CHAPITRE III
Les conjectures de Kant sur les commencements de 1 histoire.
L'opuscule de Kant, sur lequel portent en partie les remarques précédentes, est trop peu connu en France, où les fidèles interprètes du philosophe, J. Tissot et J. Barni, ont l'un et l'autre négligé d'en joindre la traduction à celles qu'ils ont données de plusieurs autres morceaux d'une plus ou moins grande étendue à la suite de ses œuvres principales. Il est pourtant bien digne d'intérêt en ce qu'il trahit, quoique sous une forme si peu affirmative en apparence, des tendances familières de l'esprit du philosophe, en dehors des sévérités du criticisme. L'opuscule est des plus courts. Le commentaire que j'ai fait des vues principales deviendra, je crois, plus clair si je le fais suivre du texte en son entier. La traduction, que j'ai en manuscrit depuis longtemps, et dont j'ignore l'auteur, est clairement écrite et suffisamment exacte autant que j'en pense juger. Je n'y apporterai qu'un petit nombre de corrections sur des points importants.