MANES. LARES ET PÉNATES
enfers, celte Terre (Tellus) et ces Mânes, auxquels nous voyons Décius dévouer les légions ennemies en se dévouant lui-même, selon la formule conservéa par Tite-live. Les puissances priées et conjurées y sont Janus, Jupiter, Mars-Père, Q uirinus, Bellone, les Lares, les Mânes, puis, en termes généraux, les Dieux Indigètes et les Dieux Novensiles. Ces derniers, s'ils sont les Dieux venus du dehors, caractérisent l'esprit polythéiste.
Une partie, si ce n'est originale, au moins plus développée que chez les Grecs, est, dans la religion latine, le culte des Pénates et des Lares. Le Pénate est un dieu, souvent connu d'ailleurs, et quelquefois un des plus grands^ mais considéré, sous ce nom, comme intérieur, intime, protecteur spécial de la patrie ou de la maison. Son culte est autour du foyer, qui lui-même est divinisé sous le nom de Vesta. Chaque famille a son foyer et ses pénates, et la nation a son foyer public dans le temple mystérieux de Vesta, où sont consacrées les idées réunies de la Terre et du Feu. Je me borne à rappeler l'institution célèbre des Vestales. Quant aux Lares^ c'étaient les ancêtres toujours vivants, les anciens Maîtres de maison ou Chefs de races, gardiens fidèles de leurs descendants et de leurs demeures. Il faut y joindre les génies protecteurs des lieux publics ; ils avaient aussi leur culte et leurs fêtes. Malheureusement, nous ne savons que par des traditions tardives et altérées quelle idée les Latins se formaient de la condition des mânes. Tout ce qu'il est permis d'assurer, c'est que la superstition en admettait de malheureux et de funestes : les Larves, les Lémures, En général, il est bien probable qu'on se les représentait à la manière des si'sw/.a de la mythologie homérique, et que le concept des âmes séparées et immortelles appartient à d'autres temps que ceux des origines religieuses, en Italie comme en Grèce. N'oublions pas que l'esprit humain n'a commencé en religion, non plus que sur aucun autre sujet, par des idées nettes et des formules exactes.