‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 157 sur 243 · DOCTRINE DE LA. RÉMUNÉRATION TEMPORELLE · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE LA. RÉMUNÉRATION TEMPORELLE

inégalement ces deux tendances presque opposées et propres à se suppléer l'une l'autre. Mais ce que seule la Grèce a fait, c'est de ne rien sacrifier à ses imaginations en pareille matière, ni de l'énergie, de la gloire et des joies de la vie présente, ni du concept le plus solide et le plus autonome de la justice, envisagée dans son siège, la conscience. L'impératif rigoureux du devoir se lit dans Hésiode à toute page; il ne s'y sépare pas de la revendication du droit, car l'obéissance n'est pas prescrite, et le commandement n'est rien de plus qu'un fait politique. Le poète insiste sur le précepte du travail saint et salutaire, sur la nécessité de l'effort. Seulement, il s'attriste et se décourage quand il compare son idéal des mœurs avec le désordre et les divisions des hommes. Il reste essentiellement grec, en ce que ni les besoins de l'ordre social ni l'empire d'une doctrine religieuse ne l'inclinent à renier l'indépendance de la personne humaine; et il émet cette maxime dont on chercherait vainement l'équivalent chez toute autre nation antique :

« Il est d'un honnête homme de se laisser persuader par celui qui donne de bons conseils ; mais il est d'un homme accompli (Travaptcxoç) de tout penser par soi-même, en réfléchissant à ce qui est le meilleur eu égard aux conséquences et à la fin » [Les Travaux et les Jours, V. 291;.

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