par extension, Pluton, dieu des

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