‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 175 sur 243 · BERCEAU DES RACES SÉMITIQUES ! DOCUMENT ÉLOHISTE · texte numérisé non relu

BERCEAU DES RACES SÉMITIQUES ! DOCUMENT ÉLOHISTE

lonnées jusqu'au passage de l'Euphrate par les tribus en mouvement: Réhou, Saroug. Nahor. Harran, frère d'Abram, porte encore un nom de ville, comme Nahor son autre frère et INahor son aïeul. Dans cette hypothèse, Térach serait le premier Hébreu réel, qui, originaire de Our en Chaldée (Chaldée méridionale, cette fois), aurait pris le chemin de la Palestine, vers le milieu du xx* siècle avant notre ère.

^^i, au contraire^ Arpaxad et ses descendants sont des personnes réelles, et j'avoue n'y point voir d'empêchement quand il s'agit d'une race aussi peu mythologisanfe que celle qui a composé les généalogies de la Genèse, et surtout les fragments élohistes, la même interprétation subsistera sans difficulté. Il serait d'ailleurs difficile de la combattre. Seulement, nous admettrions que les patriarches antérieurs à Térach ont reçu de l'usage et de la tradition des noms en rapport avec les lieux d'où ils venaient ou qu'ils avaient habités. Cette supposition n'a rien que de naturel, et que nous n'ayons sous les yeux dans nos villages et parmi les individus en quelque sorte transplantés de notre population ouvrière. Il est vrai qu'ici les souvenirs de famille ne se conservent pas si bien, mais ils ne sont pas si nécessaires. La transmission orale, en général, n'a pas non plus la même raison d'être, et l'on se tromperait singulièrement si d'après le peu d'exercice et d'importance de la mémoire collective et traditionnelle des modernes,, ou même des nations de l'antiquité à partir d'un certain moment, on voulait juger des efforts qui furent réellement demandés et obtenus de cette mémoire dans les familles brahmaniques de l'Inde ou dans les familles sémitiques, demeurées mille ans errantes avant de s'établir dans le pays de Kanaan, à une époque où le souvenir était la nation même. Plus fard c'est l'écriture inventée, ou du moins vulgarisée dans une suffisante mesure, qui assume la fonction collective de la parole eten vient à représenter seule la vie généraled'un peuple et, pour ainsi dire, son identité.

Admettre l'existence réelle des termes de la série généalogique descendue de Sem, ce n'est pas se condamner à ne voir dans chacun de ces termes qu'un homme. Dans la société patriarcale, le chef de tribu résume la tribu, et celle-ci n'a d'autre nom que le sien. La postérité qui abrège et simplifie peut mettre ensuite à la place d'une famille, c'est-à-dire d'un clan tout entier, le personnage qui en fut le représentant. Puis, s'il arrive qu'une tribu parente, détachée du tronc à une époque quelconque, s'éloigne de lieu, de temps et de mœurs, en sorte que le souvenir des circonstances de la séparation se perde pour la tribu qui demeure, cette dernière désigne l'autre par le nom du chef qui a conduit la sécession, elle l'identifie avec lui, et enfin, à la faveur de l'oubli, sous l'influence des rivalités ou des passions religieuses, elle compose pour ce chef la légende d'une origine, d'une

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