BERCEAU DES RACES SÉMITIQUES : DOCUMENT ÉLOTIISTE
génération plus OU 'moins subordonnée, illégitime ou honteuse. On s'explique aisément ainsi comment les Béni-Israël ont pu rattacher même anciennement à leurs propres ancêtres imi)iédiats des tribus déjà considérables, telles que Moabites, Ammonites, Ismaélites, Madianites, Édomites, etc.
Jetons maintenant un coup d'œil sur la distribution des races sémitiques au temps d'Abram. Elles étaient refoulées au nord, sous la chaîne du Taurus, par des tribus aryennes ou touraniennes qui devaient rester maîtresses du haut pays. Les régions civilisées de la basse Mésopotamie étaient dominées depuis longtemps par des envahisseurs que Bérose appelle des Mèdes, entre les xxiu" et xxi" siècles, et des Chaldéens entre le xxi" et le XVP, mais qui étaient en tout cas des Aryens ou des Touraniens. Le fond de la population était probablement, comme nous le verrons, de sang sémitique, mais mal vu des nomades monothéistes (1), à cause d'une scission morale déjà anciennement accomplie. Ces circonstances, leur rendant les plaines de l'Euphrate doublement étrangères^ durent porter les Hébreux à s'écarter des parties méridionales de cette Mésopotamie qu'ils parcouraient, et dans laquelle ils formaient, quand ils le pouvaient, des établissements;, et à s'étendre au sud-ouest, à gagner la Palestine et les bords de la Méditerranée. Mais, là aussi, la terre se trouvait occupée. Ainsi rapprochées de l'Egypte, les faibles tribus dont nous parlons lui donnaient au besoin la préférence sur la Babylonie, car la Basse-Égyple était alors au pouvoir des Sémites et gouvernée par les Hac-Sasou ou Rois bergers (Hycsos des historiens grecs). Ces Sasou pouvaient être des Phéniciens, comme certains l'ont cru, des Kananéens, ou, de ces tribus arabiques qui ont occupé de temps immémorial le vaste territoire auquel leurs mœurs sont appropriées, qu'elles occupent encore.
Divers points delà Mésopotamie, et de la Palestine même, étaient habités par des groupes sémitiques dont la religion et les mœurs ne s'éloignaient pas essentiellement de celles des fils de Térach. On peut en juger par plusieurs des antiques traditions abrahamiques, conservées dans la Genèse, notamment par la légende de Saraï et d'Abimélek, roi de Guérar, et par l'épisode delà guerre de la Pentapole, où l'on voit Abram, vainqueur de quelques bandes aryennes, rencontrera Salem une sorte de roi sacrificateur, Malkisédek, prêtre de Hel HGélion (le Fort le Haut), possesseur des cieux et de la terre. Mais les mêmes documents prouvent surabondamment que la plupart des groupes sédentaires avaient adopté des cultes et des coutumes que les nomades réprouvaient avec énergie. Les Kananéens, c'est-àdire les Phéniciens, ou diverses tribus de même esprit et de même
(1) Voyez la note 1 de tapage 401 ci-dessus.