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BERCEAU DES RACES SÉMITIQUES : DOCUMENT JÉHOV-ÉLOHISTE

longtemps, et s'est développée en une passion politique et religieuse, à mesure que les fils d'Abram se multipliant, se fortifiant par quelques annexions, subissant l'oppression en Egypte, ont formé la légende de leurs ancêtres ensevelis dans le pays des Hétéens, et basé presque toute leur religion sur la tradition d'une ^erre promise par Élohim ou par Jéhovah à Abram et à sa postérité innombrable. Le fragment élohiste de la première promesse et de l'institution de la circoncision {Genèse, xvii, 3-27), plus ancien, selon toute apparence, que les fragments jéhovistes analogues, permet de reculer aussi loin qu'on le voudra le moment où se produisit, dans la tribu des Hébreux, l'idée qui devait faire toute sa force, être pour ainsi dire toute sa vie (1).

On voit que les traditions tirées principalement des documents élohisles de la Genèse, jointes aux autres renseignements généraux qui nous viennent de l'antiquité, tendent à présenter les races sémitiques comme ayant occupé de tout temps les contrées qu'elles possèdent encore à peu près aujourd'hui. Il nous est impossible du moins de remonter à une situation de ces races antérieure à celle qui surpasse déjà de plusieurs siècles l'époque du déluge : l^par la date des établissements phéniciens; 1° par celle des incursions de Sémites dans le Delta du Nil ; 3° par la conformité géographique des légendes hébraïque et chaldéenne de la grande inondation ; 4° par l'arrivée de tribus aryennes ou touraniennes à Babylone dans la haute antiquité (les Mèdes de Bérose supplantant une dynastie chaldéenne plus de 2000 ans avant notre ère, alors que toute la suite de l'histoire nous montre toujours des Sémites en regard des invasions que subit la contrée : Sémites ou Kouschites ; nous verrons tout à l'heure ce qu'il faut penser de la distinction de ces deux races. Il n'y aurait peut-être pas trop de hardiesse à supposer que l'émigration qui transporta les Phéniciens du golfe Persique aux bords de la Méditerranée, cinq siècles eaviron avant le déluge^ fût motivée par l'arrivée d'une nouvelle population expansive et entreprenante à proximité des bouches de l'Euphrate.

Tout cela ne nous rapproche pas de l'origine et du premier berceau des peuples sémitiques. On les fait ordinairement descendre de la Gordyèneou de l'Arménie; mais c'est en se fondant sur des traditions bibliques de faits postérieurs au déluge, et peut-être aussi pour obéir au sentiment inexplicable de croire avoir dit quelque chose quand on a nommé une montagne plutôt qu'une plaine pour le séjour primitif d'une race. D'un autre côté, une opinion de l'antiquité mentionnée

(1) V. la noie, p. 409 ci-dessus.

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